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Comeback de la Beetle: de l'électrique sous le capot

Bien qu'il soit passionné de Coccinelles depuis toujours, David Benardo n’a aucun background en matière de mécanique automobile. Il a travaillé dans des entreprises high-tech comme Adobe, Hewlett-Packard et Electronic Arts. ©Mark Mahaney/Redux for the WSJ Magazine

Ligne de scarabée? Check. Pare-brise arrondi? Check. Tableau de bord vintage? Check. Tout y est sauf le son reconnaissable entre mille du moteur d'origine: les Coccinelles électriques de David Benardo sont silencieuses.

À première vue, même un fana de voitures ne remarquera pas que les Coccinelles vintage, que David Benardo (52) restaure avec amour, ont quelque chose de spécial. En effet, elles ont exactement la même apparence qu'il y a 78 ans, quand cette voiture construite pour le grand public est sortie pour la première fois de la chaîne de montage. Mais, sous le capot, le moteur boxer à quatre cylindres refroidi par air a fait place à un moteur électrique, ce qui rend ce classique silencieux et presque aussi efficacement écologique que, disons, la Toyota Prius.

David Bernardo, qui se qualifie de rétro-futuriste, est le CEO de Zelectric Motors, une entreprise de San Diego qui commercialise des Coccinelles vintage équipées d'un nouveau moteur électrique. Il vend généralement des modèles construits au cours des années 1958 à 1966 -leur poids et la façon dont elles ont été construites les rendent idéales pour cette transformation. Après quelques mois de travail dans l'atelier, elles reprennent la route avec un moteur 100% électrique zéro émission. Pour cela, Benardo utilise des pièces d'EV West, une entreprise américaine qui fournit les voitures électriques de compétition. Il installe dans les Coccinelles deux batteries lithium-ion: une première sous le capot et une seconde derrière la banquette arrière. Et il remplace le moteur à essence par un mécanisme d'entraînement Zelectric.

Le moteur électrique que l'Américain David Benardo intègre dans les Coccinelles vintage est deux fois plus puissant que le moteur boxer d'origine. "C’est une vraie voiture ‘good vibes’." ©Mark Mahaney/Redux for the WSJ Magazine

Good vibrations
Le témoin chromé qui se trouve sur le tableau de bord est le seul indice de la véritable nature du moteur de cette Coccinelle pimpée. Pour le reste, c'est ni vu, ni connu: les mécaniciens ne soudent ni ne coupent dans le métal pour que ses propriétaires puissent toujours revenir au moteur à essence s'ils le souhaitent.

"Ici, nous travaillons avec des ancêtres et nous les respectons", commente Benardo. Grâce aux innovations installées sous leur capot, ces Coccinelles atteignent une vitesse de pointe de plus de 160 km/h (le moteur électrique est deux fois plus puissant que le moteur boxer d'origine) et offrent une autonomie de 130 à 160 kilomètres. "C'est une vraie voiture 'good vibes'", affirme Benardo. Un commentaire raccord avec les hippies, étudiants et surfeurs qui la conduisaient dans les années 60. "Quand je suis sur la route, je suis certain de déclencher la sympathie des agents de police et d'attirer l'attention des enfants. Malgré toutes ces années, la Coccinelle plait toujours autant."

I get around
Bien qu'il soit passionné de Coccinelles et qu'il en possède une belle collection, dont une Karmann Ghia et un Microbus de 1965, Benardo n'a aucun background en matière automobile: ce Californien a derrière lui une longue carrière de designer et de directeur artistique dans des entreprises high-tech de la Silicon Valley, dont Adobe, Hewlett-Packard et Electronic Arts. Un jour, par hasard, il entend parler d'un projet pilote à Palo Alto qui titille sa curiosité: des ingénieurs ont décidé d'équiper un Combi VW d'un moteur électrique. Mais l'idée ne se concrétise pas.

Je voudrais pouvoir affirmer que nous faisons ça parce que nous sommes des écolos, mais, en réalité, nous voulons surtout rouler plus vite et avoir encore plus de plaisir.
David Bernardo

Il emménage à San Diego et là, il est étonné par le nombre de Coccinelles qui circulent dans les rues. Et c'est le déclic. Benardo fonde son entreprise en 2012 avec son épouse, Bonnie Rodgers. Son premier prototype est une Coccinelle de 1963 avec laquelle il fait les salons d'ancêtres à la recherche d'acheteurs potentiels. En 2014, un autre de ses Coccinelles, de 1966 cette fois, remporte le premier prix dans la catégorie 'coupés étrangers transformés' au concours d'élégance de La Jolla.

Il continue alors sur sa lancée. Après avoir transformé une Coccinelle Sedan de 1966, il poste une vidéo sur le site de son entreprise Zelectric. Quelques heures plus tard, il reçoit un appel d'un acheteur de San Francisco qui lui demande de pouvoir faire un essai. Malheureusement, il ne sera pas suivi d'une vente: elle est finalement achetée par un couple de Palm Springs. La suivante, une Coccinelle Ragtop gris métallisé de 1959, fait aujourd'hui partie de la collection d'un Allemand, fan de Coccinelles.

Surfin' U.S.A.
Actuellement, Benardo et son équipe travaillent sur une Coccinelle Thing de 1974, qu'ils transforment sur commande pour une célébrité. L'ex-designer est fier de son Microbus émeraude et blanc de 1964 avec toit ouvrant et portes coulissantes, une rareté qui évoque la grande époque des surfeurs et des hippies californiens.

Affichant un premier prix de 54.000 euros, les Coccinelles de Zelectric ne peuvent pas être qualifiées de bon marché. D'autant moins qu'il leur manque un certain nombre d'options et d'équipements de sécurité que l'on trouve dans les voitures actuelles. En revanche, leur moteur électrique demande moins d'entretien. En outre, sur commande, Zelectric intègre un bon système de chauffage, l'éclairage LED et des freins à disque. Et, pour les nostalgiques, il est même possible de monter des pneus blancs.

"Au cours de la transformation, on ne soude ni ne coupe dans le métal, pour que les propriétaires puissent toujours revenir à un moteur à essence s’ils le souhaitent." ©Mark Mahaney/Redux for the WSJ Magazine

Mais, ce qui est le plus passionnant avec ces voitures, c'est peut-être qu'elles sont tout simplement très amusantes à conduire. Les Coccinelles sont les seules voitures électriques à avoir une transmission à quatre vitesses, ce qui fait qu'on a plus de couple dans les rapports inférieurs. Et quand on appuie sur l'accélérateur, la puissance est incroyable.

En effet, il ne s'agit pas uniquement de réduire notre empreinte écologique: la sensation de conduite qu'elle offre depuis toujours et son design iconique sont tout aussi importants. "Quand on fait un essai, on rentre au garage avec un grand sourire", déclare-t-il. "Je voudrais pouvoir affirmer que nous faisons ça parce que nous sommes des écolos, mais, en réalité, nous voulons surtout rouler plus vite et avoir encore plus de plaisir."

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