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"Pour les rendre toutes aptes à la conduite, il faudrait que je devienne centenaire"

Jef Schroven (à gauche) accueille ses amis dans son garage: sous le nom de Team Datsun Schroven Olen, ils s’y réunissent pour bricoler et préparer des sorties en ancêtre. ©Thomas Vanhaute

Le hangar de Jef Schroven (72 ans) abrite une trentaine de voitures: des Datsun, une Opel Manta GSI, une Volkswagen Golf I Cabriolet et une Sunbeam. Il les a garées en hauteur, sur des conteneurs et des échafaudages. Tous les samedis matin, six amis, le 'Team Datsun Schroven Olen', s'y réunissent pour bricoler et préparer des sorties d'ancêtres. "Je les laisse conduire mes voitures", sourit le propriétaire.

La carrosserie de sa 240Z d'époque se trouve sur un conteneur dans lequel se trouve une Datsun 1000 en partie restaurée. "À l'époque, nous avions gagné Anvers-Liège-Anvers, De Drie Zustersteden et les 12 Heures d'Ypres", explique Schroven. "Avec elle, j'ai participé au Safari Rally au Kenya en 1973 et en 1975. L'année d'après, nous avons participé au Sahara Marathon, qui partait de Bruges et traversait 31 pays. Ma meilleure voiture de rallye a été la 1600 SSS. Elle était incroyable: je pouvais écrire mon nom dans l'asphalte. Je me mords les doigts de l'avoir vendue; je n'en trouve plus."

©Thomas Vanhaute

En 1968, Schroven ouvre un garage Datsun, le premier nom de la marque japonaise Nissan. "À l'époque, personne ne la connaissait. Il m'a fallu six mois pour vendre ma première voiture: la 1000 qui se trouve dans ce coin, 60.000 francs belges de l'époque. Cette Personal Six était une des premières que j'ai vendues: c'est le gérant du magasin de matériel électrique du village qui l'a achetée pour 110.000 francs belges. C'est une grande et luxueuse voiture six places (trois à l'avant et trois à l'arrière). Peu de gens la connaissent: il y en a moins de dix en Belgique. Elle marche toujours, mais je ne la conduis jamais. En 1977, le modèle 220C lui a succédé et, en 1985, la Nissan Laurel 2.8D avec lève-vitres électrique et servo. Je la conduis assez souvent, plus que ma nouvelle Volvo. Elle a 319.000 kilomètres."

La carcasse d’une voiture de rallye de Jef Schroven. ©Thomas Vanhaute

Les voitures de sport japonaises en vedette sont les deux magnifiques exemplaires de la 240Z, un modèle mythique. Il en a une jaune et une orange. "Ce modèle a été construit de 1969 à 1973, en réponse à la Corvette américaine, et il a eu beaucoup de succès", explique ce passionné. "Les miennes viennent de Californie car, ici, on ne trouve que des épaves. À l'époque, elles étaient considérées comme des voitures rapides, avec leurs 150 ch, même si ce n'est plus le cas aujourd'hui. C'est vrai, ces voitures prennent de la valeur, mais rien à avoir comparé aux Porsche. Mais tout de même, 10.000 euros, c'est trop."

Il y a aussi quelques exemplaires de la 260Z quatre places. "Je l'adore depuis toujours... C'étaient de bonnes voitures." Nous passons devant une Station Wagon 1000, une 200L, une Cherry et une belle 120Y vert vif de 1976, un modèle très spécial. "Et dans son état d'origine", ajoute-t-il. "Je l'ai achetée il y a sept ans. Elle a été dinitrolée, sinon elle rouillerait à une vitesse vv'."

Voiture de tous les jours: Volvo V70.
La première: Renault 4CV.
La meilleure: Datsun 1600 SSS.
La pire: BMW 524d.
Le rêve: Datsun 1600 SSS.

Dans les années 80, la marque est rebaptisée Nissan et Jef Schroven tourne la page. "Les exigences imposées par le Japon demandaient des investissements trop importants. En tant que distributeur de la marque, on n'était plus maître chez soi. Comme j'avais déjà ma petite entreprise de transport, j'ai continué dans cette voie. Mais j'ai continué à assurer les entretiens et les réparations."

"La plupart des voitures sont en état de marche - par contre, les conduire, c'est autre chose. Je restaure la 1200 depuis deux ans déjà: pour que toutes celles que j'ai soient toutes aptes à la conduite, il me faudrait des années! Le fait que je n'ai pas de successeur ne m'empêche pas de dormir. J'espère qu'elles me survivront. Et si ce n'est pas le cas, je ne le saurai pas!"

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