Le samedi de Baloji, le réalisateur qui a raflé cinq Magritte

Le samedi du réalisateur et musicien Baloji: dénicher des vinyles, s’offrir un bain culturel et chanter à tue-tête avec sa fille.

"Le samedi, ma fille de 15 ans vient chez moi pour le week-end, ce qui me permet de jouer mon rôle de père", explique Baloji (44 ans). L’univers professionnel de l’artiste est très varié: il réalise des courts et longs métrages depuis 2012 et se consacre à la musique, au théâtre et à l’opéra. "La créativité est un jeu qui stimule mon cerveau. Tous les supports m’intéressent: selon l’idée, ça peut devenir une pièce de théâtre, un opéra, une chanson ou un film. Mais j’ai une préférence pour le cinéma, car c’est là que tout converge."

Au début du mois, son film "Augure" a obtenu 13 nominations aux Magritte du Cinéma, et en a remporté 5. "En Flandre, j’ai été élu Espoir de l’année et ‘Augure’ a remporté l’Ensor (l’équivalent flamand du Magritte, ndlr) du Meilleur film francophone. Une belle reconnaissance pour le travail de l’équipe!"

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L’affiche du dernier film de baloji, "Augure", récompensé par cinq Magritte.

8h00 – "J’aime me lever tôt, surtout quand je suis en phase d’écriture. J’ai alors un emploi du temps rigoureux, presque comme un athlète. Je commence généralement ma journée en écoutant les actualités à la radio, pour être totalement au fait. Le week-end, nous aimons écouter la BBC 1Xtra, car il y a toujours de la bonne musique. Curieusement, nous n’écoutons la radio que le samedi: en semaine, nous écoutons plutôt des vinyles et nos playlists."

8h30 – "Je prends mon petit-déjeuner en compagnie de ma fille. Pour moi, ça se résume à un litre de café, c’est facile! Et aussi beaucoup d’eau. J’ai une super machine à café, ça aide."

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10h00 – "J’adore lire la presse. Je lis le M, le magazine du Monde, Libération et le T Magazine du New York Times pour la culture."

11h30 – "Nous allons à Bruxelles pour luncher. Comme ma fille est intolérante au gluten et au lactose, nous allons dans des endroits qui en tiennent compte, comme Frank, un resto de brunch près de la Monnaie."

14h00 – "Je tiens à transmettre le goût de la culture à ma fille. Elle ne comprend pas encore tout et n’apprécie pas tout non plus, mais il est important qu’elle sache ce qui existe. La dernière expo que nous avons visitée ensemble était ‘Popcorn’, au MIMA. Sympa pour une ado, car c’est ludique et coloré. Elle ne doit pas nécessairement devenir artiste, mais je tiens à ce qu’elle découvre toutes sortes de créations. Ça l’encouragera peut-être à aborder certaines choses différemment. Aujourd’hui, nous allons voir l’expo ‘Surréalisme’ à Bozar. Nous vivons dans un pays où la culture reste abordable. Aux États-Unis ou à Londres, c’est presque un produit de luxe!"

Le samedi de la chanteuse Tutu Puoane
Baloji tient à transmettre le goût de la culture à sa fille: "Nous allons voir des expos, dont ‘Surrealisme’ à Bozar. Il faut qu’elle sache ce qui existe."
©Anthony Dehez

16h00 – "Nous allons acheter des vinyles, une activité que nous aimons tous les deux. Soul, hip hop; un peu de tout."

18h00 – "C’est l’heure de dîner. À Bruxelles, mes adresses préférées sont Le 203, Grabuge, Crab Club et Beaucoup Fish."

20h00 – "Encore au programme: une pièce de théâtre ou un opéra. J’ai la chance d’être ambassadeur de la Monnaie, ce qui m’a permis d’assister à de très belles représentations. Il nous arrive de partir à l’entracte, surtout si c’est un peu trop classique, old school ou ennuyeux. Mais j’y ai aussi vu des représentations incroyables de Romeo Castellucci, d’une modernité incomparable. La semaine dernière, nous sommes allés voir ‘Peeping Tom’ au KVS. Ma fille aime aussi la danse, tout comme moi. Pour voir un spectacle de ballet, nous allons à deSingel, à Anvers."

22h30 – "Sur le chemin du retour, en voiture, nous mettons toujours la musique à fond. C’est vraiment un de mes moments préférés du samedi! Nous choisissons un morceau à tour de rôle et chantons tous les deux à tue-tête."

23h30 – "Je n’ai ni heure fixe pour me coucher ni rituel du soir. Par contre, je prépare toujours la table pour le petit-déjeuner du dimanche. Comme ça, c’est fait! (rires)"

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