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Une cuisine gourmande sans dieu ni maître -sauf le plaisir

©Luc Viatour

Patrick Fiévez s’attable au Anarchy, où le chef maîtrise des alliances guère évidentes et le résultat est très juste.

Ils se sont rencontrés à l’école hôtelière de Namur et ne se sont plus quittés depuis. Ils ont travaillé ensemble Aux Petits Oignons (1 étoile) à Jodoigne, au Bozar, restaurant bruxellois du chef Karen Torosyan -1 étoile aussi. Céline Woltèche et Sébastien Van Der Beeten souhaitant ouvrir leur restaurant à eux, ils le trouvent dans une petite rue de Zaventem et hop, c’est parti, le couple s’envole. Leur philosophie? Une cuisine franco-belge assez classique, généreuse, avec des touches asiatiques. En entrant dans ce restaurant, dont le nom fait allusion à la jeunesse du couple, le regard se porte sur une grande œuvre de l’artiste François Coorens où l’on reconnait Paul Bocuse, Maïté, Joël Robuchon et Louis de Funès. Un cadre chic, un peu décalé.

De bons produits et une cuisine généreuse, marquée par des combinaisons originales. ©Luc Viatour

 

Nous prenons comme apéritif un cava à la liqueur de fraise des bois. Pour l’assiette, le choix est vite fait: ce sera le menu quatre services. Avant de découvrir la première entrée, ce seront quatre mises en bouches qui nous seront servies: terrine de porc à la moutarde, toast à la ramonache et anguille fumée, saumon mariné aux agrumes et sésame, tartare de bœuf et mousse d’anchois. Voilà qui donne le ton. Bons produits et créativité.

©Luc Viatour

Arrive une première entrée: biscuit de tourteau, brousse de brebis et dernières tomates (multicolores). Ensuite, deuxième entrée, une préparation devenue fréquente, l’œuf parfait. Ici, il est cuit à 63° et annoncé “de ferme”. Il est vrai que le chef privilégie les achats locaux et, souvent, bio. Cet œuf est accompagné d’un croquant de pain et d’un vieux Parmesan (36 mois), cristallisé par l’âge. Un accord parfait (si seulement la perfection était de ce monde). Comme plat principal, une pintade des Landes farcie, raviole de courgette et ricotta. Encore une association réussie.

Au dessert, une autre fusion vraiment insolite entre des figues, du chocolat blanc, du miel (précisé d’origine belge) et des noisettes. Le chef maîtrise des alliances guère évidentes et le résultat est très juste.

Et dans les verres, demandez-vous? Trois vins sortant de la routine hexagonale. Un blanc espagnol de l’appellation Rueda (cépage verdejo), un blanc hongrois (cépage furmint, qui donne le fameux Tokaj) et un rouge de cépage gamay en provenance de la Vallée du Rhône septentrionale, signé Yves Cuilleron. Pour ce dernier, nous avons demandé de le rafraîchir pour l’apprécier à la bonne température de 14-15°. Voilà un restaurant à suivre. Le chef ne s’égare pas dans de trop nombreuses suggestions, ce qui est plutôt bon signe quant à la fraîcheur des produits: quatre entrées, quatre plats. Et basta.

Adresse?
Anarchy
Steenokkerzeelstraat, 151
1930 Zaventem
Tél. 02/721.00.81
Fermé samedi midi, lundi et mardi.

Sommelier?
Références hexagonales incontournables: Pellé (Menetou-Salon), La Chablisienne (Chablis), Saumaize (Pouilly-Fuissé), Alain Gras (Meursault), Chèze et Villard (Vallée du Rhône septentrionale), Ruet (Morgon). Plus un espagnol de Majorque, un portugais de cépage encruzado, un furmint hongrois. Cœur de carte: 35-48 euros.

 

Décibels?
Musique douce.

Addition?
Deux apéritifs, deux menus (quatre services), la sélection de vins: 152 euros.

On y retourne?
Volontiers, pour suivre l’évolution du chef.

 

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