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1.100 francs et 3 brocolis: la bonne affaire d'un passionné de véhicules militaires

La Packard Eight Club Sedan (1950) fait partie de la famille. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: sur la banquette arrière avec Philippe Vanhoof.

"C'est une voiture familiale, pas une voiture de collection." C'est dans le garage de la maison de ses parents, dans laquelle il vit, que Philippe Vanhoof nous montre sa Packard Eight Club Sedan (1950). Sur le mur, on voit une photo de cette voiture garée devant la l'horlogerie-bijouterie de son grand-père et de son père, à Malines.

Philippe Vanhoof
Artiste

Voiture de tous les jours: Dodge RAM (2014).

La première: MGB (1968).

La meilleure: Jeep Cherokee V8 (1979).

La pire: "Aucune, c'est comme les enfants."

Vendue avec regret: Toutes. Le rêve: ambulance Dodge kickdown et GPA Willys

"Mon père en a eu quatre: il achetait toujours le même modèle", explique-t-il. "Les pièces passaient d'une voiture à l'autre. Oui, il la conduisait. Dans les années 1970, ça ne coûtait rien. Elles consommaient beaucoup d'essence, mais il faisait peu de kilomètres. Celle-ci a été sa dernière, et sa voiture du dimanche. J'ai aussi beaucoup de films 8 mm sur lesquels on la voit." Il nous en montre un sur lequel on le voit, à 5 ans, en train de laver la voiture.

"J'y ai aussi passé un nombre incalculable de nuits. Quand nous partions en voyage, je faisais la route de nuit allongé sur la banquette arrière, en pyjama. Je vois encore défiler les lumière des lampadaires, sans savoir où j'étais. À cette époque, les parents laissaient leurs enfants dans la voiture pendant qu'ils étaient au restaurant. Personne ne vole une voiture quand il y a un enfant à l'intérieur. J'ai survécu à tout ça!" (rires)

Malgré quelques petites bosses, la Packard non restaurée est en bon état. "Elle affiche à peine plus de 70.000 kilomètres au compteur. Par contre, j'ai remplacé les pièces en caoutchouc, les soupapes et le système de freinage... Le moteur et l'intérieur sont d'origine. Elle est équipée de l'Ultramatic Drive, une boîte de vitesses automatique conçue par Packard qui fut rapidement abandonnée, car elle était plus grande que le moteur huit cylindres. J'en ai deux en réserve, elles sont devenues pratiquement introuvables."

"Il m'est plus difficile d'avoir un lien avec des voitures plus récentes. Je ne peux pas non plus les bricoler, car elles sont comme des enfants qu'il faut amener chez le docteur pour un oui ou pour un non. Les employés du contrôle technique regardent cette Packard comme une vache un train qui passe: ils ne connaissent rien à la technique.

Je la prends pour aller à des réunions, elle fait 150 kilomètres par an en moyenne. Un terrible impact sur l'environnement, n'est-ce pas? La façon dont on dépeint parfois les amateurs d'ancêtres est scandaleuse. Autre chose: comme il s'agit d'un héritage, je peux, en principe, garder la plaque d'immatriculation d'origine -D. 2946-, mais pas si je l'immatricule en tant qu'ancêtre, car alors elle devrait avoir une plaque O. C'est à n'y rien comprendre."

L'ambulance dans toute sa gloire. ©Thomas Vanhaute

Philippe Vanhoof est un passionné de véhicules militaires. Il a aussi une jeep Willys (1964) et une impressionnante Dodge WC 54 (1942), une ambulance de l'armée américaine. "Autrefois, je la prenais quatre ou cinq fois par an, pour aller dans les Ardennes et en Normandie, où je vais à des réunions pour écouter les vétérans raconter leurs souvenirs. Vous ne pouvez pas imaginer ce que ces gens ont vécu et sacrifié pour tout ce que nous considérons aujourd'hui comme une évidence!

L'intérieur de la Dodge WC 54 (1942), une ambulance de l'armée américaine. ©Thomas Vanhaute

Mon père était un vétéran de la Seconde Guerre mondiale. Et mon grand-père avait connu les deux guerres. Il y a une quinzaine d'années, j'ai échangé avec un collectionneur une des Packard contre l'ambulance, la meilleure affaire de ma vie! Je l'ai complètement restaurée. J'en ai un deuxième exemplaire de 1943, identique, qui vient de mon voisin, Jean-Paul."

"Je voulais que ma première voiture soit quelque chose de beau plutôt qu'utile. J'ai donc acheté une MGB pourrie. Pour le bricolage, je m'adressais à mon oncle, jusqu'au jour où il en a eu assez. Jean-Paul a pris le relais: il m'a tout appris sur la mécanique et nous sommes devenus amis. Ensuite, j'ai eu un petit camion Opel Blitz.

Je devais faire mon service militaire, et avec ma petite MGB décapotable, c'était plutôt difficile. Je l'ai trouvé chez un marchand de légumes: il m'a coûté 1.100 francs de l'époque, et j'ai reçu trois brocolis en prime! Mon père était contre cet achat, alors je lui ai dit que j'avais acheté les trois brocolis et que le marchand m'avait offert le Blitz. Je l'ai restauré et, à la caserne, il était entretenu par des militaires."

La Packard Eight Club Sedan (1948) avait été spécialement aménagée pour un ambassadeur au Congo qui ne l'a finalement pas achetée. Aujourd'hui, la voiture de sa grand-mère trouve place dans le jardin. ©Thomas Vanhaute

Dans son jardin, se trouve un Opel Blitz (1956) et une épave de Packard Eight Club Sedan (1948). "Elle a été achetée neuve par ma grand-mère. Elle avait été spécialement aménagée pour un ambassadeur au Congo qui ne l'a finalement pas achetée." Les voitures sont visibles par la fenêtre du salon. "J'aime les regarder. Je voulais les accrocher dans les arbres."

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