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Un paradis automobile en pleine zone industrielle

Le pick-up Dodge D100 (1957). ©Thomas Vanhaute

Visite au fil des garages belges. Cette semaine: les souvenirs de Kenneth Lejeune.

Les Harley-Davidson Road Glide (2015), Breakout (2014) et Fat Boy (1994) sont alignées comme des sardines. "Mon père a acheté la Fat Boy presque neuve", précise Kenneth Lejeune (39 ans). "À l’époque, elle avait un tout autre look: en 25 ans, il l’a complètement transformée. C’est une pièce de famille! Je l’ai conduite pendant des années, mais maintenant, c’est mon épouse Ellen qui l’utilise."

"Moi aussi, j’ai été contaminée par le virus des moteurs", ajoute Ellen Eeckhout (32 ans). "Dans une grande prairie près de chez nous, nous faisions du cross avec des voitures et des cyclomoteurs." Ici, en pleine zone industrielle, ils ont aménagé leur paradis. Lejeune est spécialisé dans le sablage de meubles vintage, dont est rempli son atelier avec showroom et bar.

La Harley-Davidson Tri Glide Ultra Classic (2014). ©Thomas Vanhaute

"Mon père est décédé d’un cancer, il y a trois ans. C’était un collectionneur: il a acheté neuve la Harley-Davidson Tri Glide Ultra Classic (2014). Comme la Road Glide, elle a un moteur de 1,7 litre et est étonnamment rapide. Au cours de l’été 2016, nous avons traversé la France et l’Espagne. Ellen roulait avec mon père. Maintenant, elle emmène parfois sa mère. Et moi, j’étais sur la Road Glide."

Il nous montre une grande photo, prise sur le chemin du retour. "Là-bas, il se sentait encore en pleine forme, pourtant, il nous a quittés trois mois plus tard. J’ai toujours été proche de mon père, et c’est avec lui que la collection a commencé. Moi non plus, je ne parviens pas à me séparer de quoi que ce soit; je ne fais qu’ajouter. Il adorait tout ce qui est américain! Pour ma première communion, il conduisait une Cadillac de six ou sept mètres."

La Ford Mustang décapotable (1971). ©Thomas Vanhaute

Kenneth Lejeune et Ellen Eeckhout
Gérants de Carlio Vintage.

Voiture de tous les jours: 
"Nous changeons tout le temps."

La première: 
"Le pick-up Chevrolet S-10 que mon père avait rapporté des États-Unis." 

Vendue avec regret: 
Aucune. 

Le rêve: 
Ferrari 488 GTB.

"Nous faisions aussi du quadcross ensemble. En 1994, il a également fondé le bar américain Porky’s à Merelbeke où j’ai travaillé après ma formation de cuisinier et que nous avons remis en 2001. La même année, il a construit cette maison, qui réunit travail, logement et loisirs."

"Pour le moment, je ne touche pas à la carrosserie du pick-up Dodge D100 (1957). Je l’ai sablé et restauré il y a trois ans. Ça fait bientôt dix ans que je l’ai. Je l’ai échangé contre un hot rod de mon père, basé sur une Ford T de 1923, avec un gigantesque moteur de 550 ch. Il était membre de plusieurs clubs. Lors d’un barbecue, ils avaient organisé ici un concours de burn-out et le moteur a explosé. Ensuite, la voiture n’a plus été utilisée. J’ai longtemps hésité avant de l’échanger, mais je ne le regrette pas. Celui qui l’a reprise l’a remise dans son état d’origine."

"Les batteries constamment à plat sont un problème de luxe!", ironise-t-il. "J’ai beaucoup de véhicules et tous sont immatriculés, mais comme je travaille six ou sept jours par semaine, je n’ai pas beaucoup de temps."

La Chevrolet Corvette (1974). ©Thomas Vanhaute

À l’extérieur, nous découvrons une Ford Mustang jaune vif (1971). "Nous en avions une autre comme ça, mais mon père l’a vendue. Il y a sept ans, j’ai échangé ma Dodge Wrangler contre celle-ci." À l’intérieur, une Chevrolet Corvette est garée en hauteur. "Elle est de 1974, mon père l’a achetée au début des années 80, avec moins de mille kilomètres au compteur. Elle a le gros moteur de 6,4 litres. Mon père voulait l’équiper d’arbres à cames de course, mais il ne l’a jamais conduite. Son intention était de la terminer après sa retraite. Je vais m’y mettre l’année prochaine."

Lionel Lejeune a également développé, loué et vendu des jukebox. "Il avait conçu une version numérique", explique son fils. "Regardez, c’est son prototype, sur lequel nous avons continué à travailler. À côté, il y a notre premier exemplaire achevé. Je voulais l’offrir à ma mère pour ses 60 ans, mais elle est décédée quelques jours plus tôt, du jour au lendemain, pendant ses vacances en Turquie. C’était il y a cinq mois.

Je traverse une période difficile. Les voitures et les motos que je garde sont les témoins d’un passé heureux. Chacune est liée à des souvenirs d’enfance et à des personnes que j’ai aimées."

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