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Un nouveau label belge de soins basés sur l'ADN

L'ADN est un élément objectif quant à la qualité et l'aspect de l'épiderme: c'est ce qui a convaincu Barbara Geusens de concevoir une ligne de soins, Nomige.

Vous avez les yeux bleus de votre père? Le caractère de votre mère, comme sa peau sèche? C'est cela qui intéresse Barbara Geusens: elle étudie la prédisposition génétique de la peau en vue de composer des soins adaptés à votre ADN. "La génétique ne doit pas devenir un gadget."

Sous quelque forme que ce soit, remettre un échantillon d'ADN a un côté fataliste. Ça commence innocemment par l'amusement ("qu'est-ce qu'ils vont bien découvrir sur moi?") et ça finit par la peur ("et si j'étais porteuse d'une terrible maladie?"). En frottant l'intérieur de ma joue avec le coton-tige de Nomige avant de le déposer dans le réceptacle prévu à cet effet, je ne peux m'empêcher d'y penser. Et s'il s'avérait que je suis génétiquement prédisposée à développer un mélanome? "Ce n'est pas moi qui vous l'apprendrai", me rassure Barbara Geusens (36 ans). "Je ne traite que les défauts géniques relativement innocents liés à la dégradation du collagène, à la protection des antioxydants et à l'hydratation de la peau: tout ce qui est lié à la beauté et la santé en réalité."

Faut-il vraiment un laboratoire pour découvrir que j'ai la peau sensible et plutôt sèche? Une esthéticienne pourrait me le dire également. "Souvent, ces analyses sont menées de manière arbitraire. Ce sont des instantanés: l'état de la peau dépend du moment de la journée, des activités que vous avez menées ce jour-là et des produits que vous avez utilisés. Une peau sèche peut être la conséquence d'un mauvais savon, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'elle soit intrinsèquement sèche", explique-t-elle. "Ma ligne de cosmétiques, Nomige, à l'ambition de retourner à la base. L'ADN est un élément objectif qui ne change pas constamment et fournit quantités d'informations."

Le déclic
"C'est sans aucun doute une piste intelligente", commente le professeur Jan Gutermuth, chef du département de dermatologie de l'UZ Brussel quand nous lui parlons de Nomige. "Dans le monde médical, les traitements basés sur l'ADN du patient sont utilisés depuis longtemps. Il est donc parfaitement logique qu'une spin-off dans le secteur des soins de la peau s'y intéresse aussi."

En effet, c'est lors d'une formation en biopharmacie à l'Université de Gand et la découverte de certains traitements contre le cancer adaptés en fonction d'une prédisposition génétique, que Barbara Geusens a eu l'idée d'une ligne de soins totalement innovante dans son concept. "Il m'a paru logique de concevoir des soins pour la peau basés sur l'ADN de celle qui les utiliserait", explique-t-elle. Elle a poursuivi sa carrière universitaire en tant que bio-ingénieur et a obtenu un doctorat au département de dermatologie de l'Université de Gand. Après une année à la Vlerick Business School, l'ambitieuse scientifique s'est retrouvée chez Omega Pharma, pour occuper un poste de développeuse de produits. On pourrait penser que c'était la fonction idéale pour réaliser son rêve. "Je me le suis dit des centaines de fois", acquiesce-t-elle. "Mais je savais que si je mettais mon idée sur le tapis, ici, je la perdrais." Et donc, elle s'est tue. Jusqu'à aujourd'hui.

Recette secrète
Toutes ses économies ont été investies dans Nomige, auxquelles se sont ajoutés une subvention de l'Agence flamande pour l'entreprise et l'innovation, un prêt de la banque et un prêt supplémentaire via PMV, une initiative économique gouvernementale qui joue le rôle de société de capital-risque auprès des entreprises prometteuses. Les soutiens ne manquent donc pas pour développer cette nouvelle voie, même si elle n'a pas de brevet pour le moment. "J'examine toutes les options. Un brevet est une arme à double tranchant, car, ainsi, je révèle ma méthode de travail à d'éventuels imitateurs. Regardez Coca-Cola: ils n'ont pas de brevet car ils préfèrent garder leur recette secrète."

Où cela nous mènera-t-il? Allons-nous un jour recourir à de l'ADN d'embryon pour avoir une peau de bébé à vie?

