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"Combien d'oldtimers on a, exactement? Je ne les ai jamais comptés!"

Père et fils Bossaert avec la Rally NCP (1931), une de leurs voitures préférées. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: l’impressionnant héritage de Raoul Bossaert.

Ce week-end, Michael Bossaert et Bas Meulemeester (21 ans tous les deux) organisent à Waregem les Prewar Days, un salon dédié aux voitures d’avant-guerre. "Quand nous avons demandé à Bossaert s’il y avait des ancêtres dans le garage de ses parents, il a répondu oui: mon grand-père en a collectionné une centaine depuis les années 1960."

Le musée familial à Lo-Reninge, ouvert au grand public, a été le terrain de jeu où Michael et son frère Lawrence jouaient à cache-cache avec leurs amis. "C’est comme ça que s’est transmise la passion. Il est important que la scène des voitures d’avant-guerre reste vivante. Nous sommes membres de Beforty, un club international de personnes, de moins de quarante ans, qui ont des voitures d’avant 1940. Il compte une centaine de membres, dont des jeunes de dix-huit ans."

Une Corvette Chevrolet (1963). ©Thomas Vanhaute

Raoul Bossaert est décédé l’an dernier. "Mon père était agriculteur, mais il a pu acheter du matériel militaire et des intérieurs de navires démantelés", témoigne Geert Bossaert (56 ans). "C’est ainsi que notre shopping center est né. Des bateaux aux voitures, il n’y a qu’un pas: la Citroën C4 (1930) a été son premier achat, suivi d’une deuxième, d’un troisième, et puis, tout s’est emballé: il achetait tout ce qui était beau et pas trop cher, en Belgique ou à l’étranger. Combien il y en a, exactement? Je ne les ai jamais comptées!"

La plus ancienne est une Decauville Voiturelle avec carrosserie vis-à-vis (1899) et la plus récente, une Maserati 430 (1993). "Je l’ai conduite pendant six ans. Je l’adorais, et elle n’attirait pas les regards. Ici, dans le village, le bruit circulait que j’avais acheté une voiture spéciale. Un jour, le pompiste m’a demandé quand elle serait livrée, alors qu’il avait déjà fait son plein au moins dix fois!"

La Toyota Crown (1987) de Raoul est aussi. "Il en achetait une nouvelle tous les deux ans, du coup il voyait quelles avaient été les améliorations", ajoute Geert. "C’était le modèle avant la Lexus, la marque de luxe de Toyota. Nous avons encore la LS 400 (1989)."

La BMW 327 (1939) restaurée, depuis longtemps en sa possession. ©Thomas Vanhaute

Si des opportunités se présentent, ils achètent. La Pipe, 1912, une marque belge, s’est ajoutée à la collection “patriotique”, composée d’une Imperia TA-9 (1937), d’une Minerva Type F (1930) et d’un tout-terrain Minerva (1951) -ayant appartenu au Prince Charles de Belgique.

Dans le garage se trouvent le tout-terrain Minerva (1951) du Prince Charles et la Mercedes 450 SEL (1973) de l’ancien ministre d’État Frank Van Acker, avec la plaque A44.

L’Excelsior D4 presque entièrement documentée se trouvait au Salon de l’auto de Londres en 1911, avant de finir en Australie dans les années 50 (avec un arbre qui poussait à travers la carrosserie), pour finalement revenir en Belgique. Il y a aussi une Saroléa (1929), à côté d’une vingtaine de motos -une Werner (1906), une Rokon (1960) à traction avant et arrière, une Suzuki RE5 (1974) à moteur rotatif et une Moto Guzzi Mulo Meccanico (1960). "Cette “mule mécanique” devait remplacer une vraie mule sur les routes de montagne", sourit Geert. "On en a construit 220 exemplaires."

Il y a aussi une Mercedes 260 Stuttgart (1931), une Austin Seven Sport (1932), une Rolls-Royce Sports Saloon (1934) avec une carrosserie Rippon Brothers (un carrossier anglais actif depuis le XVIe siècle) et une BMW 327 (1938) originale non restaurée. Sans oublier les pièces uniques: une Hotchkiss Type 2050 (1953), conçue par le carrossier Letourneur & Marchand pour être la première voiture du Tour de France avec des haut-parleurs.

Une Alcyon (1908). ©Thomas Vanhaute

Une Porsche 356 1600 Super (1956), une Triumph Type 1800 (1948), une Mercedes 600 Pullman (1965), une Alpine A110 (1974) et une Lancia Beta Monte Carlo (1978). Sans oublier la Mercedes 450 SEL (1973) de l’ancien bourgmestre de Bruges et ministre d’État Frank Van Acker, immatriculée A44. Ou la Range Rover avec laquelle Guy Moerenhout et François Bertin ont participé au Paris-Dakar en 1987.

"Mon grand-père a acheté le tracteur de Massey Ferguson neuf, au début des années 50", précise Geert. "Il était bourgmestre de Reningelst. Quand il l’a utilisé pour la première fois, pour labourer, beaucoup de gens sont venus le voir car ils pensaient que le blé ne repousserait plus jamais!"

La plupart des voitures sont en état de marche et quinze d’entre elles sont même immatriculées. "À douze ans, je faisais déjà du drift sur le parking avec la Toyota Corolla de ma grand-mère", confie Michael en riant. "Même si j’étais à peine plus haut que le volant! Mon frère et moi avons appris à conduire sur la route avec la Triumph TR6 (1975). C’est une voiture moderne. Dans une vraie voiture d’avant-guerre, on sent chaque trou et chaque bosse de la chaussée. Il faut régler l’allumage, écouter la voiture en permanence et résoudre des problèmes tout le temps. Ces voitures anciennes sont bien plus vivantes. C’est ça, la vraie conduite!"

Geert Bossaert
Gérant du shopping center Bossaert.
Voiture de tous les jours:
Volvo V90 (2018).
La première:
Toyota Celica (1982).
La meilleure:
La Rallye NCP (1931) et la Delage DI (1927).
Le rêve:
"Une voiture à vapeur ou une voiture électrique centenaire, mais c’est introuvable. Mais il arrive que l’on tombe dessus par hasard: c’est tout l’art!"

 

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