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"J'ai révisé environ 500 motos – ça, c'est du bricolage!"

Père et fils dans l'atelier, avec une Norton Commando 850 (vers 1973). ©Thomas Vanhaute

Frans Apers (77 ans) nous présente son atelier, où se trouvent une perceuse à cylindre, une machine à roder Sunnen (la meilleure), un tour et une armoire à sablage. Et, dans la pièce à l'arrière, sa collection.

"La Norton Commando 850 noire, le modèle de 1973, est la dernière que j'aie montée complètement. Un modèle spécial, avec amortissement réglable sur la fourche avant, cadre nickelé et jantes Borrani. Et elle a démarré au quart de tour." Le mécanicien tient à nous faire entendre le son de son moteur. "En quelques mois, l'huile descend dans le carter", explique-t-il, et il réessaye, sans succès.

Frans Apers
Opérateur retraité.

Voiture de tous les jours: Mercedes E220 CDI.

La première moto: FN avec un levier de vitesses des années 30.

La meilleure: "Toutes: c'est moi qui les construisais."

Le rêve: "Les terminer toutes, mais je crains que ce soit impossible."

"Je ne roule plus que rarement. Pareil pour mon fils, Willy. Pendant des années, nous avons fait du side-car cross. D'abord au sein d'un club d'amateurs, puis de l'association belge, la Belgische Motorrijdersbond (BMB). C'est là que je suis aussi devenu champion de Belgique. Tuur Nuyts était aussi un pilote assidu. Quand nous restions coincés dans la boue, les supporters nous sortaient de là en nous tirant avec une corde et un crochet. Nous roulions surtout aux Pays-Bas, où le side-car cross est plus populaire. Là-bas, j'ai même réussi à doubler le champion d'Europe lors d'une course sur piste de sable! En quelle année? Oh, je ne sais plus..."

"Mon père avait une Norton: c'est comme ça que tout a commencé. J'ai fabriqué mon premier side-car à vingt ans. Il était attaché à une Norton 750 que j'avais construite moi-même. Finalement, j'ai fait beaucoup moins de cross que mon fils. Willy a commencé à seize ans, avec un copain de classe dans la caisse. Ils s'entraînaient dans une prairie. J'étais le mécanicien de service. Je suis aussi devenu importateur de Wasp, une marque de side-cars. Tous les deux mois, j'allais en chercher en Angleterre avec la camionnette. Ça m'a pas mal rapporté, bien plus que le cross. Si c'était uniquement pour le plaisir? Non, c'était pour gagner!"

Sur le mur, on peut voir quelques résultats de ces courses, il y a 15 ans. "À la longue, on m'a demandé de construire des motos, ici mais aussi en Suisse. Du coup, je n'avais plus le temps de m'occuper de ma collection." Maintenant, les motos sont l'arrêt. "La Cheney Triumph Daytona 500 a été construite en Angleterre. Mon nom est inscrit sur le cadre. Je ne l'ai conduite qu'une seule fois."

Une Matchless 500cc (vers 1963). ©Thomas Vanhaute

Son AJS bleue affiche 12 miles au compteur. "C'est à peu près la même chose qu'une Matchless. Les fermiers anglais achetaient des Matchless et les gentlemen farmers, des SJA, une marque qui avait plus de classe. Du moins, c'est ce qu'on m'a dit. La Matchless 500 est une moto de compétition du début des années 60. Je l'ai achetée en Amérique, complètement révisée, et je l'ai conduite plusieurs fois. Elle n'a pas d'amortisseurs. Et la conduire sur route n'est pas une option. Quant à la Norton 500 ES2, de la même époque, je l'ai conduite à l'occasion.

Une BSA Gold Star au cadre renforcé, en work in progress. ©Thomas Vanhaute

La BSA Gold Star Catalina Scrambler est très rare. Il existe également peu d'exemplaires de la Norton P11. J'en ai encore une, à l'état de projet."

Il nous montre ses étagères. D'un côté, quatre cadres de Norton Commando et, de l'autre, des cadres BSA, des variantes de Triumph, ainsi qu'une série de moteurs et de boîtes de vitesses, dont beaucoup révisés et prêts à l'emploi. "Tout ça doit encore devenir des motos", soupire-t-il. "Je les construis, mais je ne les conduis pas. J'ai encore beaucoup de travail, vous savez; je pense que ne pourrai jamais les terminer."

La maison est, elle aussi, remplie de pièces, de matériel et d'outils. "Un trésor!", s'exclame-t-il. "Bon, j'avoue qu'il n'est pas évident de garder une vue d'ensemble car je suis assez bordélique. On dit souvent que c'est une caractéristique des meilleurs mécaniciens, mais ce n'est pas toujours vrai."

"Mon fils travaille comme technicien pour la commune. Il fait ça très bien. Autrefois, quand je commençais à travailler sur une moto le matin, elle devait être prête pour le soir ou, à la limite, le lendemain. Mon fils, lui, consacre parfois une demi-année à la même moto! Alors, je lui demande: mais quand est-ce qu'elle va enfin démarrer, mon gars?" (rires)





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