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Après la musique et la mode, le clan de Stromae dessine une Mini

©Alexander D'Hiet

Pour convaincre Paul Van Haver (Stromae), son épouse Coralie et son frère Luc de réinterpréter la Mini, il a fallu leur apporter des garanties en termes d'écologie et d'élégance.

Deux voitures sous une bâche noire qui ressemble à du velours. Seule leur silhouette est visible, reconnaissable entre mille: ce sont des Mini. Dans l’autre coin, trois personnes: une femme, Coralie, et deux frères, Luc et Paul Van Haver, aka Stromae. Pour ce projet autour de la Mini, ils font tout ensemble, même les portraits. Les grandes lignes de l’entretien sont également claires. Car mosaert (leur label créatif) est une anagramme et non le synonyme de Stromae.

“L’effet Stromae entre parfois en jeu lorsque nous recevons une demande de collaboration”, déclare Paul Van Haver. “Ils me veulent avec une montre ou dans une voiture. Toutes les marques ne comprennent pas que Stromae est une partie de mosaert. Une collaboration avec mosaert n’est pas seulement une collaboration avec Stromae. Ici, il s’agit d’un projet créatif. Nous avons trouvé ça flatteur.”

Collaboration électrique

Reprenons les faits: Mini x mosaert, ce sont 400 voitures dotées d’une touche spéciale qui sortiront de la chaîne de production de BMW Group. La caractéristique la plus frappante est le toit avec un motif tartan (ci-contre), clin d’œil à l’univers de la mode. La carrosserie arbore le “british green” typique. Pour le reste, il s’agit de détails. Le logo mosaert à l’arrière, le tartan qui revient sur le marchepied. Paul Van Haver montre ce qui le fait sourire: le logo mosaert, renouvelé l’année dernière, trône également au centre des jantes: la lettre “m”, un petit nuage bleu-vert-rose, qui tournera bientôt sur nos routes.

“Concevoir une voiture n’était pas dans nos projets”, explique Coralie Barbier en souriant. “Nous n’étions pas vraiment prédestinés à ça. Mais c’est justement parce que la demande était surprenante qu’elle nous a directement paru chouette. Quand nous avons commencé à l’étudier, nous avons remarqué que nous avions beaucoup de valeurs communes. Je reconnais que je ne suis pas une grande spécialiste des voitures, mais je connais la Mini, comme tout le monde -sa forme, son look rétro, sa couleur 'British Racing Green’, son passé ‘swinging London’. Comme nous, elle est un peu ludique. Et, très important: elle est électrique. À partir de la deuxième collection mosaert, nous nous sommes engagés sur cette voie et avons opté pour une écoresponsabilité totale. C’est une collaboration complète: il ne s’agit pas juste d’apposer quelques motifs sur une voiture, c’est aussi de la communication, une présentation, des photos, des vidéos et un message. Tout cela dans une totale liberté.”

Plutôt qu'un bon coup marketing, concevoir une voiture est un nouveau défi, selon le trio Mosaert. ©Michael Ferire

“En regardant notre histoire, on se rend compte que nous avons exploré différents domaines”, poursuit Luc Van Haver. “Parfois en tâtonnant. D’abord Paul avec sa musique, ensuite ensemble, avec le visuel et les clips, avant de collaborer avec d’autres et, enfin, avec la ligne de vêtements. Travailler dans de nouveaux domaines avec d’autres règles, c’est particulier.”

Non élitiste

Lorsque la proposition de collaboration est arrivée, deux options ont été possibles. La première: carte blanche pour une pièce unique, autrement dit une seule voiture, entièrement placée sous le signe de l’agence au niveau graphique et créatif, sans tenir compte des aspects techniques, tant intérieurs et extérieurs. Un projet fou en quelque sorte. Une voiture qui ne serait jamais sur la route, et ne pourrait même jamais l’être. Bref, un stunt, quelque chose d’artistique, un objet d’exposition.

