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Le samedi de l'activiste Adélaïde Charlier

Le sabato d’Adélaïde Charlier, militante pour le climat : courir pour attraper son train, préparer des actions climatiques et rêver d’un Ironman.

Chaque jour est différent, et le samedi ne fait pas exception." En 2019, en compagnie d’Anuna De Wever et d’une quarantaine d’autres jeunes activistes pour le climat, Adélaïde Charlier (20 ans) s’est rendue en Amérique latine en voilier pour assister à la COP25, prévue au Chili. La conférence ayant finalement eu lieu à Madrid, elle a profité de sa présence sur place pour découvrir la forêt amazonienne. À son retour, elle a réalisé un stage au Parlement européen.

Adélaïde Charlier

  • Militante et activiste en faveur du climat
  • Chroniqueuse sur NRJ
  • '60 secondes pour le climat'

Après le rapport alarmant des Nations Unies publié l’été dernier, l’automne s’annonce chaud sur le front du climat. Vendredi prochain, avec des délégations de Belgique, de France, du Luxembourg, d’Allemagne et des Pays-Bas, Youth for Climate organisera l’action 'Cycle for Future' à Bruxelles. "Une grève mondiale pour le climat est prévue le vendredi 24 septembre. Et, le dimanche 10 octobre, il y aura une marche pour lancer la conférence sur le climat de Glasgow, qui aura lieu en novembre."

6H30 – "Comme d’habitude, je me lève tôt. Il n’est pas rare que la radio m’appelle
pour une interview, que nous suscitons parfois via les réseaux sociaux. La communication est au cœur de mon activisme."

9H30 – "J’avale mes céréales et un café. Les réunions sont le fil conducteur de ma journée. Je discute en ligne avec quelqu’un qui veut organiser des concerts pour le climat. Pour attirer les jeunes, il est essentiel de les amuser. Nous devons montrer que cet indispensable changement peut être agréable et ne signifie pas devoir renoncer à tout ce que nous aimons, mais, au contraire, pouvoir prendre davantage de temps pour nous-mêmes et nos proches, et vivre plus intensément."

J’emmène partout: "Mon sac à dos a été réalisé par des indigènes d’Amazonie: il représente la carapace d’une tortue, un symbole de protection." ©Alexander D'Hiet

11H00 – "Je passe beaucoup de temps dans le train: j’ai l’habitude de courir pour l’attraper, mais comme il est souvent en retard, ça va. Sur le trajet de Namur à Bruxelles, je réponds à mes mails et je prépare mes discours."

"Mon Lunch? Un sandwich vite fait: je suis végétarienne, mais j’aimerais devenir vegan."
Adélaïde Charlier
Militante pour le climat

12H30 – "Je discute avec Colas, un ami qui réalise une vidéo sur ce qu’il a ressenti lorsqu’il a entendu parler de la question climatique. Le dernier rapport du GIEC peut rendre les jeunes anxieux ou déprimés. Certains perdent le goût de vivre. Colas explique comment le fait de passer à l’action et de créer un réseau international peut aider à ne pas se sentir seul."

14H30 – "Je mange un sandwich vite fait: je suis végétarienne, mais j’aimerais devenir vegan."

14H45 – "La semaine, j’étudie. Le samedi, je prépare les actions du vendredi suivant avec d’autres. Nous nous rendons sur place, explorons le quartier et discutons avec la police de ce qui est possible. Nous réfléchissons également à la manière de rendre nos actions d’automne originales, pour attirer beaucoup de monde."

"Un de mes leaders spirituels, Satish Kumar, prône une économie au service de l’homme et non l’inverse." ©Alamy

16H00 – "Il y a aussi des actions le samedi: c’est plus facile pour les parents et les grands-parents. Nous allons au Parlement -européen ou fédéral- avec nos pancartes. Les citoyens peuvent faire beaucoup, mais ils n’ont pas accès aux moyens pour agir en faveur d’une société neutre en carbone. C’est pourquoi nous nous focalisons sur la politique et l’industrie."

19h00 – "Je prends le train pour Yvoir afin d’assister à une conférence de Satish Kumar, un leader spirituel indien, consacrée à une économie au service de l’homme et non l’inverse. Et à la slow life: ralentir et consacrer du temps à ce qui nous entoure. Il m’inspire beaucoup. Le fait que je vive à du 100 à l’heure est un paradoxe difficile à vivre, mais la question du climat est urgente. J’y réfléchis et je me remets en question. J’ai encore beaucoup à apprendre."

23H45 – "Je suis de retour à Namur. Trop tard pour courir ou enfourcher mon vélo de course, malheureusement. Je rêve d’un Ironman, mais je ne peux pas m’entraîner suffisamment: mon militantisme et mes études sont prioritaires. Le dimanche, je fais régulièrement une version plus courte du triathlon. Oui, même ce jour-là, je me lève très tôt."

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