sabato

"Je connais personnellement presque tous les artistes de ma collection"

©Jelle Vans

Koen Leemans, directeur du Centre culturel de Malines, nous parle de ‘Happy Sad’, une œuvre de Daan Gielis.

"Les émojis sont un moyen d’exprimer rapidement une émotion mais le message peut être contradictoire. En ajoutant un émoji ‘clin d’œil’ à la fin d’un message, on peut tout faire passer, même des insultes. Une ambiguïté qui se retrouve dans l’œuvre en néon de Daan Gielis, ‘Happy Sad’. Pour moi, elle porte sur le côté banal et existentiel de la communication numérique."

"Daan a choisi le néon parce qu’il est lié à la publicité. Je voulais depuis longtemps un néon chez moi parce que ce medium est à la fois attrayant et connoté, surtout en art. Tracey Emin l’utilisait pour des slogans. Bruce Nauman allumait en alternance des messages contradictoires en néon. Daan présente son double message d’une traite, comme une publicité ambiguë sur le bonheur."

"Daan n’est pas un artiste qui excelle dans un seul medium: il le choisit toujours en fonction du message. Dans le cadre d’une exposition, il avait présenté une BMW blanche de laquelle s’échappaient de la fumée et de la musique en sourdine: elle était comme sur le point d’exploser. Il y a une sorte d’urgence dans le travail de Daan, parce qu’il a des problèmes de santé. Juste avant une opération du cœur, il s’est fait faire un tatouage sur la poitrine parce qu’il savait que le chirurgien allait l’ouvrir. Ce tatouage “déchiré” est devenu une œuvre d’art à part entière."

"En ajoutant un Émoji ‘clin d’œil’ à la fin d’un message, on peut tout faire passer, même Des insultes. Une ambiguïté qui se retrouve dans cette œuvre en néon."

"Je suis historien. En 1993, notre professeur de peinture et de sculpture a été remplacé par Lut Pil qui, pour parler d’art contemporain, s’appuyait sur la Documenta IX de 1992, dont Jan Hoet fut le curateur. Ce fut une révélation! En 1997, après mes études, j’ai collaboré à ‘Nature Morte’, un projet artistique du curateur Johan Pas. 39 artistes y ont participé, dont Luc Tuymans et Ronny Delrue, à qui j’ai acheté ma première œuvre."

"Comme je travaillais tous les jours en tant que bénévole à l’accueil de l’exposition, j’ai rencontré tous les artistes qui exposaient. Quand j’ai arrêté Raoul De Keyser parce qu’il voulait entrer sans ticket, il est resté là, à discuter avec moi pendant deux heures. Nous avons parlé de sa vie et de son travail. Un homme chaleureux, très généreux, avec qui je suis resté en contact jusqu’à sa mort. J’ai même pu lui acheter une aquarelle."

"Walter Swennen, Joris Ghekiere, Emilio López-Menchero, Daan Gielis: je connais personnellement presque tous les artistes de ma collection. Et j’ai aussi réalisé des projets avec beaucoup d’entre eux, pour la plupart au Garage à Malines. J’essaie autant que possible de séparer amitié et art, mais je ne parviens pas à acheter quelque chose à quelqu’un que je ne trouve pas sympathique."

Daan Gielis (1988) est un artiste multimédia belge qui vit et travaille à Anvers. La sculpture ‘Happy Sad’ est présentée dans une version de 3 mètres à son expo solo ‘You Won’t Get What You Want’ jusqu’au 17 novembre au Garage à Malines.

Lire également

Publicité
Publicité