"Ne pas commercialiser la voiture ne correspondait pas à notre vision de l’accessibilité. Nous ne pensons pas que populaire soit péjoratif."
Coralie Barbier
Styliste du collectif Mosaert

Mais il y avait une seconde option, et c’est celle pour laquelle ils ont penché. “Nous avons trouvé ça plus excitant”, éclaircit Luc. “Faire notre propre version d’une voiture qui serait commercialisée, en respectant toutes les règles en vigueur et donc aussi, avec certaines limites. Par exemple, on ne peut pas changer le volant, pour des raisons de sécurité -juste pour dire. Et puis, nous nous sommes fixé un autre défi: la voiture devait rester abordable.”

“Notre ligne de vêtements est unisexe et sans groupe d’âge. Avec la musique de Paul, c’est encore plus clair: on écoute Stromae de 4 à 90 ans”, ajoute Coralie Barbier, styliste du collectif. “Pour la voiture, nous voulions réaliser quelque chose de similaire. Ne pas la commercialiser ne correspondait pas à notre vision de l’accessibilité. Nous ne pensons pas que populaire soit péjoratif.”

“Bien sûr, 41.200 euros, c’est un peu cher. Ce n’est pas pour tout le monde, mais nous voulions rester proches des 40.000 euros, le prix de base de leur voiture électrique”, conclut Paul Van Haver.

Eco et dandy

Nous sommes en 2021 et la voiture est produite en pleine pandémie. Dès le départ, le trio a voulu être informé en tout point concernant la production. Mais, à cause du Covid-19, il n’a pas pu se rendre à l’usine à Oxford, en Angleterre. “Par contre, nous avons pu aller au bureau de design à Munich. Nous avons discuté avec le responsable du design, celui de l’écoresponsabilité et l’équipe qui travaille sur le son”, explique Paul. “Nous en avons appris davantage sur l’histoire de la marque et ce qui m’a attiré, c’est son côté dandy, élégant et fun.”

Le toit en tartan est l'élément le plus marquant de la "Mini mosaert électrique"

Le tartan vient-il de là? On peut y voir la casquette de Jackie Stewart, grand pilote de course britannique aujourd’hui âgé de 81 ans. Il n’a peut-être jamais participé à une course de Formule 1 dans une Mini, mais c’est une question de sentiment historique. De tradition. “Les motifs sont notre ADN. Comme la couleur. Il suffit de penser à “Racine carrée” (le deuxième album de Stromae de 2014, NDLR). Mais on attend de nous que nous produisions des fleurs et des couleurs vives. Dans cette voiture, nous avons réuni ces deux univers, ce côté très british de l’histoire avec nos textiles et notre texture. Il fallait que ce soit quelque chose qui résiste à l’épreuve du temps, mais qui soit en même temps un petit bijou.”

Papaoutai

Le temps d’un petit retour à Stromae, nous passons sur YouTube, où nous cherchons “Papaoutai”. Paul sourit: “Ah oui, c’est vrai.” Sa musique résonne pendant l’interview et nous restera en tête pour le reste de la journée. Mais pourquoi ce clip? Parce que dans notre souvenir, le chanteur se trouve dans une petite voiture, ce qui se vérifie. Plus tard, nous apprendrons que ce sont deux Fiats 500 et une BMW Isetta, conçues dans les années 1950 dans l’usine italienne de Renzo Rivolta. Des mini-voitures. Était-ce un présage? “J’ai toujours aimé les petites voitures”, répond Paul. “Il est rare qu’on parvienne à conserver un modèle ancien jusqu’à aujourd’hui, à le moderniser en le gardant reconnaissable.”

Mosaert a conçu une collection de vêtements assortis à la voiture: un pull avec des voitures, leur nuage Mosaert sur des T-shirts, des chaussettes, ... ©Alexander D'Hiet

Il se souvient: “Enfant, je me souviens que lorsque nous étions sur la route, nous jouions à reconnaître les voitures le plus rapidement possible. Celui qui avait deviné le premier pouvait l’avoir. Il s’agissait donc de choisir la plus chère.” Il jouait notamment avec son frère, Luc, aujourd’hui à ses côtés. C’est sans doute ce dernier qui gagnait le plus souvent, car pendant des années, Paul a roulé en Fiat et Coralie, dans une vieille Peugeot. Depuis que Paul et Coralie ont un enfant, ce n’est plus le cas. “Il nous faut plus d’espace!”, s’exclame-t-elle en riant.

