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"Plus je regarde ma BMW Touring, plus je la trouve jolie"

Nicolas Geerts avec sa Ducati TS125 (1962) et sa BMW Touring (1974).

Selon Nicolas Geerts, l'amour des voitures est la maladie la plus contagieuse qui soit. Le collectionneur a contracté le virus de son père, en faisant un road trip au fil des grands musées de l'automobile. Aujourd'hui, son propre garage ressemble à un musée.

Nicolas Geerts Consultant freelance. 

La première: Ford Focus (2008), "ma voiture de société mais la BMW 2002 Touring (1974) est la première que j’ai achetée."
Voiture de tous les jours: Mercedes-Benz A160 (2004). 
La meilleure: BMW 2002 Touring (1974). 
La pire: Opel Meriva (2011).
Le rêve: "J’ai une longue liste: par exemple, une Lotus Elan S2 ou Esprit S1."

“En général, je passe plusieurs soirs par semaine dans mon garage, mais pour le moment, j’y viens aussi pendant la journée, ces vidéoconférences me rendent dingue! Je range mon établi et je bricole”, témoigne Nicolas Geerts (35 ans). “En octobre, je serai papa et il faudra que tout soit nickel."

"La précipitation n’est pas une bonne chose: comme l’a écrit le philosophe américain Robert M. Pirsig dans ‘Zen and the Art of Motorcycle Maintenance’, 'You have to surrender to the rhythm of repair'. Il faut également savoir jusqu’où on peut creuser: on ouvre quelque chose pour le réparer et on découvre un autre problème et ça n’en finit plus. Si quelque chose est cassé, on le répare et on reprend la route, sans s’énerver si l’on entend que l’embrayage patine un peu.”

"Lorsque j’ai acheté la BMW 2002 Touring (1974), je me suis demandé pendant des jours: mais qu’est-ce que tu as fait?"
Nicolas Geerts

“L’amour du divertissement motorisé est la maladie la plus contagieuse et la plus incurable qui soit!”, s’amuse-t-il. “Mon père a récupéré la Mercedes 250 C (1970) de son père: sa restauration a duré 17 ans. Il a fallu que je mette la pression sur celui qui s’en chargeait: mon père avait 74 ans, il était temps que sa voiture soit prête!”

Une photo de la première voiture du grand-père de Geerts sous cadre.

“Un an plus tard, nous l’avons prise pour projet de voyage: 24 jours au fil des grands musées de l’automobile... qui en a duré dix! Nous sommes partis d’Anvers pour Zwickau, Ingolstadt, Munich, le lac de Côme, Milan, Turin, Zurich, Mulhouse, et nous sommes rentrés par la Forêt-Noire. Quand j’ai dit que nous allions passer par le col du Brenner, mon père s’est mis à flipper, ‘La voiture n’est pas faite pour ça’."

"C’était un voyage spécial, avec ‘Old Man’ de Neil Young sur ma playlist. Il est difficile d’expliquer pourquoi il voulait que ce soit si court. Il a des côtés bizarres. Même lorsqu’il tombe amoureux d’une voiture, il hésite encore, ‘Est-ce bien raisonnable?’ C’est son mantra."

Dans l’atelier de Nicolas Geerts.

"En plus de mon job, je suis en train de lancer Classic Wheels Auctions, pour vendre les bonnes voitures aux bonnes personnes via des enchères en direct. Comme une voiture classique, ça génère des coûts, c’est elles sont parfois laissées pour compte, alors qu’il est essentiel de les préserver.”

“L’automne dernier, mon père a acheté une autre Mercedes comme celle-ci lors d’une vente aux enchères, en version quatre portes. Et pour moi, l’Alfa Romeo Giulia 1300 TI (1969). Ce n’était pas dans ses habitudes."

"C’était toujours moi qui lui disais ‘fais quelque chose de fou!’, mais il ne s’est jamais lancé dans une vraie collection. Et en fait, j’ai aussi cette rationalisation dans mes gènes. À 30 ans, lorsque j’ai acheté la BMW 2002 Touring (1974), je me suis demandé pendant des jours: mais qu’est-ce que tu as fait? "

La BMW 2002 Touring (1974).

"Il est essentiel de préserver les voitures classiques, même si ça génère des coûts."
Nicolas Geerts

"Mais chaque fois que je m’installe au volant, je souris. J’ai découvert que Paul Bracq avait conçu la Mercedes de mon père et cette BMW -j’ai reconnu des formes dans l’intérieur. La voiture vient des Pays-Bas. Bien qu’elle ait été annoncée sur Catawiki comme ‘first paint, first owner’, je suis au moins son cinquième propriétaire. Mon épouse et moi l’avons baptisée Wilhelmina Petronella Roussaux-Geerts. Nous n’avons pas pu nous décider entre ces deux prénoms. Toutes mes voitures et mes motos ont un nom.”

"Je suis aussi fan de Honda."

“La Ducati TS125 (1962) restera dans son jus et ne partira jamais d’ici, je ne veux pas savoir ce qu’elle vaut. Je l’ai trouvée en Espagne, en épluchant des sites de petites annonces. Je suis aussi fan de Honda. La CB400Ff (1975) est un projet que j’ai un jour acheté pour 1 euro le cc. La CB500f (1977) est venue s’ajouter l’année dernière, et j’ai déjà fait 30 kilomètres."

"Le Dax ST50 (1969) en noyer est le premier cyclomoteur que j’ai acheté, l’été de mes 16 ans. Ensuite, j’ai construit des Monkey, comme la Tricolore en 2005. Douze ans plus tard, je l’ai prise pour aller en Slovénie, au mariage d’un copain. Un truc de dingue... Les cyclomoteurs sont sympas aussi.”

La Ducati TS125 (1962) est dans son jus mais mécaniquement en état de marche.

Toutes les voitures et les motos de Geerts ont un nom.

Les histoires s’enchaînent. “Pendant notre lune de miel au Vietnam, j’ai trouvé sur un marché de motos le bloc CD90 que je cherchais depuis des années pour le Dax. Chaque étal était spécialisé dans une pièce. Pour 12 euros, un Vietnamien a assemblé le bloc, que j’ai ensuite ramené à l’hôtel. Comme l’expédition coûtait cher, je l’ai traîné dans mon sac à dos pendant tout le reste du voyage.”

Nous ne sommes pas étonnés d’apprendre que Geerts se lance également dans l’organisation de voyages à bord d’ancêtres. “Avec un groupe de douze personnes, nous aurions dû partir pour l’Ombrie et la Toscane à la fin du mois de mai, mais là, ce ne sera plus possible.

"Cet été, mon épouse et moi aimerions aller au Royaume-Uni. Là-bas, 80% des routes sont un pur plaisir. Je voudrais en profiter pour visiter tous les musées de l’automobile. Elle m’accorde trois heures par jour pour ça!” (rires)

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