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"Les histoires de voitures sont souvent plus intéressantes que les voitures elles-mêmes"

Jean-François et Jean-Luc Delbar, collectionneurs de père en fils: "Même si les voitures sont devenues un produit jetable, nous n'arrivons pas à les jeter." ©Thomas Vanhaute

Jean Delbar, 90 ans, possède des dizaines de voitures de collection. Visite de ses installations.

Jean Delbar (90 ans) a une grosse bronchite qui l'empêche de sortir de chez lui. Sa maison est remplie du sol au plafond de souvenirs consacrés à l'automobile. "Mon père appelait les voitures ses maîtresses", raconte son fils Jean-Luc (57 ans). "C'est ma mère, Rachel, qui a fondé le garage en 1947 et, à partir de 1955, ils ont vendu des Volkswagen. Mon père collectionnait tout le temps, même pendant les vacances. Je me souviens que nous avions trouvé une Bugatti dans un ravin, mais que nous n'avions pas pu la ramener. En 1973, mon père a eu l'occasion d'en acheter une pour 100.000 francs: trop cher."
"Pendant des années, ma collection a été dispersée", explique Jean. "Il y avait toute la gamme Citroën et même la Traction Avant. J'en vendais pour en acheter des plus belles. Avant la guerre, les voitures américaines étaient les meilleures."

La Studebaker Champion Starlight Coupé (1950) et son étrange pare-brise arrière. ©Thomas Vanhaute

Nous suivons Jean-Luc et Jean-François (31 ans) dans un premier garage. Jean utilise encore régulièrement une Audi GT (1980). "La Golf I GLD (1981) a été restaurée. La Jaguar MK IV (1948) n'a jamais été terminée: elle avait des phares de coccinelle!" s'amuse Jean-Luc. Il y a aussi une Coccinelle Standard (1953). Nous prenons l'ascenseur menant à un grenier aménagé, où se trouvent des milliers pièces -volants, odomètres, roues, radiateurs et pseudo oeuvres d'art fabriquées avec des pièces de voiture. Dans un coin se trouvent une vingtaine de mobylettes et de motos d'avant et d'après-guerre d'Auto Union, FN, Gilet, Puch ...

Au rez-de-chaussée, il y a au moins 25 voitures, dont une Studebaker Champion Starlight Coupé (1950) avec un pare-brise arrière en quatre parties. "L'armée marocaine a dû porter secours à mon père au volant de cette voiture lors d'une tempête de neige dans l'Atlas", raconte Jean-Luc.

©Thomas Vanhaute

Nous passons devant une Karmann Ghia (1968) et une collection de bougies d'allumage, une Ford T (1912) et une FN (1909). "Celle-ci est revenue dans son pays natal il y a trente ans: elle avait été en Australie ou en Nouvelle-Zélande. La Minerva Landaulet (1925) a appartenu à un distillateur de whisky écossais, puis elle est allée aux États-Unis où elle a remporté un concours d'élégance. Je ne l'ai entendue tourner qu'une seule fois. Pendant les quinze premières minutes, elle fumait comme une cheminée. Mon père a roulé plus souvent avec la LaSalle Phaeton (1930). C'était la version moins chère de la Cadillac. Quand il est devenu plus difficile de la conduire, mon père a monté un servo. Il a adapté le moteur de la belle Lincoln (1930) pour qu'elle consomme moins. Je me suis marié dans la Delahaye (1924). La première fois que je l'ai conduite, la boîte de vitesses a craqué, mon père était furax! Quand il l'a conduite à son tour, elle a craqué encore plus fort!"

JEAN-LUC DELBAR
Concessionnaire Volkswagen, Audi et Skoda.
Voiture de tous les jours: Audi R8 V10 (2016).
La première: Citroën AMI 6.
La meilleure: Audi Q7.
Le rêve: Bugatti Atlantic.

Jean-François ne roule qu'avec la Packard bordeaux (1936), qu'il essaie de remettre en ordre, en vain. "Avant, je ne pouvais pas la toucher, sinon je me prenais une claque!", raconte-t-il. "Je préfère les modèles plus récents. J'ai une Audi RS2 (1994) avec 86.000 kilomètres au compteur qui atteint 50 km/h plus vite qu'une F1 McLaren. Une rare A2 1.6 FSI. Et une Lupo GTI."

Jean-Luc a hérité de la passion familiale pour la collection: dans un hangar derrière son garage Audi, il a stocké des dizaines de voitures. Une Coccinelle avec 12.000 kilomètres et un van VW avec 40.000 kilomètres; sa première Golf 1 Cabriolet (1979); une Coccinelle Last Edition (2003) du Mexique qui n'a jamais roulé; une Skoda 110 Coupé (1977); une Peugeot 205 Cabriolet (1986); une Audi 80 (1986) et TT (1999); une Maserati Quattroporte (2002). Et même une Golf III (1995), le top de la banalité. "On verra dans vingt ans", déclare-t-il. "D'ailleurs, les histoires des voitures sont souvent plus intéressantes que les voitures elles-mêmes. Qui la conduisait, que lui est-il arrivé? Beaucoup de ces voitures ont une histoire très spéciale."

 

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