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Une cuisine et un cadre sans nom pour Giovanni Bruno

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Dans les années 70, la famille Bruno -le père, la mère et leurs cinq enfants- arrive en Belgique de sa Sicile natale dans l'idée d'ouvrir un restaurant. Giovanni y apprend son métier. En 1997, avec Nadia, sa soeur, il ouvre le Senzanome à côté des Halles de Schaerbeek. Il déménage aujourd'hui à deux pas du Sablon.

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La philosophie est claire: ne pas se soumettre à des adaptations pour les Belges de la cuisine italienne. Et aussi, celle de cuisiner des produits italiens de qualité, du nord ou du sud de la péninsule, pour mettre en valeur leur terroir. Le chef souhaite aussi donner une nouvelle identité gastronomique à son pays d'origine. Le succès est au rendez-vous. Mieux: en 2011 et en 2012, le Senzanome est élu "Meilleur restaurant italien en Europe" (hors Italie) et il est gratifié tout d'abord d'un "Bib Gourmand" au Michelin avant de décrocher une étoile.

En juillet dernier, Nadia, Giovanni et leur équipe, emménagent au Petit Sablon, dans une maison qui a connu un restaurant bien connu des Bruxellois, Marius en Provence. Le cadre imaginé par l'architecte Pierre Bourgeois est époustouflant avec, sur les murs, les phrases écrites par Denis Meyers, un artiste imprégné de culture urbaine. Une déco au design très tendance, sobre et raffinée. En s'installant à une table au bois brut, sans aucun nappage, nous demandons la carte. Elle n'existe pas... Ou plutôt pas encore, comme le sous-entend Nadia qui nous énonce les menus et suggestions du jour.

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Le menu six services s'impose. On attendra la première assiette en dégustant un excellent Franciacorta, la meilleure appellation des pétillants italiens, en provenance de Lombardie. Ce sera tout d'abord de la burratina au lait bio accompagnée d'une glace à la tomate, d'huile d'olive au basilic et de pain sarde. Une première entrée sur la fraîcheur. Ensuite arrive un petit tartare de crevettes pêchées en Sicile. Ces "gamberetti" évoluent dans les eaux profondes et sont donc particulièrement savoureuses. Cette préparation associe le croquant du concombre (un peu envahissant pour notre goût), des oeufs de hareng et pommes de terre à l'huile d'olive.

RÉSERVATION
Adresse?

Place du Petit Sablon 1, 1000 Bruxelles. Tél. 02/223.16.17 Fermé dimanche et jours fériés. www.senzanome.be
Sommelier?
La carte est une anthologie des meilleurs producteurs italiens. La liste est longue et l'offre alléchante. Les prix un peu moins... Le blanc le moins cher est à 29 euros, le rouge, à 35. Les bulles de l'appellation Franciacorta, sont signées Bella Vista et Ca del Bosco. Ah, oui, il y a aussi le mythique Sassicaia: le 2011 revient à 280 euros.
Décibels?
Musique en sourdine (25-30dB).
Addition?
Deux flûtes d'un super Franciacorta (36 euros), deux menus six services, vins compris (350 euros). Un total de 386 euros.
On y retourne?
Oui, c'est cher. Mais nous vivons ici un moment de très haute gastronomie transalpine. Alors, on y revient même s'il faut casser sa tirelire.

Voici maintenant des "linguine" avec une concassée de tomates fraîches aux peperoncini et calamars sautés. Une préparation très méridionale, très italienne. Arrive le moment du poisson: du merlu servi avec une purée de broccoli et un crumble aux noisettes, une heureuse association. Après le poisson, la viande. "Attention, les couteaux sont bien aiguisés", nous glisse le garçon. De fait... Un filet pur de race holstein, servi saignant comme souhaité, au vinaigre balsamique et accompagné d'une laitue romaine simplement blanchie. Pour terminer, une classique tarte au citron et meringue à l'italienne.

Dans les verres, le jeune sommelier qui a, notamment, fait ses classes au célèbre Cipriani de Venise, nous a suggéré un choix assez pertinent. Un Lugana blanc (Lombardie), deux blancs siciliens (un grillo/viognier et un inzolia/chardonnay) avant un rouge toscan et un autre de Sicile associant le cépage local nero d'avola à la syrah. Avec le dessert, un vin doux de l'île de Pantelleria de cépage zibbibo qui fait partie de la famille des muscats. Deux heures et demi de table, deux heures et demi de bonheur. Que demande le peuple?

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