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"Un virage numérique des galeries d'art s'impose"

Caroline De Wolf a rouvert sa galerie, Casa Argentaurum.

Il n’est pas encore possible de se rendre à un vernissage, mais, prudemment, le monde de l’art reprend ses droits. Caroline De Wolf, galeriste de Casa Argentaurum, nous raconte l'impact du coronavirus sur sa vie.

Comment la crise du coronavirus a-t-elle changé votre vie quotidienne?

Tout a commencé ce vendredi 13, jour du vernissage de la nouvelle exposition, "Romantic Activity". C’est le fruit d’une collaboration: le travail de Stand Van Zaken - le projet commun des architectes d’intérieur Doorzon et Theo De Meyer - rencontre les peintures, dessins et installations de Stefanie De Vos. Hélas, il a fallu fermer la galerie à cause du coronavirus. Heureusement, depuis le 11 mai, il est possible de visiter l’exposition sur rendez-vous.

Pensez-vous que cette crise aura un impact durable?

"J’espère que nous nous souviendrons du talent et de la créativité que nous avons ici en Belgique!"
Caroline De Wolf

Le confinement nous a obligés à faire preuve de créativité pour faire fonctionner la galerie et les vernissages. On parlait depuis longtemps déjà d’un virage numérique, mais la crise l’a rendu nettement plus urgent. C’est une façon radicalement différente d’être en contact avec l’art, mais je crois que les galeries classiques ont toujours leur place: il faut expérimenter, toucher et sentir l’art.

Comment avez-vous vécu le confinement?

J’ai eu la chance de pouvoir me consacrer à d’autres projets. Je suis aussi architecte d’intérieur et je travaille sur un projet de cohousing. La galerie a dû être fermée mais, avec les précautions nécessaires, les travaux ont pu continuer.

Avez-vous découvert de nouvelles choses lors du confinement?

J’ai découvert les petites boutiques de mon quartier. Une crise comme celle-ci rapproche les gens, et nous permet de nouer des liens avec les commerçants, de discuter. Pendant le confinement, ils sont presque devenus des psychologues. J’espère que nous nous souviendrons du talent et de la créativité que nous avons ici en Belgique!

Comment s’est passé le travail à domicile?

Très bien. Je vis avec mes trois filles et mon compagnon. Pendant la journée, chacun se consacrait à ses propres projets, pour l’école ou le travail. Le soir, nous pouvions prendre l’air et manger ensemble. Le dîner est devenu un rituel. Nous cuisinions à tour de rôle, et de mieux en mieux!

Pensez-vous que les gens tireront des leçons de cette crise?

J’espère que nous ne nous contenterons pas de revenir au passé. Le monde est sur pause depuis quelques semaines et j’espère que les gens réalisent qu’il est possible de faire autrement.

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