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Apal: ces bolides belges trop peu connus

Patrick Van Remoortel auprès de son Apal Coupé (1961): le patrimoine belge dans toute sa splendeur. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: le patrimoine belge chez Patrick Van Remoortel.

"Après ma pension, je ne voulais plus entendre parler de voitures et je me suis mis au golf. Ça n'a pas donné grand-chose. Mais après avoir participé au Zoute Rally avec la Porsche d'un ami, en 2011, je me suis tout de même remis à la chasse aux classiques."

Porsche 356B 1600 Super 90 Roadster (1961) ©Thomas Vanhaute

Patrick Van Remoortel nous emmène dans sa remise. "Après des mois de négociations, j'ai acheté la 356B 1600 Super 90 Roadster (1961) du président du club Porsche français. J'ai appris par la suite qu'il s'agissait d'un exemplaire rare, construit par le Belge D'Ieteren. Il n'y en a que cinq en Belgique. Ce vendeur ne le savait pas non plus. Oui, c'était une bonne affaire. 'Reste calme!', me suis-je dit en apprenant sa valeur."

"Pendant les rallyes, je suis assez compétitif. Une fois, je me suis retrouvé dans le canal. J'ai donc cherché une alternative et c'est ainsi que j'ai découvert Apal, l'abréviation d'Application Polyester Armé Liège. Il en existe de nombreux modèles, mais la plupart des Flamands ne connaissent que les buggies, qui ont été construits à plus de 5.000 exemplaires. Les Wallons connaissent mieux la marque."

Sur le chemin de son hangar, il nous montre le livre 'Apal, le défi liégeois'. "Edmond Pery, l'initiateur de la marque, est un homme particulier, fantasque mais très créatif. Il a maintenant 87 ans et vit dans une maison de repos. Il a écrit l'histoire!

Professeur de tôlerie, il s'est mis à transformer des voitures dans les années 50, après quoi il en a développé lui-même, souvent sur la base de la technologie Volkswagen (grâce à l'importateur Roland D'Ieteren) et avec une carrosserie en polyester renforcé. Lors des Liège-Sofia-Liège, elles pouvaient rivaliser avec les Porsche.

Pery subvient à ses besoins avec la production de baignoires. "En 1969, un incendie ravage l'usine de Blegny avec les archives. Selon la légende, il y aurait encore des pièces enfouies dans le sol. L'usine reconstruite est toujours là, mais n'est plus en activité depuis longtemps. Au décès de Pery, la valeur des voitures va exploser, je pense. Aujourd'hui, la marque est encore relativement méconnue."

Apal Coupé ©Thomas Vanhaute

Le look de l'Apal Coupé s'inspire clairement de la Porsche Carrera Abarth. "Entre 1961 et 1964, environ 150 exemplaires ont été construits sur la base du châssis de la Coccinelle", explique Van Remoortel. "Les plus rapides avaient un moteur Porsche. À mon avis, il doit en rester 25."

Son spécimen bleu et blanc se trouve encore sur une remorque. "Je reviens tout juste du rallye d'Ypres. Nous avons terminé 3èmes dans notre catégorie et 9èmes au classement général." Son deuxième exemplaire est quant à lui impeccable, destiné aux concours d'élégance.

Apal Horizon (1968) ©Thomas Vanhaute

Van Remoortel possède également deux des dix exemplaires construits de l'Horizon (1968) au design radical. "J'ai trouvé la deuxième chez Pery. Il la restaurait dans son atelier, en fauteuil roulant -qu'il avait également ingénieusement aménagé pour lui permettre de monter et descendre de la voiture.

J'ai vite récupéré mon acompte: il avait déjà promis la voiture à la maison de ventes aux enchères Bonhams. La voiture a été vendue au Grand Palais à Paris, à un Portugais qui l'a remise en vente peu après. Ce n'est pas une voiture destinée à la conduite. Elle sert uniquement pour les réunions et n'a été immatriculée qu'en 2016."

Patrick Van Remoortel
Ancien propriétaire du groupe de garagistes anversois Rietje, aujourd'hui importateur de la mini voiture électrique Birò.

Voiture de tous les jours: Audi Q8 50 TDI Quattro (2018).

La première: Volkswagen Coccinelle Cabriolet (1979).

Vendue avec regret: "Ma collection de vingt belles Coccinelles."

Le rêve: Porsche Carrera Abarth GTL.

 

Une autre curiosité est l'Apal Francorchamps (1985), dans laquelle on reconnaît l'intérieur de la Mercedes 190. "Par l'intermédiaire du légendaire constructeur automobile John Zachary DeLorean, Pery a rencontré un concessionnaire Mercedes américain qui souhaitait lancer sa propre voiture, basée sur la mécanique de la 190E.

Un marché a été conclu pour cent exemplaires. La voiture a été présentée lors du Grand Prix de Francorchamps en 1985, mais le dollar s'est effondré et elle est devenue beaucoup trop chère à produire. Seuls trois exemplaires ont vu le jour, au départ de Mercedes accidentées: une destinée à un crash test, une blanche et ma grise. Celle-ci est homologuée et approuvée. J'ai toute la documentation!", déclare-t-il tout en nous montrant les croquis originaux au crayon.

L'Apal Speedster (1982) en restauration, enfin, est une réplique de la Porsche éponyme. Environ 700 exemplaires ont été construits et homologués entre 1981 et la fin d'Apal, à la fin des années 90.

Le reste de la collection rappelle son passé de concessionnaire. "La Coccinelle Cabriolet (1979) a été la première voiture que j'ai achetée neuve. Elle a 40.000 kilomètres au compteur." Il y a aussi une Golf I 1.1 bleu ciel (1975, 58.000 km) et une Skoda Octavia Type 985 (1960, 50.000 km). Et puis la Porsche 912, en double exemplaire (1966, 1968). "La première, je l'ai achetée à la naissance de mon fils aîné, en 1988. Elle n'a été terminée que récemment."

Il attend un bon moment avant de retirer la bâche qui cache la pièce maîtresse, une Bentley Continental GTC (2008). "Celle-ci, je l'ai en fait achetée pour le service de Bentley. Elle a 19.000 kilomètres au compteur. Elle reste chic mais, contrairement à une ancêtre, suscite parfois aussi un peu de jalousie."

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