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Les natures mortes numériques de Bas Meeuws

©'Untitled' (#94), 2013, Bas Meeuws.

Armé d'un appareil photo et d'un ordinateur, Bas Meeuws crée un art floral hyper précis.

De loin, on dirait une nature morte ancienne typique de la peinture hollandaise, mais très vite, on remarque que les fleurs et les insectes soigneusement placés dans les oeuvres de Bas Meeuws sont très détaillés. Une confusion intentionnelle, car le 'photo based art' de l'artiste a pour objet d'amener à regarder la nature avec un émerveillement toujours renouvelé.

"Dans les natures mortes néerlandaises et flamandes, les fleurs parlaient à l'imagination", explique le Néerlandais. "Leur courte vie en faisaient le symbole de la vanité. Leur rareté a sans doute contribué à ce succès.

©'Untitled' (#134), 2017, Bas Meeuws.

Au XVIIème siècle, par exemple, les tulipes importées de l'Empire ottoman étaient une fleur totalement nouvelle aux Pays-Bas, et elle était si rare qu'elle pouvait coûter le prix d'une belle maison à Amsterdam. Au Siècle d'or, on avait un grand respect pour la nature; aujourd'hui, on achète des fleurs pour 2 euros et on les jette une fois fanées. C'est cette conscience de la nature que je voudrais restaurer. Nous sommes dépendants de la nature qui nous entoure et devons réapprendre à saisir sa beauté."

L'artiste est autodidacte: après avoir commencé une carrière de physiothérapeute, il l'abandonne au profit de la photographie et du traitement d'images numérique. Il est représenté par des galeries néerlando-taïwanaise et indienne, et a publié son second livre, 'Flower Pieces'.

Après avoir fait des photos de natures mortes typiques des vanités, il s'est concentré, dès 2010, sur les fleurs "parce qu'avec tous ces crânes et toutes ces bougies, on invite la mort chez soi".

À l'instar des maîtres tels que Balthasar van der Ast et Ambrosius Bosschaert, l'artiste compose des bouquets complexes auxquels il travaille parfois pendant plusieurs semaines. Résultat: des tableaux d'une grande profondeur. "On me demande souvent si mon travail se limitera aux fleurs. Pour le moment, oui, parce que j'ai encore énormément à faire."

©Bas Meeuws

Surtout avec la base de données qu'il a créée: sa bibliothèque compte plus de 12.000 photos prises dans des jardins botaniques aux Pays-Bas, à Taiwan et en Chine. En effet, comme les maîtres classiques, Bas Meeuws s'intéresse à l'art floral asiatique.

Flower Pieces', en anglais aux éditions Lannoo, 65 euros.



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