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En Belgique, il n'y a que quatre Villard, dont trois chez ces amoureux de cyclecars

Le Villard Type 29A (1929) par lequel tout a commencé. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: les cyclecars de Geert et Benedikte Debrabandere.

C'est une piscine qui aurait dû être construite dans l'ancienne étable de cette belle ferme restaurée par les propriétaires, mais, il y a douze ans, une découverte dans une grange en a décidé autrement. "Notre fils avait un go-cart avec des boulons anglais", se souvient Geert Debrabandere. "Je suis allé fouiner chez un marchand du quartier. Il avait cette épave, cachée sous des arbres. L'arrière avait disparu, mais je l'ai achetée. Et j'ai eu les boulons gratuitement."

©Thomas Vanhaute

Il nous montre la Type 29A (1929) bleue, un cyclecar Villard, un constructeur oublié. "La restauration a été précédée d'une année de recherches. Nous avons découvert qu'il en existait également un en Nouvelle-Zélande. Nous avons fait tout notre possible pour écrire au propriétaire dans un bon anglais, mais il s'est avéré que c'était un émigré Hollandais! Il a fait des dessins et des plans que j'ai pu utiliser. Je n'avais encore jamais restauré de voiture auparavant. C'est un collectionneur du coin, doué dans le travail du métal, qui m'a tout appris. Deux ans plus tard, il était terminé. Ce qui est particulier, c'est que l'entraînement comme la direction sont assurés par la roue avant. En saison, je parcours 100 à 150 kilomètres par semaine -mon épouse et moi sommes membres de cinq clubs de voitures classiques. On nous en a déjà proposé un montant qui nous aurait permis d'acheter une très belle voiture neuve, mais nous ne nous en séparerons pas. Il est trop agréable à conduire! Grâce à note cyclecar, on rencontre des gens et on en parle avec eux pendant des heures."

"C'est à Janville, dans le nord de la France, que Marcel Villard a construit des cyclecars, de 1924 à 1935. Ce sont des voitures légères qui ressemblent à des motos", explique Mme Debrabandere. "Il avait 150 brevets à son nom. En 1923, il a construit chez Colombo un cyclecar qui a participé à des courses, mais on n'en a retrouvé aucun."

Pour notre cyclecar Villard Type 29A de 1929, on nous a déjà proposé un montant qui nous aurait permis d'acheter une très belle voiture neuve, mais nous ne nous en séparerons pas.

Elle connaît le contexte historique sur le bout des doigts, contrairement à lui: "Aux salons, je recherche des pièces et elle, des documents. Comme nous avons été parmi les premiers à nous intéresser à Villard, nous avons pu acquérir un grand nombre de documents -anciens catalogues, factures, etc. Nous achetons tout ce que nous trouvons à son sujet. Nous avons ainsi fait la connaissance d'Olivier Allo, qui vit près de Paris. Il est passionné par Villard et travaille sur un livre. Il possède deux exemplaires non restaurés. Grâce à lui, nous avons trouvé, au début de l'année dernière, un deuxième exemplaire de 1924, dont nous n'avons pas pu déterminer le type."

Un mini musée installé dans le Villard Type 27 de Félix Potin (1924). ©Thomas Vanhaute

"À Toulouse, ses anciens propriétaires nous ont accueillis avec un grand repas et, le soir, ils nous ont emmenés au Bed & Breakfast qu'ils avaient réservé pour nous. Mais ce cyclecar était dans un état encore plus mauvais que le premier: à l'origine, il avait été utilisé par le pionnier français des superettes, Félix Potin (on y revient NDLR). Pour le restaurer, Allo a tout dû fabriquer lui-même. J'ai également pu lui acheter un embrayage et un échappement d'origine. Je viens de le terminer. Je ne l'ai conduit qu'une seule fois." Dans l'espace de chargement, Geert Debrabandere a installé une sorte de musée avec des souvenirs de ces superettes, datés des années 1924 et 1925.

Geert et Benedikte Debrabandere 
Boulangers à la retraite
Voiture de tous les jours: Volvo XC 40 (2018).
La première: Austin Allegro.
La meilleure: Mercedes E 250 Diesel (1995).
La pire: Nissan Navara (2000).
Le rêve: "C'était une Morgan, mais j'y ai renoncé. Superbe, mais pas aussi rare que celle-ci."

"À partir de 1935, les cyclecars ont également dû payer une taxe, ce qui a provoqué la disparition de cette catégorie. Il ne restait que la légendaire Morgan Threewheeler. Marcel Villard est allé travailler chez Peugeot, mais il a aussi construit quelques quatre roues. Au début de l'année, lors d'une vente aux enchères Artcurial lors de Rétromobile à Paris, nous avons acheté le Villard Type SMT Cabriolet (1931). Il vient de la célèbre collection Broual et n'a pas roulé depuis quarante ans. Quand nous l'avons vu, cela a été le coup de foudre. Se taire pendant cinq secondes lors d'une telle vente, c'est long! Nous n'avons pas payé beaucoup plus que le prix maximum que nous nous étions fixé. Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, beaucoup? On n'en connaît qu'un seul exemplaire!"

"Il est complet, mais hélas il ne roule pas. Le moteur Staub 500 cc et la boîte de vitesse doivent être ouverts. J'aimerais le garder aussi authentique que possible. La carrosserie est en aluminium et la peinture est complètement écaillée, sans doute à cause d'une mauvaise couche de fond. Je vais la vernir, afin qu'elle ne se détériore pas davantage."

On pointe du crin de cheval qui sort du siège en cuir, et il répond: "C'est un ami qui va le restaurer."

Geert et Benedikte Debrabandere et leurs trois Villards. ©Thomas Vanhaute

"Jusqu'à présent, on a retrouvé que 22 Villard", explique le collectionneur. "En Belgique, il y en a quatre. La quatrième appartient à un grand collectionneur de voitures à Bruxelles. Il ne veut pas le vendre, mais nous sommes patients."




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