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"Pour les véhicules rares de la Seconde Guerre mondiale, je parcours le monde entier"

Le collectionneur est à l'affût de tout objet relatif à la Seconde Guerre mondiale. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: l'arsenal de Raf Vangenechten.

Dans son allée: un bunker monoplace, qui se trouvait le long du mur de l'Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale. Juste à côté: l'hélice repêchée d'un bombardier abîmé en mer du Nord.

Raf Vangenechten
Gérant du magasin de bricolage American Stock Vangenechten et échevin des travaux publics à Herselt.

Voiture de tous les jours: Alfa Romeo Stelvio Quadrifoglio (2018) avec un moteur Ferrari de 510 ch.

La première: Audi 80 TD (1989).

Moto: BSA A7 Shooting Star (1957).

La pire: BMW 525d (2005).

Le rêve: Un char Sexton. "Mais il ne se réalisera pas: quand on en trouve un, il faut débourser 300.000 à 500.000 euros."

 

La semaine prochaine, ce sera le 75ème anniversaire du Débarquement des Alliés en Normandie, le début de la Libération. Raf Vangenechten (46 ans) nous montre des caisses d'époque remplies de sacs huilés, destinés à stocker des armes pendant l'opération, afin de les garder au sec. "Ce scooter Cushman, utilisé par les parachutistes, avait également été largué", explique-t-il.

"Le Marmon-Herrington (1942) est un véhicule blindé construit en Afrique du Sud pour les Anglais. Il en existe deux autres de ce type en Angleterre. Il roule toujours, bien sûr! Tout comme le Morris C8 Field Artillery Tractor. "On y accrochait une remorque à munitions et derrière, un canon." Il nous montre un obusier de 105 mm. "Il tirait à 12 kilomètres. Il a été neutralisé. Ça me va comme ça. Pour moi, c'est l'histoire du matériel qui compte!"

"J'ai surtout des véhicules anglais: ils ont libéré ma région." Il a aussi la Ford Canada, dans de rares versions 4x2 et 4x4. Et le Weasel Fulltrack, un véhicule amphibie américain construit à Studebaker. "Il a été utilisé pendant l'hiver 1944, lors de la Bataille des Ardennes, et en Normandie."

Il possède aussi un Universal Carrier, des canons antiaériens et une sirène motorisée pour annoncer les frappes aériennes. "On l'entendait à cinq kilomètres à la ronde." Ainsi qu'une Willys du Special Air Service anglais, qui a donné une rouste au feld-maréchal Erwin Rommel dans le désert d'Afrique du Nord.

"Ces jeeps étaient dropées par des avions. Elle dispose d'une vitre pare-balles pour le conducteur et de quatre réservoirs à essence d'une capacité de 300 litres. Les réservoirs contiennent une épaisse couche de caoutchouc, qui referme les trous des balles. Celle-ci a roulé dans les Ardennes. J'ai aussi une Dodge WC 55 (1944) armée d'un canon. Elle est ailleurs, je manque de place."

"Je roulais toutes les semaines, mais je n'ai plus le temps. Spearhead, le club dont je suis membre, organise chaque année en juillet l'Opération Bluecoat, une grande rencontre à Lichtaart. Je réunis les personnes qui peuvent y participer et c'est la folie."

La M20 (1941) est une des pièces de sa belle collection de BSA. ©Thomas Vanhaute

Nous passons devant une BSA M21 (1938) et une M20 (1941). Derrière une porte, nous découvrons huit BSA d'après-guerre. "Je suis un fan absolu des BSA. Pourquoi? Vous en avez déjà conduit? Ce sont vraiment des motos de la vieille école! Comme elles sont anglaises, tout est inversé: des manettes de frein et d'embrayage à la pédale d'accélération.

Il a aussi une thématique consacrée aux camps de concentration. ©Thomas Vanhaute

La marque BSA était très polyvalente. Elle fabriquait des bicyclettes, des cyclomoteurs, des armes et même des voitures. J'en avais une, mais je l'ai vendue. Je travaille à la restauration de la Lightning (1968)." Il a aussi une Triumph TWN 500 (1943) -l'abréviation de Triumph Werke Nürnberg. Triumph est un constructeur de motos fondé en Angleterre par un Allemand. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il jouait dans les deux camps." Et une Harley-Davidson WLA (1942) de l'armée américaine. "Et une Electra Glide CVO (2009) et une Softail Slim (2017)."

"Après la guerre, les Britanniques ont repris tous leurs véhicules. Les Américains, par contre, les ont laissés sur place", explique-t-il. "On en trouve encore beaucoup, notamment en Lettonie et en Ouzbékistan. Pour des raretés, je parcours le monde entier. Une vraie maladie! S'il y a une limite? J'aimerais bien, mais je ne crois pas. Le problème, c'est que tout le monde pense que tout vaut de l'or: une simple Willys coûte facilement 20.000 euros."

"C'est ma passion depuis toujours. J'ai porté l'uniforme militaire de mon père jusqu'à ce qu'il soit usé jusqu'à la corde. Je n'ai jamais vraiment envisagé d'entrer dans l'armée: ça ne rapportait pas assez."

©Thomas Vanhaute

Dans le grenier du hangar, il a installé son impressionnant Allied Forces Museum. On voit des armes, des vélos pliants pour parachutistes et un Cocleshell Canoe MK7. "Construit à huit exemplaires pour le raid de Bordeaux. Il en reste deux."

Mais aussi des boules de Noël avec des croix gammées et un coin thématique consacré aux camps de concentration. "Ce dernier thème est une quête intense et difficile. En 2013, j'ai passé mon examen à l'Université de Cracovie afin de pouvoir servir de guide dans les camps. Maintenant, je peux aussi accéder aux archives et effectuer des recherches sur les Belges déportés, comme Raymond Van De Wiele d'Erwetegem. Regardez, ce sont les vêtements qu'il portait dans le camp."





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