"Les amateurs de voitures parfaitement finies ne devraient pas acheter une Tesla"

Thierry Geerts, le patron de Google Belgique, roule en Tesla Model Y Dual Motor All-Wheel Drive. Pour lui, la marque est un détail: "L'essentiel, c'est la technologie."

Dans 'Battery drivers' , Sabato part à la rencontre des personnalités qui ont fait la transition vers la conduite électrique, à la recherche des détails de leur vie au volant.

"Quand j'étais chez Mediahuis, j'ai eu droit à un gros diesel, mais Google ne distribue pas de voitures de fonction", explique le patron de Google Belgique Thierry Geerts. "Lorsque j'ai commencé à travailler ici il y a 12 ans, cette vision écologique était déjà très prégnante, même si elle n'était pas très populaire. J'ai donc emmené mon Land Rover Discovery avec moi. Avec quatre enfants en bas âge, j'avais besoin d'une grosse voiture."

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Lorsque ses enfants sont devenus autonomes, il a acheté... une Mini. "Toute simple", dit-il. "Quand elle a dû être remplacée il y a quatre ans, j'ai voulu passer à l'électrique. Mais j'hésitais. Je faisais beaucoup de kilomètres à l'époque, donc j'avais surtout peur du manque d'autonomie."

Thierry Geerts est le patron de Google Belgique.
©Bob Van Mol

Conduite à une pédale

"Lorsque je me suis enfin décidé, j'ai d'abord voulu acheter une marque européenne. Je crois que je les ai toutes testées à l'époque, mais ce n'était pas mon truc. En soi, elles sont plus belles, mais je pense que beaucoup d'ingénieurs n'avaient jamais conduit une Tesla. Ces dernières étaient tout simplement plus agréables. La conduite à une pédale fait toute la différence. Je n'achèterai plus jamais de voiture sans cette unique pédale. Seul mon pied droit détermine ma vitesse - accélération et décélération - je trouve que c'est une façon très agréable de conduire. Mais beaucoup de voitures européennes n'ont pas cela, même de grands modèles comme la série ID de Volkswagen, pour laquelle j'ai un faible. En plus, on sous-estime beaucoup la nocivité de la poussière de frein. Or, avec la Tesla, je ne freine presque plus et j'économise de l'énergie. En tant qu'ingénieur, je trouve cela tout à fait fantastique".

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Après quatre ans et 90.000 kilomètres parcourus, Thierry Geerts a troqué sa Tesla Model 3 contre une Model Y.
©Bob Van Mol

Après quatre ans et 90.000 kilomètres parcourus, Thierry Geerts a troqué sa Tesla Model 3 contre une Model Y: "Dans la Model 3, il manquait la cinquième porte. Récemment, nous avons également dû choisir une voiture de société pour ma femme. Il me semble qu'on a de nouveau tout essayé pour finalement opter pour une Model 3 à nouveau. Nous avons donc deux Tesla désormais, alors que je préférerais en fait une autre voiture plus petite. À nous deux, nous avons six enfants. Même s'ils sont grands aujourd'hui, il y a toujours quelque chose ou quelqu'un à transporter. Mais admettons-le: nous conduisons tous de trop grosses voitures. Moi y compris".

L'essentiel, c'est la technologie. Et dans une Tesla, on sent que la technologie est très au point."
Thierry Geerts
Patron de Google Belgique

Merveille technologique

"En 1955, la Citroën DS était une merveille technologique", lance-t-il. "La voiture n'était pas tout à fait au point, mais les gens l'achetaient parce qu'elle était en avance sur son temps. Les Tesla ont cette même vision avant-gardiste, même si elles sont moins confortables que les voitures allemandes. L'essentiel, c'est la technologie. Et dans une Tesla, on sent que la technologie est très au point."

La Tesla de Thierry Geerts est blanche, tout comme les sièges en cuir vegan.
©Bob Van Mol
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On s'approche du véhicule. "Déjà, vous n'avez pas besoin de clef. La Renault Espace, l'une de mes voitures préférées, s'ouvrait déjà automatiquement il y a 20 ans avec une carte dans la poche. Lorsque j'ai fait la démonstration à mes amis, ils étaient persuadés que quelqu'un se cachait dans les buissons. Aujourd'hui, il y a encore des voitures qui n'en sont pas équipées. C'est un détail, mais tout de même. Un Espace électrique, je l'achèterais tout de suite."

Sa Tesla est blanche, tout comme les sièges en cuir vegan. "J'ai besoin de lumière. Le blanc donne un sentiment beaucoup plus joyeux et l'intérieur semble plus spacieux."

"J'ai également surestimé la percée de la voiture autonome."
Thierry Geerts
Patron de Google Belgique

On monte à bord. "Les amateurs de voitures parfaitement finies ne devraient pas acheter une Tesla", reconnaît-il. "Par exemple, les détails des portières et ne sont pas parfaits. Sur ce point, les Allemandes sont meilleures. Mais est-ce vraiment important?"

