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Collectible: un nouveau salon consacré au design contemporain de collection

Dès ce mercredi 7 mars, Bruxelles accueille Collectible, son premier salon dédié au design contemporain de collection du XXIème siècle, soit des pièces en édition limitée ou uniques. Trip de niche ou timing parfait? Sabato a choisi trois primeurs.

Créer un nouveau salon haut de gamme n'est pas une sinécure, d'autant plus lorsque la niche visée, le design contemporain en pièce unique ou en édition limitée, est relativement... limité. Vers 2003, le design du XXIème siècle s' impose pour devenir un domaine de collection: galeries, salons et maisons de ventes aux enchères ont sauté dans ce train expérimental. Et puis, la crise financière fait chanceler ce marché de niche, mais, ces dernières années, il a repris du poil de la bête.

Le salon Collectible, qui ouvrira ses portes le 7 mars, est un de ces salons que personne n'attend, mais qui prouve combien la frontière entre art et design s'estompe. Son ambition n'est pas tant d'être un vecteur de vente, mais plutôt une plateforme pour les galeries, les designers, les instituts et même les magazines consacrés au design contemporain en édition unique ou limitée. Un marché encore plus minuscule que l'art moderne.

Autre preuve de courage: avoir choisi un autre calendrier qu'Art Brussels. En effet, ses homologues, actifs dans cette niche, aiment se trouver dans le sillage des grands salons d'art pour profiter de leur succès, à l'exemple de Pad London qui se déroule en même temps que le salon d'art Frieze à Londres, ou Design Miami/Basel, qui est organisé au même moment qu'Art Basel/Miami. Depuis l'année dernière, le design est également à la Fiac de Paris et les grands acteurs du secteur -Jousse Entreprise, Galerie Kreo, Laffanour Downtown, Patrick Seguin et Éric Philippe seront une fois de plus accueillis au Grand Palais et non dans un salon off.

Alors que les foires Design Basel, Pad et Nomad proposent aussi une large palette de design vintage du XXème siècle, et même de l'art moderne, Collectible souhaite se concentrer sur le design contemporain de collection. Un concept plus pur donc, mais qui reste un pari, car nombreux sont les collectionneurs de design à avoir une affinité avec l'art contemporain. Et ce croisement a déjà prouvé son efficacité.

Le bâtiment Vanderborght à Bruxelles accueillera le salon Collectible dès ce mercredi 7 mars. ©Hugard and Vanoverschelde

Des femmes aguerries
Ce projet bruxellois est porté par deux femmes aguerries qui sont loin d'être des inconnues. Consultante en art et design, Clélie Debehaut a travaillé pour les galeries bruxelloises Vedovi et Daniel Templon. Liv Vaisberg a fondé Poppositions et est codirectrice de The Independent Brussel, deux salons consacrés à l'art. Grâce à leur réseau international, elles ont pu constituer un jury de sélection admirable: Pascale Mussard, directrice artistique de la ligne Petit h au sein de la maison de luxe Hermès, Tony Chambers, brand & content director pour le magazine Wallpaper, Jan Boelen, fondateur et directeur artistique de la maison d'art Z33 à Hasselt et la conservatrice de design milanaise Maria Cristina Didero.

Liv Vaisberg et Clélie Debehault. ©Miles Fischler

Lors du making of, on a cru que le salon allait souffrir d'un manque de soutien, mais le projet a finalement pu être lancé après avoir obtenu un go en or massif de la part des galeries Valerie Traan, Victor Hunt et Maniera. Est-ce que ce modèle tiendra la route? Pour le moment, il est impossible de le dire. Pour ce qui est des visiteurs haut de gamme, Collectible lorgne vers la Tefaf Maastricht, la foire d'art et d'antiquités qui se tient au même moment. Mais, là aussi, la section design a été étendue avec la participation de Marc Heiremans, Thomas Fritsch, Oscar Graf et Jousse Entreprise. Leurs clients auront-ils encore l'argent, le temps et l'envie de se rendre à Bruxelles? Réponse le 7 mars!

Collectible, du 7 mars au 11 mars, espace Vanderborght, rue de l'Écuyer 50 à Bruxelles. https://collectible.design/

1. Les maquettes en béton de David Umemoto

Les statues en béton du Canadien David Umemoto surfent sur la limite entre design et art, architecture et sculpture.

Quoi? David Umemoto s'aventure sur la frontière entre design et art, architecture et sculpture. Ce Canadien a suivi une formation d'architecte, ce que l'on sent dans son langage formel, riche en escaliers, voûtes, auvents et ouvertures. Malgré l'utilisation du béton, le processus de fabrication présente beaucoup de similitudes avec la céramique: le temps de séchage, le montage et l'imprévisibilité des textures. Les "monuments" d'Umemoto ont un petit quelque chose des croquis architecturaux et des maquettes utopiques de Maurits Cornelis Escher, mais aussi des bâtiments de Louis Kahn ou des sculptures de Renato Nicolodi. C'est ce cocktail mystérieux qui les rend si séduisants.

