sabato

"J'ai rencontré beaucoup de gens grâce à cette voiture"

Marc Van der Stricht naast zijn Aston Martin DB4 uit 1962 in de kleur 'Elusive Blue'. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: la passion de Marc Van der Stricht.

"Je n'ai que deux voitures", avoue Marc Van der Stricht (74 ans). Peu importe la quantité, elles sont magnifiques, fruit de la passion de cet architecte pour l'automobile. Nous nous rendons au hangar de Leeuw-Saint-Pierre à bord de sa Chrysler Windsor Highlander (1949), avec 20.474 miles au compteur.

Chrysler Windsor Highlander (1949), in eerste lak. ©Thomas Vanhaute

"Quand je l'ai achetée, il y a huit ans, elle en avait 14.000; depuis, elle fait 1.500 kilomètres par an. C'est difficile d'échapper à la pluie en Belgique et j'évite la neige et le sel d'épandage et, en été, elle est décapotée. Son premier propriétaire était un militaire qui n'était pas revenu du Vietnam, du coup elle a changé de propriétaire, aussi un autre Américain, pour finir enfin en Floride, chez un Canadien, à qui je l'ai achetée.

J'ai demandé beaucoup d'informations et ce kilométrage s'est avéré exact. Quand elle est arrivée ici, elle avait encore sa roue de secours de 1949, dure comme du bois. La voiture a toujours sa peinture d'origine et, une fois par an, je la cire. Je ne participe pas souvent à des concours ou des rallyes: me lever à six heures du matin le dimanche, ce n'est pas mon truc. Il y a deux ans, elle a pourtant remporté le premier prix lors d'une exposition, à Autoworld."

Mécaniquement, elle est à moitié restaurée, les sièges et le capot sont neufs. Le tableau de bord est rutilant. "Avec le soleil dans le dos, ces chromes sont magnifiques", sourit-il. Il nous montre un catalogue de 1950. À l'époque, elle coûtait 23.220 marks. À l'arrière, on peut lire l'inscription 'Fluid Drive': même près de 70 ans plus tard, cette voiture semi-automatique six cylindres est ultra douce, extrêmement confortable et les freins fonctionnent à merveille.

"En 1926, Chrysler a été la première à être équipée de freins hydrauliques sur les quatre roues."

Aston Martin DB4 (1962) en 'Elusive Blue' ©Thomas Vanhaute

L'architecte est originaire de Gand, où sa famille tenait la brasserie Excelsior. "Dans notre famille, on n'avait que des voitures américaines. Pendant près d'un demi-siècle, j'ai conduit des vieilles américaines. En 1973, pour mon mariage, mon frère Patrick m'a prêté sa Cadillac. Elle consommait 28 litres et son réservoir pouvait en contenir 150!

Depuis, j'en ai eu une bonne cinquantaine. C'est au volant de la Chrysler Royal Station Wagon que j'ai fait un voyage mémorable: à bord de ce break, il y avait mon épouse, trois de nos amies et 15 enfants!"

Dans le hangar, il retire la bâche qui recouvre son Aston Martin DB4 (1962). Waouh, quelle voiture! Et quelle couleur! C'est le 'Elusive blue', précise-t-il. Cette merveille a été à restaurée à moitié. Il détaille: "Peinture neuve, cuir neuf, réparations mécaniques, mais, bon, elle n'est pas en état de concours. J'ai rencontré beaucoup de gens grâce à cette voiture. Je l'ai achetée en 1982 à un collectionneur de Ferrari. Depuis, j'ai parcouru plus de 80.000 kilomètres.

À cette époque, Aston Martin avait pratiquement disparu de la circulation. Le club belge comptait une dizaine de membres, nous étions comme une société secrète. Aujourd'hui, nous sommes une centaine et il y a une structure juridique, un président et tout ce qui s'ensuit."

Marc Van der Stricht 
Architecte

Voiture de tous les jours: Mini Cooper S Clubman (2018).

La première: Simca Aronde P60 Montlhéry (1962).

La meilleure: Jeep Wagoneer V8 (1982). La pire: Jeep Wagoneer 2.5 (1984).

Vendue avec regret: Chrysler C-300 (1955). Marc Van der Stricht et son Aston Martin DB4 (1962) en 'Elusive Blue'. La Chrysler Windsor Highlander (1949) a gardé sa peinture d'origine. 

"Ma passion pour Aston Martin a commencé en 1971, quand j'ai voulu vendre ma Chrysler Imperial Convertible (1959). Quelqu'un m'a alors proposé de l'échanger. J'ai conduit la Chrysler en Angleterre et je suis revenu avec une Aston Martin DB2/4 (1955). Une super affaire!"

On découvre que l'architecte a deux autres voitures de plus qu'annoncé: "La Jeep Cherokee 4.0 (1990) a été ma voiture de tous les jours, mais à cause de la législation sur les zones de faible émission, il faudra que je la remise."

"La Muntz Jet (1953) est presque en état de marche. Entre 1949 et 1954, le marchand américain d'électronique et de voitures d'occasion Earl 'Madman' Muntz en se basant sur la Kurtis Sports Car en a construit un petit 200 exemplaires. Elle était très chère et il n'en a quasi pas vendues.

En 1954, six ont été exposées au Salon de l'auto de Bruxelles; je me suis promis d'en acheter une. Mais elles ont disparu de la circulation et puis, j'ai trouvé celle-ci est au Portugal. Officiellement, j'en suis le propriétaire, mais en fait, elle est à mon frère et moi."

La Muntz Jet (1953) est un modèle de connaisseur. ©Thomas Vanhaute

Lire également

Publicité
Publicité