sabato

Nous garderons la Jaguar E-Type jusqu'à notre dernier souffle!"

La Mercedes SL190, une passion de fils en père dans la famille Brems.

Une ancienne biscuiterie est devenue le paradis du collectionneur de voitures Philippe Brems. Tous les ans, une voiture vient s’ajouter à sa collection, dont la Jaguar E-Type et la Porsche 912 garée dans son salon.

Philippe Brems, développeur de projets et entrepreneur 

Voiture de tous les jours: Audi A5 2.0 TFSI Quattro (2010), "Un vrai plaisir". 
La première: Volkswagen Polo (1992), "elle appartenait à ma grand-mère". 
La meilleure: Porsche 912 (1969). 
La pire: Mercedes-Benz B180 CDI (2007). 
Vendue à regret: Porsche 930 Turbo (1985). Le rêve: Ferrari F40.

 

C’est dans un cadre idyllique que Philippe Brems (35 ans) nous accueille. “Ce bâtiment a été construit en 1686. C’était une ferme, qui a été transformée en ferme château avant de devenir un collège”, explique-t-il. “Je l’ai acheté à une famille d’industriels, c’était leur résidence secondaire. Vers 1950, ils lui ont ajouté un bâtiment pour y installer une biscuiterie.”

C’est un lieu idéal pour abriter sa passion: les voitures de collection. Une passion qui s’est transmise du fils au père. “J’ai toujours aimé la Ford Mustang, mais je m’en étais un peu lassé et puis, il y a dix ans, Philippe a commencé à m’envoyer des photos de la Mercedes-Benz 190 SL”, confie Ivan Brems (67 ans).

La voiture préférée du père: la Mercedes-Benz 190 SL (1962).

“Ma mère la trouvait trop chère, mais nous sommes allés la voir, sans le dire à mon père!”, explique le fils en riant. “Peu avant ses 60 ans, nous l’avons emmené chez le vendeur, les yeux bandés. La couleur dorée n’est pas d’origine: c’est celle du modèle suivant, la Pagode, mais c’est une des plus belles que j’aie jamais vues.”

Ivan Brems, entrepreneur 

Voiture de tous les jours: Audi A8 3.0 Quattro (2018). 
La première: Toyota Celica (1976), "j’ai eu treize accidents, dont un en faute".
La meilleure: Audi A6 4.2 Quattro (2007). 
La pire: Simca 1000, "Elle m’a coûté 1.000 francs (25 euros)"
Vendue à regret: Porsche 930 Turbo (1985)
Le rêve: aucune.

 

“Depuis lors, j’ai participé six fois au Tour Amical”, ajoute Ivan. “J’ai fait le Tour Iberical et le Sardegn’Amical avec mon épouse. C’était plus fatigant, car j’étais seul à conduire alors que, quand je roule avec mon fils ou mon gendre, on se relaie."

"La première fois, l’alternateur est tombé en panne: chaque soir, je devais démonter la batterie et la charger. Depuis, elle ne m’a plus jamais laissé en rade. C’est un pur-sang, elle est géniale dans la montagne, même s’il faut rétrograder en première dans les virages en épingle à cheveux.”

Une Porsche dans son salon

Depuis, tous les ans, une voiture est venue s’ajouter à la collection. “Je suis amoureux des Porsche depuis l’âge de six ans: je me souviendrai toujours de la première Porsche 911 que j’ai vue!”, témoigne Philippe. “Celle-ci, de 1985, est d’origine et entièrement documentée. Elle avait été expédiée au Texas en 1987, où je l’ai récupérée il y a sept ans."

La Porsche 912 (1969) est la préférée de Philippe Brems.

"Mais je préfère conduire la 912 (1969), surtout sur les petites routes. La répartition du poids est différente. Avec celle-ci, j’ai aussi fait Spa et Zandvoort -pas avec la blanche, parce qu’on ne peut pas réparer une première peinture. Je l’ai achetée aux Pays-Bas. Elle avait peut-être été restaurée aux États-Unis. Normalement, la 912 ne délivre que 90 chevaux. Celle-ci en délivre 130, comme la 911 T, alors qu’elle fait 100 kilos de moins.”

La biscuiterie est devenue le paradis du collectionneur.

Cette voiture est garée dans un salon aménagé. “C’est là qu’on vient boire des bières entre potes, après le vélo. Ou bien on regarde des courses, des matchs de foot. J’ai commencé à démonter la Moto Guzzi 850 T3 (1978), à 22 ans. J’ai tout réduit à l’essentiel, monté un réservoir en aluminium fabriqué à la main, une selle personnalisée, une autre suspension. La V50 (1983) est plus confortable. J’ai appris à bricoler grâce à des livres et aux forums en ligne, et aussi avec des potes mécaniciens. Quand on sait réviser une moto, on sait réviser une Porsche!”

Spéculation

Le père préfère la conduite à la mécanique. Dans l’ancienne biscuiterie se trouve une rangée de voitures classiques. “La Renault 4CV (1955) est d’origine et a 63.000 kilomètres au compteur. Les sièges ont été regarnis avec le bon tissu. Cette voiture ne vaut pas grand-chose, mais elle est super fun. Un jour de rallye, je suis arrivé avec une heure et demie de retard au barbecue de fin de parcours. Même ceux qui n’aiment pas les voitures la trouvent sympa!”

La MGB (1965) n’était pas un bon achat.

“Une voiture n’est pas un investissement, mais elle doit être une bonne affaire”, ajoute-t-il. “La MGB (1965) est un mauvais achat: elle n’est pas en ordre, ni mécaniquement ni visuellement. Nous allons aussi revendre la Porsche 911 Cabriolet Works Turbo Look (1986) et la Mercedes-Benz 450 SL (1979). Parfois, il faut acheter une voiture pour savoir si l’on aime ou pas."

"Par contre, la Jaguar E-Type Série 1 (1964) ne partira pas d’ici, nous la garderons jusqu’à notre dernier souffle!”, jure Philippe. “C’est une des icônes du XXe siècle, et pas uniquement à cause de sa ligne. Elle était très en avance sur son temps. Une 911 délivrait 130 chevaux et celle-ci en délivre 265.”

Cette Jaguar E-Type Series 1 (1964) vient tout juste d’arriver dans la collection.

Après la crise financière, les prix ont explosé et des épaves ont été restaurées en masse, avec beaucoup de mastic. Il y a eu une surabondance de l’offre. Récemment, les prix ont chuté, mais cela ne me fait ni chaud ni froid: la spéculation gâche le plaisir.

L'intérieur de la Jaguar E-type.

Celle-ci vient d’un Néerlandais qui a gardé toutes les factures depuis qu’il a commencé la restauration, en 1997. La frontière a été fermée juste quand nous avons voulu aller la chercher: nous avons dû fait appel à un transporteur. Ce matin, je l’ai conduite à l’inspection. Fantastique!”

Lire également

Publicité
Publicité