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Quatre expos Brafa incontournables ce week-end à Bruxelles

La galerie Costermans propose un rarissime tableau de Paul de Vos de ca. 1654. ©Costermans

En raison de la pandémie, il n’y aura pas de Brafa Art Fair à Tour & Taxis cette année à Bruxelles. Cependant, à partir d'aujourd'hui, de nombreux exposants présenteront des expositions et des collabs alternatives dans des endroits insolites. Notre sélection.

1. Mid-century à l’étage

Qui? Gokelaere & Robinson, la galerie de design de Stanislas Gokelaere et Céline Robinson à Knokke.

Où? "Nous présentons également du design brésilien et européen de l’après-guerre dans un lieu surprenant : un appartement privé bruxellois sur le boulevard de Waterloo. L’exposition sera accessible pendant un mois, et donc pas seulement pendant le week-end de la Brafa. Dans le même temps, nous présentons une exposition temporaire dans la galerie à Knokke."

Gokaelaere & Robinson

À voir? "En ce moment, un ami utilise encore cet appartement du XIXᵉ siècle comme bureau. Pour l’occasion, nous allons tout vider et l’aménager en pied-à-terre", explique Gokelaere. "Tout ne sera pas à vendre, loin de là. Nous décorerons également les pièces avec de l’art africain ainsi qu’une sélection d’art moderne, notamment de Takis et François Morellet. Toutes les œuvres proviennent de collections privées." 

Incontournable? "La pièce maîtresse est une bibliothèque de Carlo Hauner, une pièce unique conçue pour la résidence de l’ambassadeur du Brésil à Paris." 

La galerie de design Knokkoise Gokelaere & Robinson présente cette bibliothèque de Carlo Hauner, une pièce unique.

Nice to know? Gokelaere & Robinson se fait progressivement une belle réputation en organisant des expositions temporaires dans des lieux insolites. La galerie a déjà exposé à la Fondation Luc Peire, ainsi qu’à la Zwart Huis à Knokke.

Temps fort à la Brafa? "Notre toute première participation, en 2016. Elle a permis à notre jeune galerie de se faire connaître au sein de cette Ligue des Champions du marché belge de l’art. Cette édition nous a donné de la crédibilité auprès d’un public de collectionneurs triés sur le volet. Ce fut d’emblée le coup d’envoi pour les foires internationales auxquelles nous avons ensuite participé : Tefaf Showcase, Pad Paris, Pad Londres et Design Miami/Basel."

Gokelaere & Robinson, Bvd de Waterloo, 28 à Bruxelles et Golvenstraat 6 à Knokke.

2. La Patinoire avec un invité spécial

Qui? La jeune galerie La Patinoire Royale (ouverte en 2015) invite Brame & Lorenceau, une "maison de confiance" parisienne fondée en 1864.

Où? Les deux galeries exposent ensemble à La Patinoire Royale, une ancienne salle de patinage à roulettes de 1877, que l’architecte d’intérieur français Pierre Yovanovitch a convertie en un espace d’exposition de 3.000 mètres carrés, ce qui en fait la plus grande galerie privée de Bruxelles.

Le travail d’Olga de Amaral ©Courtesy of Casa Amaral / Diego Amaral

"Nous aurions pu inviter beaucoup plus de galeries pour une exposition collective, mais nous avons estimé que c’était concurrencer la Brafa. Nous nous en sommes donc tenus à un seul collègue très estimé", explique le directeur, Constantin Chariot.

À voir? Beaucoup de choses. Côté rue, les deux galeries occupent chacune une salle. La Patinoire expose notamment des œuvres d’Olga de Amaral, Joana Vasconcelos et Marthe Wéry. Brame & Lorenceau ne lui fait cependant pas concurrence: ils présentent des maîtres des XIXᵉ et XXᵉ siècles, dont Alexander Calder et Hans Hartung. Le hall central accueille aussi l’expo "Young Belgium", avec des talents de moins de 30 ans.

Incontournable? "Brumas" d’Olga de Amaral, une immense sculpture de plafond en fils colorés.

Nice to know? La Patinoire Royale a servi de garage Bugatti, de dépôt d’armes et de salle d’exposition de voitures de collection.

Temps fort à la Brafa?  "L’année dernière, nous avons vendu une belle sculpture de Pol Bury à la Fondation Roi Baudouin, pour 275.000 euros. La Fondation a directement mis l’œuvre à la disposition du Musée L de Louvain-la-Neuve, où elle complète parfaitement la collection d’art belge".

