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Art sweet art: "C'est le plus gros diamant que je puisse me permettre"

Luc de Tilesse nous parle de 'Diamond Lover', une oeuvre de Xavier Mary. ©Karel Duerinckx

Luc de Tilesse, directeur de l'agence de com' numérique The Crew Communication, nous parle de 'Diamond Lover', une oeuvre de Xavier Mary.

"Alors que je cherchais une oeuvre pour mon jardin bruxellois, je suis tombé sur 'Diamond Lover' de Xavier Mary. C'est le plus gros diamant que je puisse me permettre! Le galeriste Albert Baronian m'a expliqué que cette sculpture existait en trois exemplaires. Pourtant, la mienne est unique: après être resté à l'extérieur pendant six mois, le diamant d'acier était tellement rouillé que l'artiste en a réalisé un nouveau, en aluminium.

Un peu plus loin, dans le jardin, se trouve un totem en brique de Liesbeth Henderickx, son travail de fin d'études que j'ai acheté lors de l'expo collective 'Balls & Glory', chez Rodolphe Janssen. L'artiste était très émue: c'était la première fois qu'elle vendait une oeuvre."

"Je préfère acheter des oeuvres d'artistes débutants. Les artistes ultra connus n'ont pas besoin de moi, leur travail se vend tout seul et peu importe qu'il appartienne à un collectionneur de Tokyo ou de Los Angeles. En tant que collectionneur, je tiens à encourager les artistes à aller de l'avant, à les soutenir dans la première phase de leur carrière parce c'est là qu'ils ont vraiment besoin d'argent.

Après être resté à l'extérieur pendant six mois, le diamant d'acier était tellement rouillé que l'artiste en a fait un nouveau, en aluminium.

Et je tiens aussi à les rencontrer personnellement. Lorsque Jean-Baptiste Bernadet a fait ses débuts à la galerie Maes, j'ai été le seul à lui avoir acheté une oeuvre à cette occasion. Il était fou de joie! Maintenant, il expose jusqu'à New York et les collectionneurs se bousculent. J'étais également parmi les premiers à acheter des travaux de Benoit Platéus et Helmut Stallaerts.

J'ai aussi des oeuvres du collectif artistique gantois Leo Gabin et de l'artiste bruxellois Lionel Estève. Les rencontrer dans leur atelier, les voir travailler, tout cela rend leurs oeuvres de ma collection encore plus spéciales."

"Investir au début de la carrière d'un artiste demande du temps et du courage. Je passe presque tous mes week-ends dans des galeries et des musées. Et je me documente: je fonctionne de manière rationnelle plutôt que sur un coup de coeur. Chaque oeuvre de ma collection est aussi le résultat d'une découverte ou d'une rencontre. C'est pour cela qu'il m'est si difficile de les revendre: elles sont liées à une histoire humaine.

En même temps, ma collection raconte l'histoire de ma vie. On voit tout de suite si une oeuvre a été achetée dans une période où j'étais optimiste ou plus sombre. "Don't go on holiday, buy art", avait déclaré l'artiste Barbara Kruger. Certains achètent des voitures, des montres, mais, en ce qui me concerne, je préfère acheter de l'art."

Xavier Mary (36 ans) est un artiste liégeois qui crée des sculptures post-industrielles et des installations composées d'éléments issus de l'industrie automobile. Il est représenté par la galerie Albert Baronian (Bruxelles) et la galerie Nosbaum Reding (Luxembourg). Il est également curateur: il participe à l'organisation d'expositions temporaires dans une station-service vide de Seraing sous la bannière 'Diesel Project Space'.


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