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"J'ai trouvé ce oldtimer chez une une voisine d'Elton John"

La Minerva NN (1919), trouvée au milieu des champs en Angleterre, est devenue la pièce maîtresse du collectionneur. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: un mail d'Australie pour Ivo Braeken.

La Vespa GL 150 (1958) et son casque d'origine. ©Thomas Vanhaute

"Mon grand-père m'a offert cette Vespa GL 150 (1958) quand j'avais douze ans", raconte Ivo Braeken. "Il était agriculteur et avait neuf enfants. Il n'a jamais eu de voiture et n'est jamais parti en voyage. En 1958, il s'est rendu en bus à l'Exposition universelle de Bruxelles: c'était sa première excursion. Il en est revenu avec la Vespa. Mon oncle et mon père l'utilisaient pour aller à la caserne. Je ne m'en séparerai jamais. Regardez, c'est le casque de mon grand-père!"

La Vespa a éveillé son appétit de collectionneur. "Autrefois, on achetait un scooter pour 50 francs: à un moment donné, j'en avais une soixantaine! J'en ai revendu une grande partie." À côté de la GL, se trouve une Vespa SS (1966) presque identique, qu'il a restaurée. "Je la conduis, mais elle n'a même pas fait 30 kilomètres l'année dernière. Ma première vraie moto, je l'ai achetée à 14 ans, en pièces détachées: c'était une Sparta 250.

La FN M50 (1923), le fleuron du constructeur belge. ©Thomas Vanhaute

À 18 ans, j'ai acheté une Indian. Je la conduisais tous les jours, même quand il grêlait! Ensuite, une des premières Harley-Davidson est venue s'ajouter à mon "écurie". Après, il y en a eu beaucoup d'autres, cela faisait beaucoup, mais je les ai presque toutes revendues, sauf ma pièce maîtresse, une FN M50 belge (1923) avec un moteur de 750 cc. La dernière quatre cylindres construite par la FN: le fleuron du constructeur."

Ivo Braeken
Proche aidant.

Voiture de tous les jours: Mercedes-Benz C220 Diesel (1995).

La première: Mercedes-Benz /8 diesel.

La meilleure: "Les voitures sont difficiles à comparer."

La pire: "Aucune."

Vendue avec regret: Oakland 30 cv (1910).

Le rêve: Excelsior.

Après son mariage et la naissance de ses enfants, il a troqué les motos pour des voitures, plus adaptées. Il a acheté la Minerva NN (1919) il y a trois ans. "On retrouve le moteur coulissant quatre cylindres dans les tanks Minerva. J'y ai travaillé pendant deux ans pour la remettre en état et elle a déjà parcouru 20 kilomètres, mais elle a encore quelques maladies de jeunesse. Pour autant que je sache, il en existe encore six de ce type dans le monde.

Celle-ci était neuve et a été exportée en Angleterre avec une carrosserie en aluminium non peinte. Je l'ai trouvée chez la veuve d'un collectionneur de Rolls-Royce, une voisine d'Elton John. Il lui avait offert la Minerva pour son anniversaire: le truc classique."

"Pour en savoir plus sur son histoire, j'ai mis ma voiture sur un forum anglais, ce qui m'a permis d'apprendre où elle avait roulé. Il y a quelques semaines, j'ai retrouvé celui qui avait été son propriétaire jusque dans les années 70, avant d'émigrer en Australie, où il vit toujours.

Le sentiment que j'ai éprouvé lorsque ce mail est arrivé est indescriptible: c'était la fête! Il m'a écrit, pour me raconter que sa mère avait trouvé ma voiture dans les années 1950, dans un champ. Son réservoir était vide. Elle a pensé qu'elle avait dû être abandonnée là par un fermier, sans doute sous l'effet de l'alcool.

Quelques semaines plus tard, elle a été remorquée jusque chez eux. Il l'a conduite dès l'âge de dix-huit ans. Cet été, il passera chez moi pour la voir à l'occasion de sa visite familiale annuelle en Angleterre. Et la veuve à qui je l'ai achetée viendra peut-être elle aussi."

"Avant, j'avais une moto Minerva de 1901, autant dire un vélo avec un moteur. Je l'avais restaurée dans l'intention de ne plus jamais m'en séparer. Et puis, lors du 'Trektocht der Pioniers', un rallye que j'organisais, quelqu'un m'en a proposé une telle somme que je ne pouvais pas refuser. Entre nous, le produit de cette vente m'a permis de payer la moitié de ma maison."

La Ford A (1930), qui reliait jadis la Belgique à Monaco avec le second propriétaire. ©Thomas Vanhaute

Une maison qu'il a choisie pour son garage, bien entendu. "J'ai acheté la Ford A (1930), il y a presque vingt ans: elle n'avait que 30.000 kilomètres au compteur. Aujourd'hui, elle en a près de 100.000. Cette voiture avait été achetée neuve par un avocat de Paris, qui, au bout de quatre ans, y avait fait installer le moteur d'une Ford modèle B. Dans les années 70, elle a été vendue à un industriel de Courtrai qui la prenait uniquement pour aller en vacances à Monaco, une fois par an.

C'est une belle petite voiture! Elle ne m'a jamais laissé tomber. L'an dernier, j'ai révisé le moteur 3.2 d'origine. Rien n'avait encore été fait."

La Lanchester LA 15 (1934), un projet actuellement mis sur pause. ©Thomas Vanhaute

Sous une bâche, il y a une Lanchester LA 15 (1934). "Lanchester est un constructeur historique anglais qui a produit de belles choses. Il a été racheté par BSA, puis a fait partie de Jaguar", détaille Braeken. "J'ai usiné cette carrosserie moi-même, à la main et sans la moindre formation en la matière.

Je me suis dit que s'ils pouvaient le faire il y a un siècle, j'en serais capable moi aussi. Je ne l'ai conduite qu'une seule fois. Elle n'est pas encore terminée. Le projet est en suspens, mais j'y reviendrai quand ma Minerva sera prête à reprendre la route."



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