En lévitation

Comment fonctionne un cerveau créatif? Ou, en d’autres termes, peut-on utiliser les mêmes talents pour faire de la musique, créer des vêtements ou apposer sa patte sur des voitures? Coralie hésite: “Pour la mode et ce projet, oui: on part d’un dessin. Mais je ne sais pas s’il en va de même pour la musique.”

Paul a la réponse: “Les limites dont il faut tenir compte pour ce genre de voiture me sont familières. Lorsque je suis complètement libre, je ne suis pas très créatif. Je ne trouve pas ça très stimulant: j’ai besoin d’un canevas, d’une sorte de carcan en matière de style, de sujet, de genre. Une fois que je suis dedans, l’inspiration arrive. Il n’était donc pas si étrange pour moi de participer au développement d’un produit de consommation tel qu’une voiture. Ce qui ne veut pas dire que ce qui est facile à lire est aussi facile à faire.”

Une voiture électrique est moins stressante pour l'environnement. Cette légèreté doit également rayonner dans la communication, a pensé le trio Mosaert. ©Antoine Melis

“Il y a dix ans, à l’époque de la création de Stromae, qui a ensuite donné naissance à mosaert, si vous nous aviez dit que nous travaillerions sur une voiture électrique, je ne l’aurais pas cru!”, avoue Luc. “Mais je ne pensais pas non plus qu’on ferait des clips un jour. Pourtant, l’impulsion est la même: être original, ne pas être vain, faire quelque chose qui semble simple et communiquer. Ce dernier point est important dans cette histoire. Notre logo n’est pas un nuage pour rien: il fait référence à la lévitation, à la légèreté. Ce que nous faisons est moins lourd pour l’environnement. Regardez les publicités pour les voitures électriques: on voit toujours une voiture dans la nature, reliée ou non à une station de charge, ou avec une éolienne à l'arrière-plan. C’est tellement sérieux! Dans les pubs, on ne peut pas rire. Nous ne voulions pas de ça.”

Peut-être avez-vous déjà vu l’image de leur Mini, portée sur des épaules. Flottante, en lévitation, légère. Sans le coronavirus, le plan initial était de faire porter cette voiture par des personnages en cire. Mais Coralie pense que c’est peut-être un plus, finalement. “Bien sûr, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu de véritable lancement, avec un verre, un snack, une discussion. Mais inversement, ce type d’événement n’est destiné qu’à un public d’invités. Maintenant, nous touchons nettement plus de personnes. Avec de la musique en plus, ça devient directement plus poétique.”

Coldplay et Billie Eilish

Depuis que Stromae a interrompu une tournée de manière inattendue en 2015, la musique est devenue une simple partie de sa vie. Ce n’est plus “la” vie. De nouveaux sons sont certes apparus. Un clip pour appuyer la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024. “Défiler”, la musique pour la ligne de vêtements de mosaert, est une collaboration avec Coldplay et Billie Eilish. Mais cet entretien a été clairement défini: pas d’interview sur la musique. Même si la question se pose.

"Le Covid-19 et le confinement ne sont pas inspirants. J’allais à mon studio tous les jours et je réussissais à écrire de la musique, mais pas les paroles."
Paul Van Haver (Stromae)

“Bien sûr, il y a toujours la musique”, déclare Paul. “Mais le Covid-19 et le confinement ne sont pas inspirants. J’allais à mon studio tous les jours et je réussissais à écrire de la musique, mais pas les paroles. Peut-être parce qu’il ne se passait rien. Je n’avais vraiment rien à raconter. Un an plus tard, j’en avais ras-le-bol et maintenant, ça commence à revenir. Ça avance. Pour quand? Je ne sais pas encore, mais ce ne sera probablement plus pour cette année.”

L’impact du Covid-19 est indéniable. Chez Paul en termes d’inspiration, mais qu’en est-il chez mosaert? “Comme nous travaillons sur des projets à long terme, ça va encore”, explique Coralie. “Bien sûr, tout a tourné au ralenti. Nous travaillons principalement avec des fournisseurs de France, du Portugal, de Belgique également. En France, par exemple, le confinement est très strict, ce qui entraîne des retards dans les livraisons. Même tout le concept Mini, qui était initialement prévu pour septembre, a été reporté. En même temps, je n’ose pas me plaindre: nous sommes six à travailler chez mosaert et il n’y a pas eu de chômage technique.”

