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La start up qui veut révolutionner le monde de l'art

William Vanmoerkerke & Jeroen Seghers: "Notre objectif est de mettre les amateurs d'art en position de prendre les meilleures décisions." ©Diego Franssens

Parce que les start-ups ne se limitent pas aux applis d'agenda, aux plateformes de rencontre ou aux boutiques en ligne: Auction Club, lancée par deux entrepreneurs ostendais, fait entrer le monde des enchères dans l'ère du temps.

Concept:
Plateforme en ligne permettant de consulter des résultats d'enchères et des analyses du marché des ventes aux enchères.
Fondée par:
William Vanmoerkerke (32 ans) et Jeroen Seghers (32 ans)
Site: 
www.auctionclub.com

Si vous marchez dans une rue typique d'Ostende avec nains de jardin et voitures familiales garées dans l'allée, au moment où vous remarquez des caméras de surveillance et le pavillon de Dan Graham dans un jardin, vous savez que là, vous n'êtes pas chez monsieur Tout-le-monde. Entretien avec les entrepreneurs ostendais et amis d'enfance William Vanmoerkerke et Jeroen Seghers, tous deux tirés à quatre épingles, dans les locaux de la Collection Vanmoerkerke.

"Une visite guidée?" Sans attendre la réponse, le premier file le long des oeuvres collectionnées depuis les années 80 par son père Mark, ex-entrepreneur dans le secteur touristique qui a vendu SunParks en 2008. Quelques noms célèbres émaillent la collection: Christopher Wool, Cindy Sherman, Gerhard Richter et Ed Ruscha. "Je collectionne un peu moi aussi", déclare Vanmoerkerke junior. "Mon problème, c'est que j'ai exactement les mêmes goûts que lui: il achète toutes les belles pièces et, moi, je ne peux pas me les payer! " (rires) Celui qui fut consultant au Boston Consulting Group et senior director chez Elsevier à New York, travaille aujourd'hui pour sa start-up Auction Club. "Sur cette plate-forme en ligne, vous pouvez trouver des résultats d'enchères (qui remontent jusqu'aux années 70 et concernent environ 1.500 maisons de ventes aux enchères), mais aussi toutes les ventes à venir de 3.000 maisons. Nous visons les amateurs d'art, les collectionneurs professionnels, les marchands, les galeries, les maisons de vente aux enchères, mais aussi les compagnies d'assurance et les institutions financières qui accordent des prêts garantis par des oeuvres d'art."

©Diego Franssens

Pour fournir toutes ces informations, Auction Club utilise un puissant logiciel développé par Jeroen Seghers. Lui aussi a grandi entouré d'oeuvres d'art: ses parents dirigent une galerie à Ostende depuis plusieurs décennies. Pourtant, Jeroen, qui vit à Londres, s'est spécialisé dans la technologie et les entreprises web. Aux États-Unis, il est impliqué dans toute une série de start-ups.

"L'idée a vu le jour à Bâle, en discutant avec des collectionneurs qui témoignaient de la difficulté de savoir quels lots allaient être vendus aux enchères", se souvient Vanmoerkerke. "Les plates-formes existantes manquaient de convivialité. Cela m'a trotté dans la tête. Quelques semaines plus tard, lorsque Jeroen est venu à New York pour son travail, nous avons parlé tout un après-midi. Et marché de East Village à Uptown. La nuit-même, Jeroen avait déjà codé un premier projet."

La base de données du site a été développée en moins d'un an et demi: les jeunes entrepreneurs y ont investi leurs propres deniers, mais ont également pu compter sur le soutien de bailleurs de fonds externes. Le site a été lancé en juillet 2015 et Auction Club compte désormais "plusieurs centaines d'utilisateurs". "La plateforme d'enchères en ligne Paddle8, notamment, utilise Auction Club", explique Vanmoerkerke. "Nous comptons également quelques CEO parmi nos utilisateurs -des gens qui sont intéressés par l'art."

Même s'il s'agit de beaucoup d'information, "nous avons misé sur la convivialité: notre système fonctionne sur iPad et smartphone", précise Vanmoerkerke. ©Diego Franssens

Le modèle d'affaires d'Auction Club repose sur deux piliers: pour 29 euros par mois l'abonnement standard, vous pouvez consulter en ligne les résultats des ventes aux enchères. En outre, Vanmoerkerke et Seghers proposent également des conseils personnalisés. "Il s'agit de contrats-cadres dont le prix peut s'élever à plusieurs centaines de milliers de dollars par an. Un de nos clients voulait, par exemple, calculer "le potentiel d'artistes". Autre exemple: une maison de ventes aux enchères peut être intéressée par tous les artistes qui ont vendu l'année précédente chez d'autres maisons de vente aux enchères, sauf chez elle."

Malgré l'étiquette de start-up, le concept d'Auction Club n'est pas nouveau. Des concurrents comme Artnet ou Artprice font plus ou moins la même chose. Ce que, du reste, sait bien Vanmoerkerke, qui qualifie ces concurrents d'entreprises "quasi archaïques". "Leur technologie est dépassée. Nous avons misé sur la convivialité: notre système fonctionne parfaitement sur iPad et smartphone."

Auction Club offre une prise dans un monde de l'art de plus en plus fou.
William Vanmoerkerke
Auction Club

"En outre, nous présentons trois à quatre fois plus de lots à venir que la concurrence, parce que nous possédons la technologie pour en trouver davantage", ajoute Seghers. "Parallèlement, chez nous, les clients bénéficient de plus de critères de recherche, comme le matériau: ce genre de chose influence le prix. Plus il y a de détails, meilleure est l'information."

"Notre plate-forme est un outil qui permet de prendre de meilleures décisions", souligne Vanmoerkerke. "Auction Club offre une prise sur un monde de l'art plus fou que jamais. Quand on dépense autant d'argent, il faut une autre prise pour justifier le prix. Ou la tranquillité d'esprit. Quelqu'un qui achète de l'art juste pour spéculer va peut-être réussir son coup pendant un an ou deux. Ou peut-être même dix, qui sait. Mais cela ne fonctionne jamais à long terme. Dans ce cas, mieux vaut acheter des actions."

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