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"Alfa Romeo, c'est un virus dangereux!"

Koen Elsen et son ancien agent Willy Frederickx sont fou amoureux d'Alfa Romeo.

Le collectionneur de voitures Koen Elsen nous emmène dans une station-service à l'ancienne, là où il s'est fait contaminer par le virus Alfa Romeo. Et il nous y présente son ancien propriétaire, également atteint par le virus.

Koen Elsen Gérant d’Achilles Design. 

Voiture de tous les jours: Audi Q7 e-tron (2018). 
La première: Alfa Romeo Spider (1990). 
La moins fiable: Alfa Romeo 33 Sportwagon (1994). 
Vendue à regret: Alfa Romeo Brera 2.4 JTDM (2010). 
Le rêve: Alfa Romeo Giulia Sprint Speciale.

Plutôt que de nous accueillir dans son garage, Koen Elsen nous emmène là où il a acheté sa première Alfa Romeo. “Je suis né à quelques centaines de mètres d’ici et j’y vis toujours”, explique-t-il. “Mes parents venaient faire le plein dans cette station-service et il y avait toujours des Alfa Romeo, et même des voitures de course.”

“Beaucoup de gens ne savaient même pas dévisser le bouchon de leur réservoir!”, s’exclame Willy Frederickx (76 ans), ancien agent Alfa Romeo à Scherpenheuvel-Zichem. Il vit toujours ici, mais a cessé ses activités commerciales en 2002. “J’ai repris la station-service en mars 1967. Le bâtiment avait été construit au début des années soixante, pour Gulf. La tour servait d’enseigne lumineuse pour que la station soit visible de loin.”

"Je viens d’acheter cette Giulia Super de 1965, l’année de ma naissance. Ma fille dit que je fais ma ‘midlife crisis’!"
Koen Elsen

Et il montre des photos du début des années 70, avec son fils Gerry sur le capot d’une Alfa Romeo. “Comme je devais gagner ma vie, je travaillais aussi un peu sur des Mercedes!” ajoute-t-il en riant. “Les propriétaires de Mercedes étaient des clients et les Alfistes, des amis."

"Les propriétaires de Mercedes étaient des clients et les Alfistes, des amis", explique Willy Frederickx.

“Alfa Romeo, c’est un virus dangereux!”, déclare-t-il. “J’ai été contaminé à Francorchamps, où j’allais donner un coup de main lors des courses. C’est comme ça que je suis devenu agent. Ma première Alfa était une 1750 Berlina Rosso Amaranto et habitacle en skaï noir. Elle coûtait 185.000 francs en 1970. Une Coccinelle coûtait 63.000 francs. À l’époque, un boucher du coin avait acheté une Porsche pour 200.000 francs. Il l’a gardée quinze ans et a récupéré son argent. Par contre, mon Alpha était bonne pour la décharge!”

La Giulia Super (1965) couleur Acqua di Fonte.

Alfa Romeo Spider

C’est ici que Koen Elsen a acheté une Alfa Romeo Spider flambant neuve, en 1990. Et il l’a toujours. “C’était ma première voiture. Passionné comme j’étais par l’Italie, je suis directement allé travailler à Milan après mes études. Je l’ai achetée quand je suis revenu en Belgique et que j’ai commencé à travailler ici comme designer free-lance. Elle a 129.000 kilomètres au compteur. Elle est d’origine, sauf le petit volant Momo. Nous allons bientôt faire un voyage exploratoire: aller de Scherpenheuvel-Zichem à Ostende en deux jours, sans prendre les autoroutes, mais avec une carte!”

Il montre ses deux petits bijoux. “L’année dernière, j’ai acheté la Giulia Sprint GT (1964 -année de naissance de mon épouse) dans la couleur Azzurro Spazio. Elle a été conçue par Giorgetto Giugiaro, qui a commencé à travailler pour le Fiat Special Vehicles Styling Center à 17 ans!"

La Giulia Sprint GT (1964) couleur Azzurro Spazio.

Giulia Super

"Je viens d’acheter cette Giulia Super couleur Acqua di Fonte: elle est de 1965, l’année de ma naissance. Ma fille dit que je fais ma ‘midlife crisis’. Ces deux achats compensent la perte de mon Alfa Brera: cette voiture me manque énormément. Ensuite, l’authentique esprit Alfa a disparu et je suis passé à Volvo et Audi pour mes voitures de tous les jours. Mais mon amour est resté vif. En Italie, on appelle ce type d’ancêtre une ‘lucidata’ (une ‘polie’), à ne pas confondre avec une ‘restaurata’ (une ‘restaurée’). Elles ont été bien soignées et l’état d’origine a été conservé. La peinture a été renouvelée il y a une dizaine d’années.”

Le vrai plaisir de conduire au volant de la Giulia Super (1965).

“Dans les salons, on voit souvent des cadavres maquillés, des voitures dont le mauvais état est camouflé”, explique l’ex-concessionnaire, Willy Frederickx. Le père et le fils, Gerry, ont gardé une série d’Alfa qu’ils ont achetées neuves et dont ils ne parviennent pas à se séparer. Ils ont aussi une Giulia Super (1965).

La Giulia Super (1965) couleur Acqua di Fonte.

“Rectification”, précise Gerry. “C’est celle de Giulia, ma fille. Nous l’avons achetée à Naples en 2006, un an après sa naissance, et nous sommes rentrés à la maison en deux jours. Cette voiture est pratiquement intacte. Sur l’intérieur des portières se trouvait encore le film protecteur de l’époque où la voiture avait été livrée à son premier propriétaire! Le film du siège était plein de trous: nous l’avons enlevé.”

La Giulia Super (1965).

Sa fille regarde sa voiture avec amour. Non, elle ne l’a pas encore conduite. “C’est ce que Gerry et moi faisions à son âge!”, s’exclame Koen en riant. “À Averbode, à la Pentecôte, il y avait toujours un show automobile de bienfaisance, auquel nous participions avec quelques voitures de Willy.”

La Giulia Super (1965) de Giulia Frederickx (14 ans).

“Certains qualifient la Giulia Super de caisse à oranges, mais ils oublient que Alfa Romeo faisait figure de pionnier en matière de tunnels aérodynamiques. D’ailleurs, la carrosserie compte de nombreux éléments aérodynamiques”, précise Gerry. “En réalité, elle est plus aérodynamique qu’une Porsche.”

L’évolution récente d’Alfa Romeo leur fait mal au cœur. “Dans la classe ‘luxe hybride’, on ne s’y retrouve plus. En voitures électriques, ils ne sont nulle part. Si on veut être écolo, on est donc presque obligé d’acheter une vilaine voiture!” (rires).

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