Mosaert a non seulement conçu la voiture, mais aussi les vidéos et la communication autour d'elle. ©Michael Ferire

“Il serait totalement inapproprié de notre part de nous lamenter”, ajoute Luc. “Bien sûr, ce n’est pas chouette et je ne peux pas dire que cette période m’a permis une grande introspection. Mais par rapport à ceux qui ont perdu leur emploi ou leurs proches, il serait très malvenu de nous plaindre. Je suis curieux de voir s’il sortira quelque chose de positif de cette période, sur le plan économique, politique et social. L’ensemble du mécanisme a été remis en question, ce qui a peut-être conduit à un changement de paradigme. Le coronavirus ne peut pas avoir que des effets secondaires négatifs, non?”

Leonardo DiCaprio

Une telle proposition de la part d’un constructeur automobile était-elle exceptionnelle? Il y a d’autres propositions, bien sûr. Le trio a un projet au long cours à Paris. Dans le cadre du développement d’un réseau de métro plus large pour les Jeux olympiques, il travaille avec l’architecte japonais Kengo Kuma au projet de la Gare de Saint-Denis Pleyel. Mais ce n’est pas tout.

Détail de la voiture. ©Alexander D'Hiet

Paul nous parle d’une marque de montres qui est venue tâter le terrain. “Une belle marque, très réputée”, déclare-t-il. “Mais ça ne collait pas. Pour nous, ça ne correspondait ni à l’image de mosaert, ni à nos idées.” Pourquoi? “Il y a déjà deux conditions. D’abord, ça doit être le coup de cœur. Ensuite, nous devons trouver un accord sur le concept”, explique Luc. “Cette montre est un bon exemple. Nous ne sommes même pas arrivés à la deuxième étape. C’était une question d’esthétique, mais aussi de prix. C’était vraiment hyper élitiste. Nous ne nous retrouvions pas là-dedans. Pour ce genre de demande, nous voulons être créatifs. J’ai vu un jour une pub Fiat avec Leonardo DiCaprio, dans laquelle on le voit en costume à côté d’une de ces voitures, en train d’expliquer pourquoi c’est une bonne voiture. Je ne critique pas, mais c’est tout simplement différent de ce que nous faisons.”

“Notre ligne de vêtements est unisexe et sans groupe d’âge. Avec la musique, c’est encore plus clair: on écoute Stromae de 4 à 90 ans”, déclare le trio mosaert. “Pour la voiture, nous voulions réaliser quelque chose de similaire." ©Alexander D'Hiet

“Ce qui ne veut pas dire qu’une telle demande n’est pas flatteuse”, ajoute Coralie. “Bien sûr, nous sommes flattés que les gens soient intéressés. Mais, souvent, c’est aussi une question de planning. Il y a quelques années, on nous avait demandé de participer à la conception d’un hôtel en France, en partant de zéro. L’idée était que nous puissions intervenir sur l’ensemble du concept, jusqu’à l’ameublement. Le rêve! Nous sommes allés loin, mais nous avons fini par abandonner. Mosaert est une équipe de six personnes: c’était tout simplement trop grand pour nous et nous risquions d’être frustrés parce que le résultat aurait pu ne pas correspondre à nos attentes.”

Lagerfeld

Là où nous sommes assis, le soleil réchauffe le dos de Paul. Trois belles personnes, élégamment vêtues, aucun détail ne leur a échappé. Luc et Paul portent un costume, tous deux avec des chaussures sans lacets, Coralie porte de hauts talons blancs, un pantalon et une veste à l’imprimé funky. La collection de vêtements qu’ils ont conçue pour la Mini est présentée sur des tringles, autour de la voiture. Un sweater avec beaucoup de petites voitures, le nuage mosaert bleu-vert-rose sur des T-shirts, des chaussettes. Il y a quatre ans, Stromae se trouvait chez Karl Lagerfeld pour une interview avec le journal français Libération. Il n’est pas près de l’oublier. Au début de l’entretien, Lagerfeld avait déclaré: “J’aime beaucoup ce que fait Stromae, la personne, le look. Il est impeccable.” Paul avait simplement répondu: “Merci beaucoup”.

