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L'homme le plus rapide de la F1, Lewis Hamilton: "Mon avenir est dans la mode"

©VAN MOSSEVELDE +N / AUGUST

Il est à un cheveu de son cinquième titre mondial et en passe de devenir le plus grand pilote de F1 de tous les temps. Cela n’empêche pas Lewis Hamilton de porter un regard critique sur le monde de la Formule 1. "Avec ce que je sais aujourd’hui, je ferais certaines choses différemment, mais je ne regrette rien."

Il y a dix ans, Lewis Hamilton faisait la toute première couverture de Sabato. Il venait de terminer sa première saison de F1, avec des débuts sans précédent: le timide Britannique est monté sur le podium lors de chacun de ses neuf premiers grands prix. Cette saison-là, il avait terminé deuxième. L’année suivante, il devient champion du monde. Le public de la F1, les sponsors et les journalistes, tous avaient acclamé le pilote noir d’origine modeste et extrêmement talentueux qui s’était hissé au sommet du sport automobile.

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Aujourd’hui, c’est un peu différent. Son cinquième titre mondial est dans l’air, mais on lui reproche régulièrement d’avoir changé: serait-ce dû à sa fortune, estimée à plus de 200 millions d’euros? Alors, oui, ce sont des choses qui peuvent arriver. Il a fait les gros titres dans l’affaire des Paradise Papers pour avoir immatriculé son jet privé (un Bombardier Challenger 605) sur l’île de Man, preuve qu’il fait partie de la jet set. Côté look, c’est un garçon aux allures de star, arborant tatouages ostentatoires et beaucoup de diamants. "C’est vrai, j’aime les beaux vêtements et le bling-bling", a-t-il déclaré dans le Times. "Je viens d’une famille ordinaire. Enfant, j’ai connu des revers qui m’ont déprimé au plus haut point." Une sorte de compensation, donc. Ou de vengeance. Il a régulièrement été confronté au racisme. Serait-il encore possible aujourd’hui d’entrer dans le club très fermé de la F1 avec des origines aussi modestes que les siennes? "Je ne sais pas", répond-il. "J’en suis membre désormais. Je n’ai plus le temps de suivre le karting et les séries de courses inférieures, mais j’entends que tout ça est devenu encore plus cher. Alors, oui, les champions de F1 issus de la classe ouvrière vont se faire très rares."

La Reine et Nelson Mandela

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Sur la table, une boîte de chocolats, où il pioche allègrement. "Je n’ai jamais été le plus mince des espoirs!", précise-t-il en souriant. Il adore les chocolats. Hamilton est un homme vraiment charmant. Ni difficile, ni blasé. C’est ici, à Spa-Francorchamps, qu’il a vu sa toute première vraie voiture de Formule 1, à l’occasion du premier grand prix auquel il a assisté, sur invitation de Ron Dennis, l’homme qui l’a pris sous son aile dans l’écurie McLaren et qui a investi des millions dans sa carrière alors que Hamilton n’avait que treize ans. Il repense à ses débuts en Formule 1 avec des sentiments mitigés. "J’avais 22 ans et j’ai été jeté dans le grand bain alors que je ne savais pas nager. J’ai été emporté par le cyclone médiatique."

Il a déclaré un jour que son premier titre ne lui avait pas procuré un réel plaisir. Aujourd’hui, c’est différent. "Ces dix dernières années, ma vie a complètement changé. Il y a eu beaucoup de hauts et de bas, mais j’ai plus voyagé et gagné d’argent que je n’aurais jamais pu l’imaginer. Et j’ai rencontré énormément de gens. Comme la Reine. Et Nelson Mandela, pour son nonantième anniversaire."

Il y a dix ans, il a déclaré que Mandela l’avait invité à la Journée mondiale du sida, mais qu’il n’avait pas pu y assister à cause d’autres obligations indépendantes de sa volonté. "Maintenant, je suis beaucoup plus libre qu’à l’époque, c’est vrai. Je vis la période la plus heureuse de ma vie. C’est moi qui gère mes finances, mes contrats et mon agenda. Je ne suis plus prisonnier", ajoute-t-il en faisant mine d’enlever des menottes imaginaires.

L’amour du risque

Lewis Hamilton en quelques chiffres

224 courses, 79 pole positions,
70 victoires, 130 podiums,
40 meilleurs tours en course

Vainqueur du British Cadet Karting 1995

Vainqueur du McLaren ‘Mercedes Champions of the Future’
1996, 1997

Champion d’Europe et du monde
de karting 2000

Champion de Formule Renault britannique 2003

Champion de Formule 3 Euro Series 2005

Champion de GP2 2006

Champion du monde de Formule 1
2008, 2014, 2015, 2017

 

En cours de route, il a pris quelques décisions stratégiques risquées. En 2010, il a rompu ses liens professionnels avec son père-manager, l’homme à qui il devait tout. Et, en 2013, il quitte Ron Dennis et McLaren. Quelle a été la décision la plus difficile? "La deuxième n’a rien à voir avec la première", répond Hamilton. "C’est un autre univers. “The blood is so much thicker”." Après avoir écarté son père, le fossé entre eux était “plus grand que le Grand Canyon”, a-t-il déclaré. Depuis, les choses se sont arrangées. Pendant les week-ends de course, Anthony Hamilton est régulièrement repéré dans le paddock de Mercedes-AMG Petronas Motorsport.

