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"Mes mini-bikes, je les considère comme un livret d'épargne"

Les Land Rover qui ont participé aux Camel Trophy sont devenues des objets de collection. ©Thomas Vanhaute

C'est non pas dans le garage, mais dans son salon et une pièce attenante que Lieven Claeys (27 ans) conserve huit exemplaires de Honda Dax et Honda Monkey.

"Ma copine trouve que c'est un caprice, mais je refuse de les mettre dans une remise!", s'amuse-t-il. "Et j'en restaure deux autres. J'ai acheté ma première Dax à 15 ans. Je ne l'ai plus; c'est dommage, mais j'avais besoin d'argent pour en acheter une autre. J'en ai eu une centaine, j'essaie de choisir les meilleures et les plus rares."

Une Monkey dorée très rare (1984). ©Thomas Vanhaute

"Du point de vue de la motorisation, la Monkey et la Dax sont très similaires, mais le modèle est différent et les roues de la Monkey sont encore plus petites. Elles ont été développées pour rouler sur le circuit de Suzuka, dans les parcs d'attractions et les campings.

La Dax a été construite de 1969 à 2000 environ. Le modèle a évolué et il y a des versions spécifiques selon les pays. La Monkey date de 1961. En 1967, la Z100 a été remplacée par la Z50. La production s'est arrêtée en 2017 avec une édition 50ème anniversaire, entre 8.000 et 10.000 euros. Si je l'achète, j'aurai la série complète!"

Une Monkey japonaise restaurée (1967). ©Thomas Vanhaute

Il possède aussi les éditions des 30ème et 40ème anniversaires, ainsi que l'édition dorée de 1984 et un exemplaire japonais rouge et blanc de 1967. Au fond du salon se trouvent deux Dax d'origine jusqu'au moindre boulon. La rouge et noire affiche 1.046 kilomètres au compteur et la verte et blanche, 13.000. "Je l'ai achetée pour sa selle à fleurs, une rareté: elle vaut 1.000 euros!"

"J'ai converti ma Monkey noire (2003) en 125 cc et elle a des freins à disque. Elle est faite pour la route. Mais bon, je ne la conduis que trois fois par an. Quant à l'autre, je la fais tourner une fois, puis je fais un tour dans la rue. La Honda Dream 50R (2004) n'a par contre jamais vu une goutte d'essence. Elle a été construite en édition limitée, pour commémorer la RC110, une version de course légendaire de 1962. C'est une relique, elle n'est pas homologuée pour la route, mais elle est superbe!"

Lieven Claeys
Dirigeant de LRC Motors

Voiture de tous les jours: Land Rover Discovery II (2002).

La première: Range Rover 2.5 TD (1995).

La meilleure: Land Rover Defender 110 G4 Challenge (2006).

La pire: Range Rover 2.5 TD (1995).

Vendue avec regret: Land Rover Defender 110 G4 Ghallenge (2006).

Le rêve: Land Rover Defender 110 V8 du premier Tomb Raider avec Angelina Jolie.

 

"Ce sont des valeurs sûres. Car l'argent à la banque, on ne le voit pas. Je les considère comme un livret d'épargne. Il m'arrive de les changer de place pour les voir autrement."

La Land Rover est sa deuxième grande passion. "Mon père est couvreur et il a acheté son premier 4x4 en 1991, pour tirer sa remorque. Et il est devenu accro au tout-terrain. Je l'accompagnais partout -Angleterre, Pologne, Roumanie, Slovénie...

Il a acheté son premier Discovery en Angleterre, pour participer au Camel Trophy, un rallye annuel qui a été organisé entre 1980 et 2000. Comme mes parents ne parlaient pas un mot d'anglais, c'est moi l'ai négocié, à 14 ans! Le vendeur avait un musée privé et Land Rover lui permettait d'acheter des séries spéciales en primeur. Et de temps en temps, il en ajoutait une à sa collection."

Il nous montre le Discovery avec lequel les Belges Tony Carrette et Geert Blondeel ont participé au Camel Trophy en 1991. "Geert affirme que c'étaient les trois plus belles semaines de sa vie. C'était une épave quand je l'ai achetée, et là, elle est en restauration. Cela prend un temps fou! Il a fallu lui mettre une nouvelle carrosserie, car la précédente était complètement foutue, inutilisable.

Ma copine trouve que c'est un caprice, mais je refuse de mettre mes mini bikes dans une remise!

Nous avons également restauré le Discovery (1994) que Dirk Verhoeven et Bertrand Delaude ont utilisé au Camel Trophy, mais pour celle-ci, nous avons pu conserver la carrosserie d'origine, avec toutes ses bosses."

La Defender 110 (1989) n'a pas participé au Camel Trophy, mais c'est la meilleure réplique possible. Pour un beau Camel-Discovery, il faut compter entre 15.000 et 25.000 euros (le double aux États-Unis). Les Defender qui ont participé aux Camel Trophy sont chères, au moins 100.000 euros pour un exemplaire en mauvais état. Mon père et moi en avons reconstruit une, dans les moindres détails.

Pour mes 25 ans, j'ai acheté une Defender d'origine du G4 Challenge -le rallye qui a succédé au Camel Trophy- à une dame qui l'avait conduite au Sénégal et au Mali. Je l'ai réparée et je l'ai prise pour traverser le Maroc. Et je l'ai revendue."

©Thomas Vanhaute

"L'entreprise de mon père marchait bien, mais moi, je ne voulais pas devenir couvreur. Deux jours après avoir décroché mon diplôme de menuisier, j'ai commencé à travailler chez Land Rover, à Ostende. Le soir, je continuais à bricoler sur des voitures, avec deux copains. Et, en 2014, j'ai enfin réalisé mon rêve: créer ma petite entreprise pour Land Rover spécialement équipées.

Aujourd'hui, j'ai encore l'impression que c'est un hobby! Le mécanicien qui travaille ici est mon meilleur ami depuis plus de dix ans."

 






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