“J’étais impressionné et très heureux d’avoir pu amener Coralie avec moi. Elle est une grande fan de Karl Lagerfeld. J’ai beaucoup écouté et bien regardé son impressionnante bibliothèque. Il connaissait ma musique et notre marque, et il m’a complimenté sur la veste que portait Coralie. Il a demandé: “Qu’est-ce que c’est?” J’ai répondu: “Une veste en velours imprimé”. Il a répondu: “Merci”. (Elle éclate de rire) Quelle réponse de ma part aussi! Comme s’il ne voyait pas que c’était du velours imprimé, comme s’il ne le savait pas. Comme si je devais lui apprendre un peu de son métier!”

Lors de cette interview, Lagerfeld a déclaré qu’il n’avait jamais vu son activité comme un travail. Paul se reconnaît-il dans cette affirmation? “C’était peut-être le cas avant, mais plus maintenant. C’est peut-être aussi parce que je ne travaille plus à la maison. Quand on peut le faire chez soi, le travail ressemble davantage à un hobby. Dès que ce n’est plus le cas, il y a quelque chose qui change.”

©Alexander D'Hiet

Lagerfeld travaillait toujours chez lui. “Depuis l’arrivée des selfies, je ne sors plus”, avait-il déclaré. “La différence, c’est qu’il ne voulait s’occuper que de ça”, explique Coralie. “Lagerfeld ignorait tout ce qui était production, communication, etc. Nous avons un côté cartésien qui nous pousse à vouloir tout contrôler dans les moindres détails.”

“Je ne pense pas que Karl Lagerfeld soit la meilleure référence à cet égard”, ajoute Luc. “Il était vraiment une machine et sa mission était de le faire à 100%. Mais l’image de l’artiste qui est seulement artiste et ne fait rien d’autre que créer, rêver et imaginer de nouvelles choses n’est pas exacte. Il y a beaucoup de réunions, de décisions difficiles, de choses à réaliser, de partenaires à trouver. Il ne s’agit pas seulement de créer. Le simple fait que nous ayons besoin de vacances de temps en temps est sans doute le preuve que c’est du travail.”

Cohérence

Il nous reste encore du temps pour une dernière question, à savoir: y a-t-il encore eu quelque chose à découvrir au cours de l’année écoulée, en restant chez soi? Oui, des séries télé et des films, “Dans leur regard” et “The Morning Show”. Paul mentionne surtout le concert en streaming que Billie Eilish a donné à l’automne 2020. “Il y a énormément d’artistes qui ont diffusé de la musique depuis leur salle de travail, juste sur leur guitare, mais ça ne m’a pas enthousiasmé. Par contre, ce qu’a fait Billie Eilish était différent: ça a duré une heure et on voyait qu’elle avait parfaitement compris comment ça pouvait fonctionner. La combinaison du live et des clips, franchement, c’était d’une justesse qui a été une bonne leçon pour tout le monde.”

“Elle est très spéciale. Il y a des années, nous avions le même attaché de presse en Amérique et je me souviens avoir entendu sa musique pour la première fois dans les studios d’Interscope à Los Angeles. Elle avait 16 ans à l’époque et j’étais bouleversé. Je n’aurais pas pu prévoir qu’elle s’en sortirait comme ça, mais la qualité était incroyable, surtout pour quelqu’un de son âge. Peu après, pour sa première visite en Belgique, au Botanique, nous étions là. Le courant est directement passé et nous avons ensuite réalisé ensemble le clip de sa chanson 'Hostage'. Ce qui fait son grand talent? C’est surtout sa sensibilité qui me touche. Ses mélodies sont magnifiques. Son style vestimentaire se démarque de la masse. Tout est cohérent. Croyez-moi, pour quelqu’un de si jeune, c’est très rare.”

Mini electric Mosaert, en édition limitée à 400 exemplaires, à partir de 41.200 euros. www. mini.be, www.mosaert.com.

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