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"Ce n'est pas évident de vivre parmi plus de 1.500 oeuvres"

"Ces deux bornes semblent nous dire quelque chose, mais y a-t-il quelque chose à dire au sujet d'une Œuvre d'art?" ©Alexander D'Hiet

L'entrepreneur Rudy Joseph nous parle de 'Dag en nacht', une oeuvre de Philippe Van Snick.

"Pourquoi une pile de dessins a-t-elle besoin d'un socle? Sont-ils trop lourds? Pourquoi ne pourraient-ils pas être accrochés au mur, tout simplement? Deux socles inutiles, peut-on appeler ça une oeuvre d'art? A-t-elle une raison d'être? Une pile de dix dessins sur toile doit-elle être qualifiée de sculpture?

Et les neuf dessins qui se trouvent en dessous symbolisent-ils la recherche de l'artiste? La dixième oeuvre au-dessus constitue-t-elle son point final ou sa décharge créative?

Philippe Van Snick aime le nombre dix: sa palette de couleurs compte dix teintes. Sur les deux socles, il y a une toile avec une croix et des nombres décimaux. Est-ce le symbole du nombre dix?"

"Les deux socles ressemblent à des jambes. Ou à deux bornes, qui semblent nous dire quelque chose, mais y a-t-il quelque chose à dire au sujet d'une oeuvre d'art? Cette oeuvre, 'Dag en nacht' (jour et nuit) avec son socle noir à gauche et bleu à droite, nous induit-elle en erreur?

Faut-il se trouver de l'autre côté de l'oeuvre, pour que le jour se trouve à gauche et la nuit, à droite?

Ou bien veut-il dire qu'on peut toujours regarder une oeuvre d'art de différentes manières? Si la vie est une succession sans fin de jours et de nuits, deux concepts opposés qui s'annulent constamment, que nous dit cette dualité sur la vision du monde de l'artiste?"

"Bien sûr, je n'attends pas de réponses à ces questions. Ce que je dis au sujet de cette oeuvre n'a pas de valeur parce que quelqu'un d'autre peut dire tout autre chose et c'est ça qui est fascinant. L'art est communication, mais pas de manière unilatérale, de l'artiste à son public; entre les personnes. Comme le disait Marcel Duchamp, "c'est l'observateur qui fait l'oeuvre"."

"Mon épouse, Frieda, et moi avons commencé à collectionner au début des années 70, par besoin de faire le lien entre abstraction et figuration, art lyrique et géométrique, art classique et création contemporaine. Nous voulions identifier les éléments constitutifs de l'art d'aujourd'hui. En faisant dialoguer les oeuvres d'artistes belges et internationaux dans notre fondation privée, Musae, nous créons des liens surprenants et de nouvelles rencontres.

Notre collection est notre lecture subjective de l'histoire de l'art récente. Collectionner, c'est un besoin vital. Ce n'est pas évident de vivre parmi plus de 1.500 oeuvres. Nous n'en avons vendu aucune. C'est vrai, j'avoue: c'est de la "collectionnite"!"

Philippe Van Snick (1946) est un artiste belge contemporain qui vit et travaille à Bruxelles. Dans ses peintures, installations et sculptures, il utilise une palette réduite dans laquelle le système décimal, un groupe de dix couleurs et le motif jour-nuit reviennent constamment.

En 2018, il a remporté un 'Ultima' dans la catégorie arts visuels. Il travaille sur des oeuvres pour le nouveau bâtiment de la VRT à Bruxelles. En Belgique, il est représenté par Tatjana Pieters à Gand.




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