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"D'après certains, la Porsche 924 est sous-estimée"

"Cette voiture a une âme: elle a vécu et elle continue à vivre." ©Thomas Vanhaute

Dans le garage de l'actrice et réalisatrice Aza Declercq... qui entretient une relation passionnée avec sa Porsche 924 de 1984.

Aza Declercq (45 ans) vient de présenter son premier court-métrage, 'La Muerte de Cupido', la semaine dernière au Festival de Cannes. Sous-titré 'When passion becomes evil', ce film noir parle d'une relation manipulatrice et tordue dans une atmosphère cauchemardesque. Il y a de grandes chances qu'il devienne un long métrage.

Aza Declercq entretient également une relation passionnée avec la Porsche 924 (1984) qui se trouve dans une annexe de sa maison. "Je lui parle comme à une amie: c'est une femme, ça ne fait aucun doute!" s'exclame-t-elle en riant. "Je la caresse, ou bien je lui fais un bisou après une longue route. Oui, désolée!" (Rires)

©Thomas Vanhaute

"Il y a quelques mois, j'ai eu un accident. Perte totale. Le côté gauche et une partie du toit étaient complètement foutus. J'ai été fauchée par un camion sur l'autoroute. C'était déjà arrivé une fois alors que je venais tout juste d'avoir la voiture, mais il avaitjuste fallu remplacer une portière. Quoi qu'il en soit, c'est une voiture super solide: je n'ai eu qu'une entorse cervicale. Et du chagrin. Vraiment. Quand j'ai sorti mes affaires, je n'ai pas pu retenir mes larmes."

"Une neuve? Bah, et laquelle? Une vieille Corvette, c'est beau. Les nouvelles voitures sport, je trouve ça cool aussi, mais elles sont inabordables. De toute façon, je ne sais pas si j'oserais conduire un engin aussi coûteux. Je l'ai donc fait réparer. Huit mille euros. L'assurance a payé. Une telle voiture a une âme, vous savez! Elle a vécu, et elle continue à vivre."

"Il y a quinze ans, j'avais le même modèle. Ce n'était pas une bonne voiture. Elle surchauffait constamment, et je devais allumer le chauffage dans les embouteillages. Je n'étais pas vraiment en sécurité non plus - une fois, j'avais attaché un lit superposé sur le toit avec des sangles. J'ai gardé cette voiture trois ans. Ensuite, la Suzuki Wagon R de ma mère est arrivée. Un bac rectangulaire. Horrible! Cette voiture me rendait malheureuse. Après l'accident, j'ai reçu une Nissan Micra comme véhicule de remplacement. Une caisse pour femme au foyer! Elle ne tenait pas la route, et quand on activait les essuie-glaces, toute la voiture vibrait. Et les dépassements, c'était aussi quelque chose! Je trouve qu'une voiture agréable et belle apporte de la gaieté à la vie. Sur le plan technique, je me fais conseiller par des hommes qui s'y connaissent."

L’habitacle très ‘nineties’ de la Porsche 924. ©Thomas Vanhaute

"Il y a deux bonnes années, je voulais absolument une nouvelle Porsche. Je l'ai payée 6.500 euros. Elle était en très bon état. Mon garagiste l'a trouvée à Knokke, chez un homme qui ne l'avait pratiquement pas utilisée. Elle avait 69.000 kilomètres au compteur. Depuis, elle en a 126.000. Oui, j'ai fameusement roulé! C'est ma voiture de tous les jours. Et à part l'accident, j'ai eu relativement peu de frais. Maintenant, il faut remplacer la suspension. Et elle consomme beaucoup d'huile. Pour l'essence, ce n'est pas trop mal: onze litres. Ah oui, pendant une vague de chaleur, le pare-brise s'est fissuré quand j'ai claqué la portière, à cause d'un caoutchouc usé. Les nouveaux disques de freins étaient chers, eux aussi. Et au carwash, ils ont aspiré trois boutons de la console centrale. Mais c'est tout. J'ai rarement des problèmes au contrôle technique. La plaque d'ancêtre est en route: bientôt, je paierai moins de 40 euros de taxes."

Autobiographie
Aza Declercq, actrice et réalisatrice
Voiture de tous les jours: Porsche 924 (1984).
La première: Citroën 2 CV (1986), 'avec mes trois soeurs'.
La meilleure: Porsche 924 (1984).
La pire: La Porsche 924 précédente (1986).
Le rêve: Pontiac Firebird.

"D'après certains, la 924 est une voiture sous-estimée. On la redécouvre progressivement. C'était la Porsche abordable, le modèle qui a succédé à la 914, développée à l'origine pour Volkswagen et produite chez Audi. Les puristes l'ont bashée mais, moi, je trouve qu'elle roule et qu'elle "sonne" comme une Porsche. Et elle tient la route. Par rapport à une voiture de course neuve, bien sûr, ce n'est pas un monstre. Elle n'a ni servo ni ABS et il lui arrive de déraper au démarrage. Mes amis trouvent que c'est une voiture pénible, mais je l'aime. Pour mon fils de seize ans, la banquette arrière est maintenant un peu étroite, mais quand on rabat les sièges, on a un grand coffre. Je la prends pour aller au parc à conteneurs et j'aide régulièrement des amis à déménager."

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