"Spheroid (Gold Blue)" de Gisela Colón.

La Patinoire Royale, rue Veydt 15 à Bruxelles.

3. Picasso dans le quartier Dansaert

Qui? La galerie londonienne Whitford Fine Art, dirigée par Adrian Mibus et la Belge An Jo Fermon.

Où? Au 79 de la rue Dansaert à Bruxelles, Mibus et Fermon vous accueillent dans un appartement privé aménagé rempli d’art moderne.

À voir? "Le Covid est le thème de notre sélection : nous présentons des œuvres de petit et moyen format, entre 1.800 et 85.000 euros, dont des œuvres des années 50 nouvelles venues sur le marché, signées Paul Van Hoeydonck, Joseph Lacasse et Bram Bogart", explique Fermon.

"Coke with Straw (O,W,B)" de l’écrivain, réalisateur et artiste britannique Clive Barker. ©Artmedia Press Ltd

Incontournable? "Le portrait signé Picasso de l’artiste polonais Caziel. Les deux artistes étaient proches et ont travaillé ensemble pendant cinq ans. Leur amitié a pris fin, car Picasso ne supportait pas de voir le jeune Caziel flirter avec sa maîtresse, Françoise Gilot. Ce portrait n’est pas à vendre, mais d’autres œuvres de Caziel sont disponibles à l’achat." 

Nice to know? Le 20 décembre 2020, Mibus et Fermon sont arrivés en Belgique, juste avant la fermeture de la frontière britannique. Depuis lors, ils vivent et travaillent dans notre pays pour préparer la Brafa.

Temps fort à la Brafa? "Lorsque la Fondation Roi Baudouin exposait le tableau ‘Charles au jersey rayé’ d’Henri Evenepoel sur son stand, nous allions le voir tous les jours. Des retrouvailles heureuses avec une œuvre vendue par notre galerie dans les années 90."

Dans un appartement de la rue Dansaert, la galerie Whitford Fine Art présente un portrait de Picasso de l’artiste polonais Caziel. ©Artmedia Press Ltd

Whitford Fine Art, rue Dansaert, 79 à Bruxelles.

4. Triumvirat dans un hôtel particulier XVIIIᵉ

Qui? Arnaud Jaspar Costermans et Cédric Pelgrims de Bigard ont invité deux antiquaires bruxellois dans leur hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle au Sablon: Jean Lemaire (porcelaine européenne et chinoise) et Francis Janssens van der Maelen (argenterie).

Francis Janssens van der Maelen est spécialiste de l’argenterie.

Où? Avec ses 2.000 mètres carrés, Costermans est le plus grand magasin d’antiquités du Sablon. Il a donc largement la place pour inviter quelques collègues et accueillir les clients en toute sécurité.

À voir? "Nous avons des clients communs avec Jean Lemaire, et Francis Janssens van der Maelen apporte une touche moderne à la galerie avec ses pièces Art déco", explique Costermans. Les trois confrères ont décidé d’occuper chacun un espace d’exposition distinct au rez-de-chaussée. Ils ne se mélangent donc que dans la vitrine du Grand Sablon.

Incontournable? Un très rare bureau du XVIIIᵉ siècle en laque japonaise mesurant pas moins de 1,90 mètre de long. "Une pièce muséale d’une importante collection française", explique Costermans. Atypique pour Van der Maelen: son masque du céramiste danois Axel Salto.

Un masque du danois Axel Salto.

Nice to know: Jackie Kennedy a un jour voulu acheter le papier peint du XVIIIᵉ siècle d’un des salons de Costermans. Ce papier avait été fabriqué en Chine spécialement pour l’hôtel, mais la famille a refusé de le lui vendre. Le bâtiment est un monument protégé depuis 2002.

Temps fort à la Brafa? "En termes de ventes, 2020 a été notre meilleure édition. Heureusement, c’était avant le corona. Mon temps fort personnel ? Vendre une fantastique nature morte du peintre baroque anversois Frans Snyders à un collectionneur étranger."

Costermans & Pelgrims de Bigard, Grand Sablon, 5 à Bruxelles.

Brafa at the Galleries a lieu à partir du 27 janvier. Pour le programme complet des 126 expositions temporaires dans 37 villes, veuillez consulter le site www.brafa.art

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