Testé: le Seino à Bruxelles

Un ex de La Quincaillerie, Minoru Seino propose une cuisine franco-nippone bien pensée.

Ah, la cuisine fusion! Voilà un mot qui, avec les plats servis en 'tours' ou 'sur lit', nous ramène au coeur des années nonante. Rappelez-vous, c'était l'époque où les chefs sont tombés sous le charme du saumon à la coriandre, ont braisé le boeuf à l'anis étoilé et fait entrer le wok dans leur cuisine.

Y a-t-il encore des chefs fusion? Certainement. C'est d'ailleurs le terme qu'utilisent deux sites de réservation pour nous attirer dans le nouveau restaurant de Minoru Seino à Ixelles. Seino est un Japonais qui a notamment travaillé à La Quincaillerie. S'il y a quelqu'un qui sait comment réunir Orient et Occident, c'est bien lui!

Publicité
Une boîte à bento présente sept dégustations, allant des légumes croquants à un morceau de plie laquée aux graines de sésame.

Le jeune chef a pris ses quartiers dans un petit immeuble d'angle qui hébergeait auparavant le célèbre Bistrot du Mail. Les rénovations radicales ne sont manifestement pas son truc: il a gardé la banquette qui longe le mur par exemple. Le plancher en bois et les lustres d'ambiance n'ont pas l'air d'être nouveaux non plus, mais l'ensemble est très convivial.

Sur un tableau sont alignées les propositions de plats originaux, de bons verres de vin ainsi qu'une intéressante collection de bouteilles de saké -ce qui indique clairement qu'ici, on aime manger et boire. Le chef Seino semble aussi vouloir pratiquer des prix compétitifs. À midi, il propose un menu trois services pour seulement 22,50 euros. Le soir, il concocte un menu unique cinq services pour 45 euros. On ne peut pas manger à la carte. J'avais déjà entendu le plus grand bien de ce service du soir. Et en effet, de superbes plats font leur apparition, tels que flan de foie gras, bulots et purée de tofu.

RÉSERVATION
Adresse?

Rue du Mail 81, 1050 Bruxelles. Tél. 02/538.84.76. Fermé le dimanche.
Sommelier?
Une courte carte d'une vingtaine de vins. Plus intéressante que l'armoire à sakés!
Décibels?
Avec seulement 55 dB, le calme règne -mais la salle était presque vide.
Addition?
59 euros pour deux.
On y retourne?
J'y reviendrai avec plaisir pour un lunch rapide et bon marché, mais encore plus volontiers pour le beau travail du soir.

Publicité
Publicité

À midi, Seino reste beaucoup plus modeste. Une boîte à bento en fer-blanc fermée par un couvercle remplace l'entrée et présente sept dégustations, allant des légumes croquants à un morceau de plie laquée aux graines de sésame. Certaines bouchées sont une mini-version de ce qui figure au menu du soir, comme une subtile terrine de raie et foie gras avec des umeboshi, des abricots japonais marinés. Cette dernière préparation est aussi l'exemple de fusion le plus réussi de tout le bento. La terrine aurait peut-être pu être un peu moins froide, tout comme les autres dégustations d'ailleurs qui semblent avoir été préparées longtemps à l'avance. Et que fait un morceau de pain au levain dans un bento? Une portion de riz n'aurait-elle pas été plus logique, soupire le chicaneur qui sommeille en nous?

Pour le plat principal, nous pouvons choisir entre poisson (saumon) ou viande (filet de porc basque). La garniture est exactement la même: quelques carottes et pommes de terre cuites al dente. Mais quand on ne paie que 22 euros pour 3 services, difficile d'y trouver quoi que ce soit à redire, surtout quand c'est si bon. En outre, Seino a fait de son mieux pour agrémenter chaque assiette d'une délicieuse sauce qui fait merveille avec le soja accompagnant le saumon.

Une belle boule de sorbet à la pêche vient mettre le point final à ce repas qui offre un excellent rapport qualité-prix. Mais pour voir le véritable maître de la cuisine fusion à l'oeuvre, mieux vaut venir le soir.

©Seino
Publicité
Service Sponsorisée

Lire Plus