sabato

"En 1968, j'ai trouvé une voiture de course d'avant guerre à Knokke, elle vaut une fortune aujourd'hui"

Devant la porte de son garage, la Citroën 2CV Spéciale (1980) en parfait état et non restaurée. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: les voitures belles comme des pin-ups de Ronny Westeyn.

Dans le garage d'un amoureux de voitures, on trouve bien plus que des voitures! La collection d'outils de Ronny Westeyn (73 ans) est fixée au mur. Au-dessus, des bacs remplis de pièces étiquetées pour s'y retrouver; plus loin, des trophées, des centaines de magazines soigneusement époussetés, des posters de voitures et de pin-ups épinglées sur les murs.

On pourrait manger à même l'établi. C'est clair, c'est un homme méticuleux qui bricole ici. "Je nettoie autant que je travaille!", reconnaît-il, en ajoutant une bûche dans le poêle. "Même quand je travaille sur une voiture, il m'arrive d'arrêter tout pour la nettoyer."

Le bois du tableau de bord de la MG TD Midget (1950) a été remplacé par un ami menuisier. ©Thomas Vanhaute

"J'ai ma MG TD Midget (1950) depuis 27 ans. J'y ai déjà travaillé 3.000 heures: elle est au top." Une plaquette dans le compartiment moteur rappelle que cette voiture a bénéficié d'une seconde vie durant l'hiver 1992-1993. "C'est alors qu'elle a été prête. Je l'avais faite venir du Nevada quelques années plus tôt. L'état général était bon, mais quand elle est arrivée ici, j'ai passé tout un hiver dans mon garage.

Une fois qu'on commence, ça devient une drogue! Le moteur d'origine a été complètement ouvert, révisé et poli. Sur le radiateur, on voit bien le nickel d'origine. La boîte de vitesses aussi est d'origine. Beaucoup la remplacent par une boîte cinq vitesses; pas moi."

©Thomas Vanhaute

"La carrosserie est ultra solide. Elle est, en grande partie, faite de bois de frêne finement plaqué", explique Westeyn en la tapotant du dos des doigts. "Je n'ai pratiquement rien dû changer, mais il y avait tout de même quelques petites choses à faire.

Au départ, je voulais tout faire moi-même. J'ai apporté des pièces de la carrosserie au cours du soir, où de jeunes gars m'ont aidé en échange de repas à la cantine. Mais la carrosserie, ça ne s'apprend pas en quelques années. Ensuite, elle a été prise en main par un spécialiste: 25 ans plus tard, sa peinture est toujours nickel! Le bois du tableau de bord a été remplacé par un ami menuisier."

"Regardez, il y a un compte-tours alimenté par une dynamo", indique-t-il. "Il est très précis: comparé à une version électronique, la différence est de moins de cent tours. Il n'y a pas de niveau de carburant, mais une simple jauge. Elle consomme environ onze litres."

Ronny Westeyn
Mécanicien automobile à la retraite

La première: Opel Kadett A (vers 1965).

Voiture de tous les jours: Mercedes A 150 (2010).

La meilleure: Mercedes 200 SLK (2000).

La pire: Aucune. Vendue avec regret: Maserati 4CM 1500.

"Depuis sa restauration, j'ai fait un peu moins de 20.000 miles. Quand il fait beau, je vais chez des copains, dans la région. Et quand il fait très chaud, je rabats le pare-brise: on a l'impression de conduire une moto! Les premières années, on allait souvent en Angleterre. Je portais un casque et des lunettes de course: quand on va nager, on met bien un maillot de bain!"

Westeyn a une formation de technicien automobile. "Un de mes meilleurs copains était fils de garagiste. Dans les années 70, on fabriquait nos propres buggies et on préparait des voitures pour la course. En 1968, c'est avec lui que j'ai trouvé, dans un box, à Knokke, une Maserati 4CM 1500, une voiture de course d'avant-guerre.

Elle était là depuis des années, abandonnée par un fils à papa et la police l'avait évacuée. On a pu l'acheter pour 35.000 francs. On voulait aussi en faire un buggy, mais, finalement, on l'a revendue un an plus tard pour 65.000 francs. Aujourd'hui, elle vaut une fortune. Je pense que c'est elle que j'ai vu rouler sur le circuit de Zandvoort, il y a dix ans."

Aujourd'hui, Westeyn a aussi une Citroën 2CV Spéciale (1980) en parfait état et non restaurée, en première peinture. "Je l'ai achetée il y a cinq ans à sa première propriétaire, une infirmière de 75 ans. Elle avait 30.364 kilomètres au compteur. J'ai vérifié les documents d'entretien et ce chiffre était exact.

En 1968, avec un copain, j'ai trouvé, dans un box, à Knokke, une Maserati 4CM 1500, une voiture de course d'avant-guerre. Aujourd'hui, elle vaut une fortune.

Elle devait aller à l'entretien tous les 2.500 kilomètres et sa propriétaire respectait scrupuleusement cette consigne du constructeur. Elle était au courant des prix du marché et m'a demandé 7.000 euros. C'est raisonnable, quand on voit ce qu'on paie de nos jours pour une bonne 2CV. Une fois rentré chez moi, je l'ai mise au-dessus de ma fosse: elle était comme neuve.

Maintenant, elle affiche 56.721 kilomètres au compteur. Je ne la ménage pas. C'est une petite voiture très agréable dont personne n'est jaloux. La conduire décapotée, c'est vraiment top. Et les "deuches" tiennent magnifiquement bien la route, impossible de les faire dévier."

"La MG m'a coûté 15.000 euros à l'époque, transport compris. Si j'avais raisonné en investisseur averti, j'aurais dû acheter une Mercedes 190 SL ou une Porsche. À l'époque, elles ne coûtaient pas plus cher. Mais je voulais quelque chose qui ait à peu près mon âge."
Le moteur a été entièrement poli.

Lire également

Publicité
Publicité