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150 ancêtres dans un garage

Jacques Le Couter et deux de ses merveilles: à gauche, la 328 Roadster (1938) et, à droite, la 327 Coupé (1940). ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: le chef d’œuvre de Jacques Le Couter.

Jacques Le Couter (74 ans) a réuni la passion de sa vie dans une annexe, à l’arrière de sa concession BMW à Tielt. Jusqu’à présent, seul le journaliste de BMW Magazine, pour le centenaire de la marque en 2016, y a été admis, et il n’en croyait pas ses yeux. "Mon père a commencé par une concession de motos Gillet",précise-t-il en montrant une Tour du Monde (1926).

"En 1955, il est devenu concessionnaire BMW et, dix ans plus tard, j’ai repris le flambeau. À l’époque, j’avais une BMW 700 Cabriolet (1965). Et c’est cette 2000 Coupé (1967) que nous avons choisie pour notre mariage, en 1970. Et une Isetta 300 (1954), le modèle compact de BMW dont la porte s’ouvre comme celle d’un frigo, circulait dans la salle des fêtes. Après l’Isetta, il y a eu la 600 (1965) et la série 700, qui a sauvé le constructeur."

La BMW 501 Cabrio (1956), un modèle de luxe. ©Thomas Vanhaute

Il possède la 501 en version six cylindres (1954) et avec moteur V8 (1951). Nous passons devant une 503 Cabriolet (1956) et une Coupé (1959), respectivement construites à 139 et 273 exemplaires. Cette dernière arbore l’autocollant de la taxe de circulation à Rome pour l’année 1959 ainsi que la plaque d’immatriculation d’origine.

"J’ai fait une première offre en Italie, qui avait été refusée", se souvient le collectionneur. "Mais, quand j’ai revu la voiture à un salon, je l’ai réitérée et elle a été acceptée. J’ai acheté le cabriolet à Berlin. Après cette transaction, le montant me rendait tellement malade que je suis allé chez le médecin pour faire un check-up. Mais bon, c’est quand même une des beautés des années 50!"

La 700LS Coupé (1965) était une BMW accessible. ©Thomas Vanhaute

Au-dessus d’un exemplaire rouge vif de la 503 Coupé (1956) trône une affiche de la 507, construite à 254 exemplaires. "Les voitures prennent de plus en plus de valeur avec les années, et nous de moins en moins! Dans les années 80, j’avais déjà 25 voitures anciennes. Je les ai toutes revendues d’un coup pour investir dans mon nouveau garage."

Depuis, les pertes ont été largement compensées: presque tous les grands classiques de la marque sont là. "Si je devais n’en garder qu’une, ce serait la 328 Roadster (1938). Au terme d’années de recherches, je l’ai trouvée chez un collectionneur bruxellois: je me la suis offerte pour mes 70 ans. Dans la seconde moitié des années trente, c’était la voiture qu’il fallait battre, aux Mille Miglia notamment. Pour l’époque, c’était une machine super fiable et bien propulsée. Elle a paradé au Grand Prix de Zoute, avec la 327 Coupé (1940) et la 327 Cabriolet (1938)."

La 501 (1954) a été la première BMW d’après guerre. ©Thomas Vanhaute

Et voici les années 70, avec la Turbo 2002 (1974) et la 3.0 CSL (1973). "Régulièrement, nous prenons la route pour aller acheter une voiture, et ça peut nous mener loin! Un jour, nous avons parcouru 1.680 kilomètres pour aller voir une M1 Procar, mais nous ne l’avons finalement pas achetée: elle n’était pas propre. J’ai offert la version routière à mon fils et à ma fille, dont une des deux avec seulement 15.000 kilomètres au compteur."

"Après avoir acheté la BMW 503 Cabriolet (1956), le montant que j’avais payé me rendait tellement malade que je suis allé chez le médecin pour faire un check-up!"

"Si, à l’époque, j’avais su ce que je sais aujourd’hui, j’en aurais acheté plus! Elle n’a été construite qu’à 400 exemplaires et la nouvelle version de la routière coûtait environ 30.000 euros alors qu’aujourd’hui, elle en vaut 600.000. Et les versions de compétition valent encore plus!" Il espère que ses enfants garderont les leurs. D’ailleurs, c’est exactement ce que son fils a l’intention de faire: "Quand j’étais petit, j’admirais cette voiture. Elle a été lancée en 1979, l’année de ma naissance. J’ai une photo de moi bébé, juché sur le capot."

Un peu plus loin, nous découvrons les F1 des années 80, dont celles de Gerhard Berger et de notre compatriote Thierry Boutsen. Ce qu’il y a d’intéressant avec cette collection, c’est qu’elle compte aussi de nombreuses BMW plus ordinaires, des séries 3, 5 et 7.

L’intérieur de la BMW 503 Cabriolet (1957). ©Thomas Vanhaute

"J’en ai vendu beaucoup, des voitures neuves évidemment. J’assurais leur entretien et, ensuite, je les rachetais", précise le retraité. "Comme cette 325 iX (1987), la première BMW à quatre roues motrices. Le parrain de mon fils a conduit la 518 automatique (1979). Et celle-ci porte le numéro 98 sur les 100 exemplaires de la 320i Cabriolet (1998), produits pour le centenaire du peintre René Magritte. Elle n’a jamais été vendue et n’affiche que 400 kilomètres au compteur. Quand ma fille a obtenu son diplôme universitaire, je lui ai offert une Z1 (1991)."

Au rez-de-chaussée se trouvent des dizaines d’exemplaires, en double ou en triple, dont cinq 850. Perdue au milieu des BMW, une Ferrari 308 GTB (1980). Et une Rolls-Royce Phantom Drophead (2008). "Celle-ci est équipée d’un moteur BMW V12. Nous ne la prenons que quelques fois par an."

Jacques Le Couter
Ex-concessionnaire BMW.
La première:
BMW 700 Cabriolet (1965).
La meilleure:
BMW M1 (1981).
Vendue avec regret:
BMW 3.0 CSL Batmobile (1973).
Le rêve:
BMW 507.

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