Qui? La galerie de céramique d'art anversoise Modern Shapes présente l'oeuvre de David Umemoto pour la première fois au public belge. Dès la fin de Collectible, un show solo d'Umemoto suivra dans cette même galerie.
 

À ne pas manquer car Collectible est la toute première participation à un salon de la galerie anversoise Modern Shapes, véritable rendez-vous des connaisseurs et spécialisée dans la céramique des XXème et XXIème siècles. Collectible annonce un nouvel élan pour Modern Shapes: à partir d'aujourd'hui, son instigateur, Michael Francken, exposera plus d'objets abstraits et sculpturaux, à la frontière entre céramique et sculpture. 
De 500 à 3.000 euros.

2. Quand forme rime avec fonction et art

Les Mono-Lights du Studio OS OOS se composent d'une série de tubes LED qui peuvent être suspendus de mille façons du mur au plafond avec des éléments de structure.

Quoi? La perfection avec laquelle Studio OS OOS transforme des matériaux (de construction) industriels en meubles multifonctions ou en objets est impressionnante. Sa devise est: la forme = la fonction. L'oeuvre de ce studio est au croisement de l'art et du design et à ce titre, a déjà été exposée dans les galeries Roehrs & Boetsch de Zurich et Gosserez à Paris, ainsi que chez Rossana Orlandi à Milan.

Qui? OS OOS est un jeune studio de design fondé par Oskar Peet et Sophie Mensen, tous les deux diplômés de la célèbre Designacademmie d'Eindhoven, ville où ils vivent et travaillent. Ils dessinent aussi bien des objets usuels et fonctionnels que des installations et des intérieurs basés sur un concept architectural solide. Les 'Mono-Lights' se composent d'une série de tubes LED qui peuvent être accrochés de mille façons, ensemble, au mur ou au plafond, à l'aide d'éléments de structure. Les grillages métalliques courbes sont également caractéristiques du duo: un produit industriel qu'ils façonnent en présentoirs, paravents, sièges et même lampes. Leur façon d'utiliser les matériaux, aussi bien de manière constructive que fonctionnelle, fait parfois penser à l'approche de OMA, le bureau d'architectes de Rem Koolhaas.

À ne pas manquer car, lors de la semaine du design à Eindhoven, ce studio fut une des sources d'inspiration. Le magazine Wallpaper, le Design Museum de Londres, le Vitra Design Museum de Weil am Rhein et la Chamber à New York se sont déjà intéressés à lui. Le duo a également conçu l'intérieur de l'opticien Ace&Tate à Eindhoven, leur établissement le plus grand et le plus beau. Et ils débarquent aujourd'hui pour la première fois sur le sol belge.
De 400 à 1.400 euros.

3. Une pièce unique signée Pierre Paulin

La table Cathédrale, que Pierre Paulin considérait comme son chef-d'oeuvre, sera à découvrir à Bruxelles dès le 7 mars.

Quoi? Des créations inédites ou des pièces uniques de Pierre Paulin (1927-2007) produites sur commande.

Qui? Benjamin, fils du designer français, et son entreprise Paulin Paulin Paulin cherchent les perles oubliées de l'oeuvre du célèbre Français. Dans cette quête, il peut compter sur l'aide de sa mère, Maïa, de son épouse, Alice Lemoine, et d'un ancien collaborateur de son père, Michel Chalard. Certaines pièces ont été conçues sur mesure pour des bâtiments publics en France et font partie du Mobilier National. D'autres étaient trop avant-garde ou trop chères à produire à l'époque, et sont restées au stade de prototype. Aujourd'hui, Benjamin fait fabriquer ces pièces rares dans des ateliers d'artisans français. Il redonne ainsi une nouvelle vie à des facettes méconnues de son père, très différentes de ce qu'il faisait pour Ligne Roset, Artifort et Thonet.

À ne pas manquer car, bien qu'il ait déjà collaboré avec la grande galerie Perrotin, Benjamin Paulin a choisi Collectible pour exposer sa collection pour la première fois dans un salon. Exception faite du fauteuil 'Alpha', toutes les créations présentées sont des premières éditions qui n'ont encore jamais été vues en Belgique. La table 'Cathédrale' (1981), que Pierre Paulin considérait comme son chef-d'oeuvre, sera à Bruxelles. Qu'on se le dise!
Prix sur demande.

 

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