Quelle est donc cette méthode de travail? Qu'arrivera-t-il à mon coton-tige? "Il part dans un laboratoire à Leyde, aux Pays-Bas, qui, après analyse, me communique un code ADN. Ce code consiste en une séquence spécifique des lettres A, T, C et G. Je soumets ensuite ce code à un algorithme que j'ai développé. Sur base du résultat, je rédige un rapport en "langage humain": les carences en antioxydants, la dégradation accélérée du collagène ou un défaut dans les lipides qui construisent la barrière cutanée. Sur cette base, un profil de risque est assigné et les ingrédients appropriés sont proposés. Ce rapport est envoyé par e-mail à la cliente et, une semaine plus tard, elle reçoit trois soins adaptées à son ADN. Comme les composants sont ultra ciblés pour chaque défaut, ils contiennent des actifs que l'on ne trouve nulle part ailleurs et, comme certains sont rares, leur prix est évidemment un peu plus élevé."

Barbara Geusens ne compose pas seulement des produits élaborés en fonction de l'ADN. Dans sa gamme, il y a également une crème de jour appelée 'lifestyle cream', un soin choisi en fonction du mode de vie de la cliente. Via le site web, les clientes répondent à un questionnaire portant sur l'âge, bien sûr, l'alimentation, le tabagisme et les habitudes sportives, mais aussi le caractère; par exemple, "Est-ce que cela vous dérange d'avoir une peau inégale au toucher?"

"L'apparence de votre peau est déterminée pour environ 60 % par la prédisposition génétique", explique la chercheuse. "Les 40 % restants le sont par votre mode de vie. Les fumeuses ont des problèmes de peau spécifiques, tout comme les femmes enceintes. C'est quelque chose que nous ressentons tous intuitivement."

Ce supplément d'hydratation, de vitamines et de filtres UV se retrouve dans un assemblage 'lifestyle'. Ainsi, avec les trois soins ADN, l'ensemble se compose de quatre tubes que l'on applique, idéalement, à différents moments de la journée. "Tout comme vous n'ingérez pas tous vos aliments en un seul repas, il faut également donner à votre peau le temps d'absorber les différents ingrédients actifs, sans oublier que les composants peuvent interagir. Une application échelonnée est la garantie que les substances actives restent bien actives et que leur action est effective."

Données génétiques
Le Dr. Gutermuth est prudemment optimiste quant aux quatre produits proposés. "Il y en a certainement déjà de bons disponibles sur le marché. Les paramètres les plus importants d'une bonne crème de jour sont la protection contre les rayons UV et les radicaux libres, c'est-à-dire les antioxydants. Il n'a pas encore été démontré qu'une crème sur mesure fonctionne mieux que les produits commercialisés. L'avenir le dira", déclare-t-il.

"Comme il s'agit d'une nouvelle méthode, nous manquons de données scientifiques", rétorque Geusens. "J'organise actuellement une étude split-face dans laquelle les produits Nomige sont testés en parallèle avec des produits commercialisés."

Tant le professeur que la chercheuse partagent une préoccupation majeure au sujet de cette révolution dans le monde des cosmétiques, à savoir que les données génétiques tombent aux mains de charlatans. "Je respecte strictement la nouvelle législation de l'Union européenne en matière de protection de la vie privée. Tout est anonyme", souligne Geusens. "La cliente donne son accord et les résultats ne sont communiqués qu'à elle. On lui fournit une explication complète et transparente sur les paramètres testés et les résultats obtenus. La confidentialité est totale."

"La génétique ne doit pas devenir un gadget", ajoute-t-elle, en faisant allusion à un certain nombre d'acteurs, comme le britannique GeneU. "Ces derniers effectuent une analyse génétique sur place, dans leur flagship store. C'est plutôt bizarre: à ce que je sache, on ne peut pas faire une telle analyse aussi rapidement."

D'autres acteurs étrangers, comme l'Australian Skin DNA, réalisent des analyses similaires, mais n'offrent ni solutions, ni produits personnalisés. L'entreprise suisse ID-DNA donne non seulement des conseils sur les soins de la peau, mais aussi son avis sur l'alimentation, les performances sportives et même la vie sexuelle. Et tout cela, sur la base de l'ADN de la cliente. "J'ai choisi de ne pas me consacrer aux produits capillaires et au maquillage. Mon domaine d'expertise, c'est les soins de la peau."

Barbara Geusens est également la première à reconnaître qu'elle ne détient pas non plus le Graal pour lutter contre le vieillissement de la peau. "Il est scientifiquement impossible de le prévenir. Je ne peux que découvrir ce qui, chez vous personnellement, accélère ce vieillissement. Ensuite, nous essayons d'y remédier à l'aide de composants spécifiques pour le normaliser."

Où cela nous mènera-t-il? Allons-nous un jour recourir à de l'ADN d'embryon pour avoir une peau de bébé à vie? La chercheuse nous assure que nous en sommes encore très loin. D'ici là, il n'y a donc rien d'autre à faire que de continuer à se choisir la crème de la crème...
499 euros pour le test et les quatre soins ciblés. Commandes supplémentaires à partir de 84,99 euros. www.nomige.com

 

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