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Le Mur de Berlin sous le marteau

BRAFA 2020 - vijf segmenten van de Berlijnse Muur ©Raf Michiels

Trente ans après la chute du Mur de Berlin, la Brafa mettra aux enchères cinq des derniers pans de mur disponibles.

L’initiative s’inscrit parfaitement dans l’ADN de Brafa: nous regardons au-delà du marché de l’art.

Les chasseurs de souvenirs qui, à partir de novembre 1989, venaient à Berlin pour emporter des fragments du mur étaient surnommés les ‘Mauerspechte’ soit les piverts du mur.À Tour & Taxis, il est cependant inutile de s’armer d’un marteau (ni d’une faucille); par contre, il vaudra mieux vérifier la stabilité de sa maison avant d’en acheter un car ces pans sont monumentaux: 3,8 mètres de haut, 1,2 mètre de large, 4 tonnes.

Harold 't Kint de Roodenbeke ©Jessica Hilltout

Du reste, impossible de les manquer: tels des totems de la Guerre Froide, ces cinq reliques sont exposées près de l’entrée. Chaque segment est proposé selon une formule d’enchères dont le produit sera versé à une œuvre caritative. Pendant la durée de la foire, tout le monde pourra enchérir. La vente se terminera le dernier dimanche de la foire, soit le 2 février.

"Les offres commencent à 15.000 euros", eprécise Harold t’Kint de Roodenbeke, exposant et président de la Brafa. C’est lui qui en a eu l’idée. "Pendant l’été 2018, j’étais en voyage en Nouvelle-Écosse, au Canada. Dans le village de pêcheurs de Lunenburg, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, à ma grande surprise, je suis tombé sur un pan du Mur de Berlin. C’était surréaliste, mais cela m’a frappé. Pour être honnête, je ne savais pas que des fragments entiers du mur étaient aussi loin de leur lieu d’origine."

Graffitis historiques

Au niveau mondial, quelque 250 pans du Mur de Berlin sont disséminés dans plus de 140 pays. En souvenir de la Guerre Froide, bien que celui de Lunenburg rappelle aussi indirectement les 1.400 immigrants allemands qui s’y sont installés en 1753.

Rentré de vacances, t’Kint de Roodenbeke effectue des recherches sur la façon dont ces segments du Mur se sont disséminés dans le monde. Après la chute du Mur, les forces armées de la DDR en ont démantelé de grandes parties, qui ont été détruites ou réutilisées comme matériau de construction.

Cependant, une grande partie de pans entiers se sont retrouvés chez Klösters Baustoffwerke. L’entreprise de travaux publics de Teltow, en périphérie berlinoise, les utilisait pour en faire des cloisons dans son dépôt de matières premières et de matériaux de construction.

"Et puis, un beau jour, le propriétaire de cette entreprise a réalisé qu’il possédait quelque chose d’une valeur historique", explique le président de la Brafa. "Il a dégagé son site en y laissant les pans du Mur, tel un cimetière de béton, et il a ensuite invité des graffeurs à les utiliser comme toile. Leurs interventions sont une réaction aux graffitis historiques du Mur de Berlin."

"Quand j’étais à Teltow, j’ai eu l’occasion d’acheter certains des derniers fragments encore disponibles. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une vente aux enchères caritative. L’initiative s’inscrit parfaitement dans l’ADN de Brafa: nous sommes une association sans but lucratif. Et nous regardons au-delà du marché de l’art."

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