Il n’était pas évident de passer dans cette écurie-là, quelque peu à la traîne à l’époque. Certains prédisaient la fin de sa carrière. "J’aime les risques", commentz-t-il dans le Times. "Et j’ai trouvé ça cool d’aider Mercedes. J’ai enfin eu l’impression d’être un homme, de faire mes propres choix."

Et il s’est avéré que c’était la bonne décision. En 2014, 2015 et 2017, il décroché le titre de champion du monde. À quelle qualité doit-il son succès? Il réfléchit longuement: "Peut-être à ma détermination. Yes I can! Je suis têtu, et incapable de renoncer. Bien sûr que j’ai douté, tout le monde doute. Avec ce que je sais, aujourd’hui je ferais certaines choses différemment, mais je ne regrette rien. Je ne me le permets pas: je prends des décisions et j’avance."

TommyxLewis

On peut s’habiller d’une certaine façon, mais ça ne veut pas dire qu’on est capable de créer quelque chose. C’est moi qui ai conçu cette collection
Lewis Hamilton

"J’ai 33 ans, je suis célibataire et super heureux", affirme-t-il. Sa dernière relation, avec la sublime chanteuse des Pussycat Dolls et personnalité de la télévision, Nicole Scherzinger, remonte à trois ans. Cependant, il voudrait des enfants, mais seulement après sa carrière de pilote, qu’il voit durer encore cinq ou six ans, car il a l’ambition de battre le record de Michael Schumacher: obtenir sept titres.

"Après ça, je ne me vois pas rester dans le sport automobile", ajoute-t-il. "Je me focalise sur le monde de la mode depuis un moment déjà et mon premier défilé à Shanghai approche. C’est très excitant."
La première collection TommyxLewis a été présentée le 4 septembre dernier. Jeune, Hamilton voulait s’habiller comme Pharrell Williams et P. Diddy. Il adorait le style hip-hop, mais il ne pouvait pas se l’offrir: tout passait dans la course, jusqu’à son dernier penny.

La première collection TommyxLewis a été présentée le mois dernier: un mix entre le style college américain de Tommy Hilfiger et des traits Hamiltoniens - tatouages, streetstyle et 44, son numéro fétiche. ©rv

Dans la première collection, on retrouve les racines sporstwear de Hilfiger métissées d’accents Hamiltoniens tels que tatouages, streetstyle et 44, son numéro porte-bonheur. C’est le début d’une deuxième carrière. "On peut s’habiller d’une certaine façon, mais ça ne veut pas dire qu’on est capable de créer quelque chose", déclare-t-il. "C’est moi qui ai conçu cette collection. J’ai fait des recherches, choisi les couleurs, les tissus, les silhouettes, tout. Et je me suis aussi impliqué dans le défilé, le choix des mannequins et de la musique. C’est devenu ma passion. Mon avenir est dans la mode."

Le luxe de Lewis

Comment décririez-vous votre style?
"Urban chic. Comme je suis tout le temps assis dans des voitures et des avions, le confort est essentiel - je porte beaucoup de survêts et de hoodies. Les matières sont également très importantes. Dans la collection que j’ai conçue pour Tommy Hilfiger, nous avons choisi des tissus écologiques et recyclés. Ils sont extraordinaires au toucher!"

Et quand vous sortez le soir?
"Sur mesure. J’aime porter des vestes avec un double boutonnage, des costumes Dolce & Gabbana et Tommy Hilfiger. Pour un homme, il est difficile de se démarquer en smoking. Alors je recherche toujours des couleurs, des tissus et des détails spéciaux."

Un accessoire?
"Les bijoux. Les diamants sont mes meilleurs amis. Le plus souvent, je porte une bague Trinity de Cartier, des boucles d’oreille en diamants et un collier."

La montre sur votre wish list?
"Au fil des ans, j’en ai accumulé une bonne cinquantaine. Je n’ai pas encore de IWC avec tourbillon: le chronographe IWC Da Vinci Tourbillon Rétrograde m’a tapé dans l’œil."

La voiture de vos rêves?
"Actuellement, une Mercedes SL300 noire classique avec soft top. J’ai la chance de pouvoir acheter beaucoup de voitures fantastiques, mais celle-là, je ne l’ai pas encore. Je me vois bien circuler à Malibu dans cette voiture à ma retraite. C’est mon rêve."

Votre objet préféré à la maison?
"Une sculpture en cristal des artistes contemporains Stanislav Libenský et Jaroslava Brychtová. J’aime aussi les meubles anciens et je vais régulièrement à des ventes aux enchères, à la recherche de pièces des années 50, 60 et 70."

Votre destination de vacances favorite?
"Oahu, dans le nord d’Hawaii, parce que le matin je peux surfer et l’après-midi, sauter en parachute. Même en vacances, il faut que je bouge!"

Qu’est-ce qui rendrait votre existence encore plus luxueuse?
"Des enfants. J’atteins un âge où la famille est “the next thing”."


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