Publicité
sabato

Mon Sabato | Le samedi d’Arne Quinze: “Plus il y a d’art dans les espaces publics, plus il y a de tolérance”

L’œuvre d’art “Oasis”, d’Arne Quinze, mesure quarante mètres de long et seize mètres de haut. Elle a été construite pour le Noor Light Festival, qui se déroule actuellement en Arabie saoudite. ©Dave Bruel

Le samedi de l’artiste Arne Quinze en Arabie saoudite: lutter contre le dérèglement de son horloge biologique, travailler par 50 degrés et faire sa séance de fitness (quasi) quotidienne.

Arne Quinze (50 ans)

  • Artiste connu pour ses installations éphémères, dont certaines sont devenues permanentes.

“Tous les jours sont des samedis, ou des lundis. Il y a longtemps que j’ai cessé de ‘sentir’ quel jour on est! Je passe septante pour cent de mon temps à voyager. Chaque jour, où que je sois, je m’émerveille.” Depuis le début du mois d’octobre, Arne Quinze (50 ans) construit “Oasis”, une œuvre de quarante mètres de long et seize mètres de haut pour le Noor Light Festival, en Arabie saoudite.

Le festival propose un parcours dans Riyad et les alentours au fil d’installations lumineuses réalisées par quatre-vingt artistes, dont Daniel Buren, Sabine Marcelis et Jean-Michel Othoniel. Outre Quinze, invité par Hervé Mikaeloff (curateur en chef de Bernard Arnault), Tom & Lien Dekyvere, Kim De Ruysscher, Koert Vermeulen et le collectif Dirty Monitor sont venus de Belgique.

Ce festival durera jusqu’au 19 novembre, mais l’œuvre de Quinze sera peut-être permanente. “Pour moi, une oasis, c’est un lieu fertile de couleurs et de diversité. L’Arabie saoudite est un pays controversé, malgré le fait que les femmes ont le droit de conduire depuis 2018. Contribuer à ce changement est mon devoir d’artiste: plus il y a d’art dans les espaces publics, plus il y a de tolérance.”

©Dave Bruel

09h00 – “Mon horloge biologique est perturbée. Jusqu’à hier matin, nous nous sommes levés à 4 heures, et ce, pendant trois semaines. Une heure plus tard, quand nous partions dans le désert, nous voyions le soleil se lever sur les dunes. Un spectacle magique! Aujourd’hui, le rythme change, car la sculpture est prête: nous commençons l’installation lumineuse. Comme toujours, mais plus tard, je prends un petit déjeuner très complet.”

09h30 – “J’essaie de faire du fitness cinq fois par semaine, même ici. Pas dans le désert, mais dans la salle de fitness de l’hôtel. Je mange sainement, je ne fume pas, je bois quatre verres d’alcool par mois: j’ai de l’énergie pour dix!”

10h30 – “Moment de concertation. La structure complexe a nécessité six mois de travaux préparatoires avec des ingénieurs. Nous discutons de ce qu’il reste à faire. L’équipe se compose de 25 collaborateurs venus de Belgique et de 25 locaux. Nous avons trois grues pouvant soulever trois cents tonnes. Tout doit être parfait, au millimètre près. Certains parlent anglais, d’autres seulement arabe, mais nous nous comprenons: faire collaborer les cultures est une aventure.”

“Difficile de limiter son empreinte carbone: le tout est de l’équilibrer.”
Arne Quinze
Artiste

11h00 – “Nous montons dans les jeeps et nous rendons jusqu’à la sculpture. Dans le désert, il n’y a rien. Nous devons tout apporter, vraiment tout, de l’eau aux générateurs.”

12h30 – “Après le lunch, nous continuons à tirer les câbles et commençons à régler la technique. Pour cette installation, il a fallu placer des kilomètres et des kilomètres de câbles et de LED.”

16h00 – “Le travail demande de l’énergie et nous devons régulièrement faire le plein, mais nous sommes très bien soignés et mangeons chaque jour des plats délicieux. Beaucoup de légumes, de fruits, du riz et parfois un peu de poulet. Depuis trois semaines, nous travaillons entre 45°C et 50°C, sans ombre et croyez-moi, on le sent passer! Mais pouvoir construire une installation dans le désert est un de ces moments dont on se souvient toute sa vie.”

“Depuis trois semaines, nous travaillons dans une chaleur torride: entre 45°C et 50°C.” ©Shutterstock

18h00 – “En cinq minutes, le soleil se couche et il fait nuit noire. C’est spectaculaire! Jusqu’à hier, c’était l’heure où nous arrêtions le travail. À partir d’aujourd’hui, nous allons tester la lumière – les intensités, les couleurs, etc. Regarder ‘Oasis’ s’illuminer dans le paysage désertique sera dingue.”

23h00 – “La fatigue nous tenaille, mais il faut continuer à travailler et à un rythme infernal: la deadline approche. Je fais tout ce que je peux pour soutenir l’équipe.”

03h00 – “Nous rentrons à l’hôtel en voiture. Je suis exténué et couvert de poussière collante.”

04h30 – “Après une douche et un petit dîner rapide, je vais me coucher. J’aime dormir et je dors bien: quatre à cinq heures de sommeil me suffisent. Une fois par mois, je m’offre une nuit de huit heures pour que mes batteries soient complètement rechargées.”

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité