escapade culturelle

Zappez Cannes. Niez Nice. La ville la plus tendance de la côte méditerranéenne française, c’est Marseille. Les architectes star comme Rudy Ricciotti et Norman Foster sont la preuve que Marseille n’est pas pour rien la Capitale Européenne de la Culture 2013. Du pastis au graffiti, Marseille en 5 balades. reportage et photo : Myriam Thys et Werner Gladines

Le Vieux Port

" Émeutes, drogue et foot. " Jusqu’il y a peu, c’étaient les mots qui venaient à l’esprit quand on parlait de Marseille, surnommée Rio-sur-Mer. Cette image de la deuxième ville de France a été complètement ripolinée ces derniers mois à un rythme d’enfer pour un budget de 7 milliards d’euros. Aujourd’hui, la ville est aussi brillante qu’une boule de pétanque, prête à honorer son titre de capitale européenne de la culture 2013.

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Sir Norman Foster a signé " l’ombrière " sur l’esplanade du Vieux Port, une construction en miroir qui apporte une ombre bienvenue sur la place. Le Vieux Port, jusqu’il y a peu complètement congestionné par le trafic, a été entièrement repensé par le grand architecte britannique. Un tunnel désengorge le quartier des embouteillages quotidiens, pour faire respirer le centre de Marseille.

À deux pas de là, le belge Frederik Bernard gère depuis des année la célèbre Maison du Pastis. Un concept dans la ville où a été inventée cette boisson Nous y dégustons son pastis maison, décliné en 95 variétés, qui se vend par litres. Notre compatriote s’est parfaitement adapté à la convivialité marseillaise. Les Marseillais sont des français heureux, des rebelles light, des âmes généreuses et surtout, des gens très accueillants. Les changements opérés dans la ville lui plaisent beaucoup et il espère que Marseille restera à la une après 2013.

Pour avoir le plus belle vue sur le porte et la Méditerranée, rendez-vous au Rowing Club de Marseille. On déjeune sur la terrasse autour d’une table en formica, sur des banquettes vintage que l’on peut même acheter sur place.

Le Quartier des musées

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Nos pas nous mènent dans le quartier le plus ancien de France, Le Panier. Au fil des ruelles escarpées et des petites places intimes, nous sommes plongés dans un authentique esprit méditerranéen. Un endroit où l’on ne demande qu’à se perdre. Au pied du Panier, Marseille se met en scène au Pavillon M, un lieu éphémère qui fait office d’épicentre de l’événement culturel. Nous y admirons d’étonnantes présentations multimédias, point de départ idéal d’un citytrip versé dans la culture.

Le quartier des musées, à la frontière du Panier, est une succession de merveilles architecturales, comme la Station Sanitaire. Ruine pour carcasses de voitures carbonisées, tel a été pendant longtemps le lot de ce bâtiment de l’architecte français Fernand Pouillon. C’est par ici que, depuis 1948, des milliers d’émigrants entraient en France. Mais le bâtiment a été abandonné et, ces 45 dernières années, il a surtout été la proie des gangs et des squatters. On y conduisait des voitures avant d’y mettre le feu. Heureusement, Pierre Dumon, un marseillais collectionneur d’art, a racheté la Station Sanitaire pour en faire le Musée Regards de Provence. L’exposition inaugurale, Reflets de Méditerranée, vaut le détour : c’est une rétrospective de cinq siècles sur la culture de la cité phocéenne.

En face se trouve un autre centre d’intérêt, le MuCEM, projet de l’architecte français Rudy Ricciotti, qui doit devenir la nouvelle carte de visite de la ville. Les murs immenses en béton armé sont un hommage à l’architecture d’Afrique du Nord et ses moucharabieh. Les travaux de construction ont un peu traîné et le musée n’était pas terminé lors de l’ouverture officielle de l’année culturelle, en janvier. En juin, le MuCEM présentera une collection d’arts populaires de Méditerranée. Juste à côté, se trouve la Villa Méditerranée, encore une merveille architecturale, œuvre de l’architecte italien Stefano Boeri. Le nouveau centre culturel a la forme de la lettre C dont la base est à 19 mètres sous le niveau de la mer. Pour ériger ce bâtiment, une impressionnante structure d’acier de 3.500 tonnes a été nécessaire. L’avancée en porte-à-faux est la plus longue du genre en Europe.

