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Acheté sur eBay: une Jaguar E-Type de 1967

La Jaguar Type E (1967), "en super bon état." ©Thomas Vanhaute

"La voiture que je préfère n'est pas là pour le moment, à cause d'un accident: c'est la MGA de mon père dans laquelle j'ai quitté la maternité. Il l'a conduite pendant 13 ans. J'ai commencé à la restaurer à 15 ans. Je voulais qu'elle soit prête pour mes 18 ans, mais il a fallu 2 ans de plus. Ça fait 26 ans que je la conduis. C'est une des MGA les plus authentiques que l'on puisse trouver."

Hendrik Stockman (46 ans) ouvre une des portes de l'ex-remise: une merveilleuse Rover P6 apparaît. "Mon père l'a achetée neuve en 1974. C'est la première voiture que j'ai conduite." Il me montre des photos de la restauration. "Regardez: ici, elle est démontée jusqu'à la dernière vis. Au départ, je voulais m'attaquer à l'Opel 1,2L (1931), mais, finalement, c'est celle-ci qui a eu la priorité. Je l'ai mise à nu, j'ai soudé des pièces, je lui ai donné un bain d'acide, j'ai passé une première et une seconde couche, réparé les vieux sièges... Ce fut une restauration coûteuse: je voulais en faire ma voiture de tous les jours -même si je me rends au travail en train. Sa valeur économique est inférieure à ce que j'y ai consacré, mais c'est une sorte d'étude. L'homologation a été un chemin de croix parce que les documents du véhicule avaient été perdus. Il y a un mois, j'ai enfin pu la conduire."

J'ai acheté la Jaguar Type E (1967) l'année dernière sur eBay. C'est l'un des derniers exemplaires de la première série, avec les anciens phares.
Hendrik Stockman

Le clou de sa collection est la Armstrong Siddeley (1953). "Elle a appartenu à la famille qui dirigeait la Brasserie Liefmans. Mon père l'a achetée à un ferrailleur en 64. Il était modéliste et raffolait des belles voitures, mais il ne s'y connaissait pas vraiment en mécanique. La voiture est restée 30 ans dans son atelier. Quand j'ai démonté un garde-boue, il s'est fâché. Il la trouvait belle comme elle était et il ne voulait pas que je la démonte. Mais l'inévitable est arrivé: j'y ai travaillé pendant 13 ans. L'intérieur est d'origine. J'ai passé dix couches de vernis sur le bois massif avec placage. Elle m'a valu plusieurs prix."

Sans conteste, la Armstrong Siddeley (1953) a une longue histoire. ©Thomas Vanhaute

"Armstrong Siddeley a été racheté en 1966 par Rolls-Royce, qui a ensuite arrêté la production. En 1973, le club de la marque au Royaume-Uni a acheté le stock de pièces de rechange et l'ensemble des archives. C'est ce qui m'a permis de savoir que je possède un exemplaire spécial: le seul prototype du cabriolet Sapphire construit par la marque belge Minerva. Comme les portières avant de ces voitures s'ouvraient, ils ont mis un toit. À l'origine, c'était une 4-light, puis un cabriolet et, ensuite, ils en ont fait une 6-light. Elle a été grise, puis bleu clair et maintenant, grise et bleue. J'ai acheté la Jaguar Type E (1967), l'année dernière sur eBay. C'est l'un des derniers exemplaires de la première série, avec les anciens phares. Les connaisseurs de la série 1.25 savent qu'elle est très rare. Elle n'en a pas l'air, mais elle est en excellent état. L'intérieur est mort, mais on peut acheter un kit et l'installer soi-même. Elle est restée pendant 20 ans dans un hangar à Las Vegas. Le moteur et la boîte de vitesse avaient déjà été restaurés. Quand elle est arrivée ici, j'ai fait le plein et j'ai mis une batterie. Au second tour de la clé de contact, elle a démarré. J'ai déjà un peu débosselé le plancher, décapé l'enduit du nez, soudé les trous et restauré la forme. J'espère qu'elle sera prête dans trois ans, mais ça peut en prendre cinq."

Voiture de tous les jours: Rover P6 (1974).
La première: Coccinelle Volkswagen (1973).
La meilleure: Rover 620sd.
Vendue avec regret: Aucune.
Le rêve: Une Dion-Bouton ou une Bugatti.

À l'étage, il y a son atelier. Stockman travaille avec des moyens rudimentaires, mais avec ses talents d'ingénieur. "J'ai réalisé ma propre cabine de sablage, ainsi qu'une construction pour faire tourner les voitures autour de leur axe. Petit à petit, j'ai appris à souder, décaper les enduits, restaurer la sellerie, nettoyer le cuir, l'assouplir et le teinter, fabriquer des pièces de rechange,... Il n'y a que la révision que je ne fasse pas: ça nécessite une machinerie trop lourde."

Il y a également une Donor Rover et une Coccinelle (1973). "Mon grand-père me l'a offerte pour mes 11 ans. Mon cousin et moi avions l'intention d'en faire une voiture de F1. C'est lorsque ça a échoué que l'idée de la restaurer nous est venue."

La Coccinelle (1973), un cadeau de son grand-père. ©Thomas Vanhaute

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