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Le samedi du photographe Stephan Vanfleteren

Les photographies réalisées par Stephan Vanfleteren sont publiées dans des journaux prestigieux, dont Le Monde et le New York Times. ©Alexander D'Hiet

Le samedi du photographe Stephan Vanfleteren: regarder le clocher de l’église, laisser le café refroidir et admirer du Niemeyer.

Le photographe Stephan Vanfleteren (53 ans) s’affiche jusqu’au 10 novembre chez Sotheby’s Bruxelles avec la Galerie Fifty One: il présente des portraits, des paysages et la série “Nature Morte”, des animaux morts.

“Quand je trouve un animal mort, je le ramasse, je le dépose sur la table, je l’observe et je le photographie à la lumière naturelle du soir. En général, pour mon travail, je dois profiter d’un instant qui ne revient jamais, ce qui n’est pas dans le cas pour “Nature Morte”: peu importe quand je photographie le cadavre; le silence et la lenteur font partie du processus.”

Celui qui est l’un des plus célèbres photographes belges de portraits en noir et blanc collabore avec des titres de la presse belge et internationale – Le Monde, The New York Times, De Volkskrant et Die Zeit. “Ma vie et mon travail s’entremêlent; c’est la même chose avec les semaines et les week-ends, surtout depuis que les enfants travaillent et étudient”, explique-t-il.

Stephan Vanfleteren (53)

  • Photographe.
  • A remporté à six reprises le prestigieux World Press Photo.
  • Expose chez Sotheby’s à Bruxelles.

07h30 – “Je suis dépendant de la lumière, de la météo et des horaires des autres. Quand je ne travaille pas, je ne mets pas de réveil. La première chose que je fais en me réveillant, c’est regarder l’heure sur le clocher de l’église de Furnes.”

08h00 – “Depuis 35 ans, Natacha et moi prenons toujours notre petit déjeuner ensemble, même si je suis rentré à 3 heures du matin la veille. Un petit déjeuner sans journaux papier, c’est difficile! Je ne lis jamais sur écran: j’adore les variations de couleur et de toucher. En lisant la presse, je ressens de l’émerveillement, de l’émotion, de la colère, de l’incrédulité, du plaisir. Une belle chronique me touche ou je découvre une superbe photo d’un collègue. Il m’arrive d’envoyer un texto à un journaliste, un photographe ou une personne interviewée. Tout ça peut prendre pas mal de temps. Le café refroidit, mais tant pis.”

Stephan Vanfleteren fait sa promenade du samedi matin avec son chien. Son itinéraire dépend du sens du vent et de la météo. ©Alexander D'Hiet

10h30 – “Le chien nous regarde: maintenant, c’est son tour. Je l’emmène faire sa promenade du matin. Selon le sens du vent, les précipitations, la température et l’humeur, nous allons à la plage, dans les polders ou dans les dunes. La dune Fossile de Ghyvelde, à la frontière franco-belge, est la plus ancienne de la région. Il y a quatre bunkers abandonnés sur lesquels on peut voir les impacts des bombes et la patine créée par le temps et la nature sur le béton. Je passe devant des bâtiments de Niemeyer, Le Corbusier et Frank Lloyd Wright et, à chaque fois, j’émerveille.”

11h45 – “Je réponds à des mails en retard et j’examine des projets à long terme. Comment évoluent-ils? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré? Est-ce que cela me rend heureux?”

13h15 – “Natacha a fait les courses. Pendant le lunch, je poursuis ma lecture de la presse.”

“Dans la série “Nature Morte”, je mets en valeur la beauté des animaux morts. Faire ces photos, c’est presque de la contemplation.”
Stephan Vanfleteren
Photographe

15h00 – “Nos amis aiment bien combiner une visite chez nous avec un week-end à la mer, mais cela peut être le contraire: c’est nous qui allons chez eux. Alors, nous commençons par visiter un musée ou une galerie. Récemment, c’était le Mauritshuis à La Haye. J’aime retourner dans le même musée et pourtant, je n’ai jamais vu tout ce qui est exposé au Musée des Beaux-Arts de Gand. Mon préféré? Le Prado, à Madrid.”

18h00 – “Je ne cuisine jamais. Je deviens nerveux rien qu’en regardant un four à micro-ondes! Heureusement, mon épouse est très bonne cuisinière. À table, j’aime le rôle du convive. J’aime manger, mais je ne suis pas un foodie: mes papilles ne sont pas à la hauteur de la haute gastronomie. Pour moi, le plus important, c’est d’être en bonne compagnie.”

©Stephan Vanfleteren

23h00 – “Il y a dix ans, quand nous sommes venus vivre ici, nous avons décidé de ne jamais nous laisser décourager par la durée et la distance à parcourir: même si nous devons faire trois heures de route pour rentrer chez nous, nous irons voir nos amis, même à Utrecht. Le trajet de nuit n’est pas du temps perdu. Dans la voiture, Natacha et moi bavardons. Ou pas: le silence, c’est bien aussi.”

02h30 – “Avant de m’endormir, je jette un dernier coup d’œil au clocher de l’église. J’ai regardé cette horloge je ne sais combien de fois! Plus souvent que mon smartphone, et je n’ai pas de montre. Chez moi, Dieu est le temps.”

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