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L'oeuvre choquante du CEO d'Ice-Watch

  • Art sweet art
Jean-Pierre Lutgen nous parle de 'Chinese Offspring', une oeuvre de Zhang Dali. ©Alexander D'Hiet

"J'ai découvert cette oeuvre à Knokke, en écumant les galeries sur la digue et la Kustlaan. J'aime bien aller faire un tour dans l'Absolute Art Gallery, où je suis à la fois un ami et un client de Yvan, Yoeri et Miguel De Backer. C'est grâce à eux que je me suis mis à collectionner de l'art."

"L'installation de Zhang Dali était exposée dans la vitrine de leur confrère Adrian David. Une oeuvre assez choquante, surtout pour Knokke, un endroit tranquille, parfait pour faire une pause et oublier le stress quotidien. Contempler de l'art fait partie du séjour, c'est de l'évasion mentale. Avant de fonder Ice-Watch, j'étais juste un touriste qui se baladait dans les galeries sans rien acheter. À l'époque, personne ne faisait attention à moi, mais, aujourd'hui, les galeristes viennent vers moi."

"Lorsque j'ai acheté cette installation, je l'ai mise dans une pièce à l'écart. Peu de gens peuvent la voir parce qu'elle choque. Au début, je pensais accrocher à une poutre, dans l'espace ouvert, ces personnages à taille humaine, mais j'ai vite renoncé à cette idée. Montrer une oeuvre aussi complexe sans aucune explication peut être compliqué. Cette série 'Chinese Offspring' permet à Zhang Dali de dénoncer les abus sur les chantiers de construction chinois, où les ouvriers travaillent dans d'épouvantables conditions. Les sculptures en résine sont nues, enchaînées par les chevilles et portent un numéro tatoué, car les ouvriers ont été réduits au rang d'objets. L'installation parle de l'économie chinoise et, de manière plus générale, du respect des gens dans le monde de l'économie. La production Ice-Watch se fait en Chine et on nous critique parfois pour cela, mais nos ouvriers sont loin d'être exploités: pour nous, un travailleur chinois ne vaut pas moins qu'un travailleur belge."

"Villes, visages, animaux, lignes de couleur, crânes: les galeristes connaissent quels sont les fils rouges de ma collection. Pourtant, je ne pourrais pas me qualifier d'authentique collectionneur, car je suis trop impulsif. Quand je suis de bonne humeur, j'achète une oeuvre si elle me parle. L'art n'est pas un aliment comme le pain, l'eau ou un toit au-dessus de sa tête. On peut vivre sans, mais j'aime m'en entourer, comme d'autres achètent de belles voitures ou font des voyages au bout du monde. En tout cas, ma collection n'est pas conçue pour l'éternité. Je ne voudrais pas l'imposer à mes descendants."

©Alexander D'Hiet

Zhang Dali (55 ans) est un artiste multidisciplinaire. Au début de sa carrière, il a été l'un des premiers artistes de street art de Chine: il peignait des bâtiments voués à la démolition. Dans son travail politiquement et socialement engagé, il dénonce la propagande, la falsification de l'Histoire et les abus sociaux.




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