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'Quand je viens de conduire la Porsche 964, ça sent dans toute la maison'

Trois générations de fans de voitures réunies devant leurs modèles fétiches. ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: trois générations d’amour de l’automobile chez les Van Den Hove.

"La Fiat 600 (1974) est presque prête!", s’exclame Luc Van Den Hove (66 ans). "Plus que deux journées de travail! Mon père a eu la même, c’était sa première voiture. Il venait me chercher à l’école. C’est avec elle que j’ai eu mon premier accident: j’ai foncé dans un mur. Je n’avais que onze ans..."

La Fiat 600 (1974). ©Thomas Vanhaute

"Mon père était routier et passionné de voitures. Son frère, mon oncle Tuur, l’était encore plus. C’est lui qui m’a appris à conduire, dans une Renault 4CV. Il a aujourd’hui 85 ans, mais il roule toujours en voiture, dans une petite Peugeot. Ma première voiture était une Fiat 850 Coupé. Elle a fini en sinistre total. Et, il y a 16 ans, j’ai acheté cet exemplaire de 1970 sur lequel j’ai travaillé des heures! Pour la mécanique, je fais tout moi-même. J’ai déjà remplacé deux fois le joint de culasse, dont une après que mon fils Gunther l’ait conduite."

"Avant même d’avoir son permis de conduire définitif, il m’expliquait que notre Opel Omega de l’époque montait à 220 kilomètres à l’heure. Je lui avais promis de lui offrir sa première voiture, et j’ai décidé que ce serait une 2CV."

La Fiat 850 Coupé (1970). ©Thomas Vanhaute

"J’étais content d’avoir un moyen de transport à moi, mais une 2CV, je n’étais pas trop emballé!", avoue son fils. "Cependant, j’en garde de bons souvenirs, comme un week-end dans les Ardennes avec quatre copains, quand la capote s’est envolée et que le tuyau en carton du chauffage a pris feu. Une autre fois, c’est le levier de vitesses qui s’est détaché...! Au bout de six mois, je l’ai échangée contre une VW Polo. Et c’est mon père qui en a hérité."

Cette 2CV n’est plus ici, mais, il y a cinq ans, Luc en a acheté une autre, de 1976. "Une épave à 1.000 euros. J’ai tout remplacé sauf la peinture, que j’ai sous-traitée car cela aurait été un sacrilège de la bâcler après y avoir travaillé si longtemps. C’est celle que je préfère conduire et que j’utilise le plus souvent. Je suis en admiration devant les développeurs de la 2CV: elle est très simple et bien construite, c’est comme un meccano. La suspension et la tenue de route sont top. Le moteur est indestructible et on sent sa puissance de manière très directe."

La Porsche 964 Carrera 2 (1992). ©Thomas Vanhaute

Nouvelle génération

Luc Van Den Hove
Technicien en chef de l’atelier de la SNCB à Gentbrugge à la retraite.

La première: Fiat 128 (1970).

La meilleure: BMW 320d (2002).

La pire: BMW 318 GT (2015).

Projet suivant: Fiat Barchetta (1996).

"Il me fallait une maison bel-étage où garer au moins deux voitures", explique Gunther. "Quand j’avais cinq ans, je rêvais déjà de la Porsche 964 Carrera 2 (1992). Quand je viens de la conduire, ça sent dans toute la maison. Mes deux fils et moi, nous adorons cette odeur! Je l’ai achetée il y a onze ans à son premier propriétaire pour 19.500 euros. L’année dernière, j’ai encore dépensé 18.000 euros pour la faire restaurer. Aujourd’hui, elle vaut plus que la somme de ces deux montants, et j’en ai eu énormément de plaisir durant toutes ces années: elle affiche 285.000 kilomètres au compteur et a toujours passé le contrôle technique comme une fleur."

La BMW M3 (2018) est sa voiture préférée. "Cela faisait des années que j’en rêvais. C’est Maxim qui m’a poussé à craquer. Nous sommes allés la commander chez le concessionnaire: il n’y en avait que quelques-unes avec une boîte de vitesses manuelle. Je l’ai achetée pour la garder et la leur laisser en héritage. Dès que le moteur démarre, un large sourire s’épanouit sur nos visages. C’est la voiture familiale idéale, mais avec son pack Competition et ses 450 ch, elle est également parfaite pour les circuits. Maxim n’avait que douze ans quand il l’a conduite à Zandvoort, et Manu, dix."

Maxim (14 ans) et Manu (11 ans) sont tous deux passionnés de sport automobile. "À quatre ans, Maxim conduisait déjà un ‘baby kart’ sur un circuit balisé avec des cônes, et il roulait jusqu’à ce que le réservoir soit vide. Il avait onze ans quand nous sommes allés faire du karting avec des copains, et j’ai demandé à toute cette petite bande d’être prudents. Notre équipe a remporté la course, car, autour du circuit, tout le monde s’est mis à l’encourager. Maxim est doué: il fait des courses automobiles en ligne."

Le charme du voyage à l’italienne. ©Thomas Vanhaute

"Manu est plus taiseux, mais il ne faut pas le sous-estimer", ajoute le grand-père. "Et contrairement à Maxim, il est également doué pour tout ce qui est technique."

Dans le cadre de la Belgian Gentlemen Drivers Cup (BGDC) ce week-end, Gunther roulera à Zolder, où il a déjà participé aux 24 heures à cinq reprises. Son équipe, Heli Racing, a terminé à la seizième place cette année, avec une BMW M235i Racing Cup. "C’est génial de partager ma passion avec mes fils! Nous rêvons de courir ensemble. Nous ne sommes pas très riches et le sport automobile haut de gamme coûte cher, mais s’ils travaillent bien à l’école et ne fument pas, je leur offrirai une licence de course pour leurs 16 ans et je leur paierai leur première course."

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