Sous le ciel d’azur, nous poursuivons notre balade dans le quartier de La Joliette, aujourd’hui très animé après un sérieux lifting. Un ancien silo à grain situé sur le quai d’Arenc a été métamorphosé en une magnifique salle de concert, Le Silo, entourée de clubs branchés. Sur le coin se trouve Le Major, la plus grande cathédrale de France (oui, plus grande que Notre-Dame de Paris). Autre centre d’intérêt de La Joliette, le J1 : cet ancien entrepôt portuaire a été transformé en espace d’exposition de 6.000 mètres carrés. C’est là que Sebastien Wierinck, un belge qui a quitté Courtrai pour Marseille il y a sept ans, a pu installer sa création : un étrange banc tubulaire en plastic blanc. De la terrasse du J1 nous avons une vue imprenable sur les îles du Frioul, le port et un tour de bureaux très aérodynamique signée Zaha Hadid. À la rentrée, s’y tiendra une expo Le Corbusier, un des grands moments de l’année culturelle.

Dans le même quartier, une dernière merveille, le FRAC, le Fonds Régional d’Art Contemporain, a ouvert le mois dernier. C’est un lumineux bâtiment de l’architecte japonais Kengo Kuma qui connaît bien la ville vu qu’il y a fait une partie des ses études. La façade en verre constituée de 1500 pixels est fantastique. Dix minutes à pied plus tard, on se retrouve à la Friche Belle de Maiqui qui a subi le même lifting : cette ancienne manufacture de tabac est devenue un énorme centre culturel, La Friche, qui organise des expos toute l’année. L’environnement de La Friche n’est pas encore nickel, mais le centre culturel vaut le détour.

Le Cours Julien

Nous retournons vers le centre ville. Au-dessus de l’immense escalier qui donne sur le Cours Julien est écrit Quartier des Créateurs en lettres capitales. L’ancien marché matinal de Marseille est aujourd’hui un quartier bobo. Les anciens entrepôts abritent des bars à la mode, des restaurants atypiques et des boutiques excentriques. La fontaine, les oliviers et le soleil font du Cours Julien l’une des places les plus agréables de la ville. Oogie est un bel exemple de ce qui se passe dans ce quartier : un concept store qui propose une sélection de vêtements, livres, musique, accessoires rétro, mais aussi un coiffeur, un bar et un restaurant. Le vintage est à la mode, on en trouve à tous les coins de rue.

Autre raison de se rendre Cours Julien, la cuisine. Le chef du restaurant Le Jardin d’à Coté jure qu’il fait de meilleures frites que les Belges. Et le chef d’origine arménienne de La Cantinetta propose la meilleure cuisine italienne de la ville. Ici aussi les ruelles sont couvertes de graffitis, signe particulier de la cité phocéenne. Le nouvel hôtel Mama Shelter, à l’image de celui de Paris, ne s’est pas ouvert par hasard dans ce quartier qui monte.

Le Triangle d’Or

Marseille la rebelle a aussi un petit côté chic, Le Triangle d’Or. C’est dans les environs de la rue Paradis que se trouvent les jolies boutiques : la galerie UniQ propose, dans une déco de rêve, une jolie sélection de vêtements vintage griffés et, pour qui le souhaite, des meubles années 60 et 70. Pour des bijoux fantaisie exclusifs made in Marseille, rendez-vous chez GAS. Plus loin, au concept store By Marie, les collections des grands stylistes français s’affichent en vitrine. Les gourmands se retrouveront dans le décor pastel de la Minoofi Bakery.

Le Vallon des Auffes

Marseille s’étire sur 57 kilomètres de côtes (presque autant qu’en Belgique), ce qui en fait le plus grand port de plaisance de France. Le Vieux Port est le cœur du port, mais tout le long de la côte s’égrènent de plus petits ports. Le vent nouveau qui souffle sur Marseille nous pousse jusqu’au joli quartier de pêcheurs, le Vallon des Auffes, au sud du centre ville. C’est là que nous allons déguster la légendaire bouillabaisse de Fonfon. Ce plat de pauvre est devenu une délicatesse plutôt chère, mais c’est un régal qui doit être au menu de tout touriste qui se respecte.

Avant de reprendre le train pour Bruxelles, nous avons voulu savoir pourquoi l’hymne national français s’appelait la Marseillaise. Nous l’apprenons de manière à la fois ludique et spectaculaire dans le quartier historique du Mémorial de la Marseillaise. Non, nous ne vous en dirons pas plus, à vous de le découvrir. Et, pour cela, il faudra vous rendre sur place, à Marseille.

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