Je pose mon téléphone sur la borne de recharge, très pratique, encastrée dans la console centrale. "La plupart des constructeurs automobiles partent du principe que les gens n'ont pas de téléphone portable", dit Thierry Geerts en riant.

Dans sa Tesla, Thierry Geerts utilise régulièrement le pilotage automatique.
©Bob Van Mol

Pari perdu

"J'utilise souvent le pilote automatique, surtout dans les embouteillages. Au moins, lorsque je conduis sur de longues distances, je suis sûr de ne pas faire d'excès de vitesse." Il en fait la démonstration. "Je garde la main sur le volant, sinon, au bout de quelques secondes, je reçois un avertissement de plus en plus fort."

Lorsque Thierry Geerts a annoncé le télétravail imminent dans son livre 'Digitalis' en 2018, tout le monde l'a traité de fou. "Ce livre parle beaucoup de mobilité. Seulement, j'ai également surestimé la percée de la voiture autonome", dit-il. "J'ai perdu un gros pari à ce sujet."

"À San Francisco, nous avons des taxis autonomes qui roulent au niveau 4. Mais le système est encore imparfait. Par exemple, la voiture doit interpréter un policier qui lève la main. Dans les villes où notre taxi autonome Google circule, nous avons conclu un accord avec la police pour que la voiture ne réponde pas à cet ordre. Bien sûr, elle s'arrête s'il y a un problème", plaisante-t-il

"À l'achat, une voiture électrique coûte facilement 10.000 euros de plus qu'une voiture ordinaire mais vous récupérez cette somme grâce à l'électricité moins chère, à l'entretien négligeable et à la valeur de revente."
Thierry Geerts
Patron de Google Belgique
Tesla met automatiquement à jour certaines fonctions des véhicules.
©Bob Van Mol

"Un signal sonore retentit lorsque le feu passe au vert. Très pratique si vous êtes constamment en train de parler", dit-il en riant. Et lorsque vous utilisez votre clignotant droit, la caméra droite s'affiche automatiquement, de sorte qu'il n'y ait pas d'angle mort. Cette fonction est également apparue soudainement sur ma voiture un jour. C'est comme cela chez Tesla."

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Le meilleur investissement de tous les temps

"La Tesla est un bon achat", juge-t-il. "À l'achat, une voiture électrique coûte facilement 10.000 euros de plus qu'une voiture ordinaire mais vous récupérez cette somme grâce à l'électricité moins chère, à l'entretien négligeable et à la valeur de revente. J'ai récupéré environ 60% de sa valeur après quatre ans et 90.000 kilomètres".

Il ne sait plus tout de suite combien lui a coûté sa voiture. "Environ 70.000 euros. Ce n'est pas rien", reconnaît-il. "Il nous manque un système de financement pour que tout le monde puisse investir dans une voiture électrique. Il faudrait rendre le leasing privé moins cher pour les particuliers et produire des modèles électriques plus petits et moins chers."

"Nous n'aimons pas le changement, même s'il améliore notre vie et la rend plus confortable."
Thierry Geerts
Patron de Google Belgique
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La Tesla Model Y de Thierry Geerts lui a coûté environ 70.000 euros.
©Bob Van Mol

Moins conduire

"Une fois chargée, l'autonomie de la Dual Motor All-Wheel Drive est de 533 kilomètres. En pratique, c'est un peu moins. Mais je ne m'en inquiète pas. Nous sommes habitués à pouvoir parcourir 800 kilomètres avec un diesel, mais beaucoup de gens parcourent à peine 30 kilomètres par jour. Cet été, nous avons traversé la France en voiture sans aucun problème, un voyage de 2.000 kilomètres. Vous entrez votre destination et l'application Tesla calcule où vous arrêter pendant 20 minutes et pour combien de temps."

"Mais au-delà de la discussion 'essence ou électrique', il faut conduire moins. Lorsque je rends visite à des gens, j'utilise souvent le vélo et les transports publics. Oui, la ponctualité des trains doit être améliorée, mais il n'est pas vrai qu'elle soit pire ici que dans d'autres pays."

"Récemment, j'ai eu une discussion avec un passionné d'essence", se souvient-il. Il a fini par essayer et acheter une Tesla. Je pense que la majorité de ceux qui disent qu'ils n'en voudront jamais feront la même chose. En même temps, il faut aller un peu à l'encontre de la nature humaine pour convaincre les gens. Nous n'aimons pas le changement, même s'il améliore notre vie et la rend plus confortable. Avec la numérisation et l'IA, c'est la même chose. Je suis résolument optimiste vis-à-vis de la technologie."

Thierry Geerts se dit "résolument optimiste" vis-à-vis des nouvelles technologies.
©Bob Van Mol
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