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La hotlist de la Biennale Interieur

Nicolas Schuybroek ©rv

La Biennale Interieur à Courtrai vient d’ouvrir ses portes, c’est le rendez-vous du design et de la décoration à ne pas manquer cet automne. Voici notre hotlist.

1. Primeur: une cuisine inspirée du château de Neuschwanstein

Quand la nouvelle tombe, on prend garde de bien nous spécifier qu'il s'agit d'une cuisine de Michaël Verheyden, Koen Roux et Bart America. Si le premier, designer, est le plus connu des trois acteurs du projet, cette cuisine inspirée de l'architecture du château de Louis II de Bavière est une collaboration équilibrée entre trois artisans limbourgeois partageant le même sens de l'esthétique et du quotidien.

©Frederik Vercruysse

Le créateur d'intérieurs Koen Roux collabore avec Michaël Verheyden depuis quelques années et l'architecte Bart America avait, lui aussi, un lien de longue date avec le designer: c'est lui qui avait aménagé ses restaurants préférés à Hasselt, Ogst et l'ancien 12-20. Sa mission était de faire en sorte que la nouvelle cuisine excelle en termes d'esthétique, comme de fonctionnalité.

Le luxe de la simplicité

Pour ce projet peu commun, le trio limbourgeois s'est inspiré des anciennes cuisines du château de Neuschwanstein, érigé en 1886 par ce roi un peu farfelu qu'était Louis II de Bavière. Ce monument incroyable est, depuis, devenu une attraction touristique dans cet état du sud de l'Allemagne. Saviez-vous qu'il a même inspiré les studios Disney pour créer le château du dessin animé 'La Belle au Bois Dormant'?

©Frederik Vercruysse

Étrangement, ce château merveilleux, mais quand même un peu kitsch, disposait déjà de cuisines d'une simplicité rare.
Ce détail n'a pas échappé à Michaël Verheyden, dont le travail a toujours fait la preuve que le luxe ne doit pas être forcément ostentatoire. Le travail de ce trio s'est donc concentré sur un tout autre concept que celui de "cuisine d'apparat" pour privilégier le principe d'une cuisine dans laquelle on puisse vraiment cuisiner au quotidien et où le luxe réside dans le savoir-faire et les matériaux plutôt que dans le tralala bluffant mais inutile.

Parmi ces choix, on trouve le gris des Ardennes, une pierre naturelle locale dure, l'inox et l'orme local, toujours dans leur aspect naturel. Sauf si l'on préfère d'autres finitions, bien entendu. En effet, cette cuisine exposée est la proposition de Bart America et le client est libre de choisir sa version.

La cuisine est exposée sur le stand Roux (hall 1 stand 133) à la Biennale Interieur, du 18 au 22 octobre, www.rouxmeubel.be

2. Le designer de l'année: Frederik Delbart

Frederik Delbart ©MICHIEL PELERENTS

Le nom de Frederik Delbart ne vous dit rien? Point étonnant: le designer est du genre réservé, à l'image de son travail. Il aime laisser s'exprimer les matériaux et les techniques, sans show inutile. Un show auquel il ne peut cependant plus échapper: la tradition veut que le 'Designer de l'année' organise une exposition. "Je tiens à profiter de cette occasion pour présenter quelques nouvelles créations, bien sûr, mais, surtout, pour mettre à l'honneur les marques belges et les entreprises avec lesquelles je travaille", déclare l'heureux élu.

Frederik Delbart ©rv

Ce qui fait beaucoup d'entreprises. Après des études à La Cambre à Bruxelles et un stage chez Philips, Delbart devient directeur créatif du fabricant de huisserie Quincalux, à Wevelgem, et du fabricant de luminaires Aluci, à Courtrai. Il noue aussi de solides liens avec des marques telles que Moome, Ars Fabricandi, Van Den Weghe Items et PER/USE.

Sur le site de la Biennale, il présentera ses classiques, dont les lampes 'The Siblings' pour PER/USE, le miroir 'Mira' pour Moome, la table 'Arena Marble' pour Ars Fabricandi et les poignées de porte 'Caracas', 'Quito' et 'Royal' pour Quincalux, mais aussi de nouvelles réalisations. "Ma collaboration avec le fabricant de mobilier Casimir a déjà été présentée en avant-première lors d'A-Track à Anvers, mais le sera officiellement à Courtrai. Il s'agit de la table en chêne 'Sunset' et de la collection 'Idem'."

Première présentation

Pour Delbart, la symbiose entre fonction et matériau est particulièrement importante. "Je m'inspire de constructions architecturales et de matériaux, mais également d'objets historiques anonymes. Les créations doivent surprendre tout en étant compréhensibles, tangibles et ouvertes."

Frederik Delbart ©rv

La première la plus exaltante pour le jeune designer est celle du label de mobilier Recor Home (Hasselt), où il a été recruté au poste de directeur artistique l'année dernière. "C'est la première fois que Recor Home participe à la Biennale. Nous y présentons la nouvelle lounge chair 'Chef' et le canapé 'Nagoya', ainsi que des réalisations antérieures, comme le canapé 'Archiduc', les poufs 'Monk' et 'Zaragoza' et les petites tables 'Pirouette'."

À voir au Hall 1 à la Biennale Interieur, du 18 au 22 octobre, www.frederikdelbart.be

3. Le temple moderne selon Nicolas Schuybroek

Nicolas Schuybroek ©rv

Sérénité, minimalisme et épure: ce n'est pas un hasard si les réalisations de l'architecte Nicolas Schuybroek sont souvent comparées à des temples modernes. Les détails raffinés et les matériaux luxueux comme le marbre font partie de sa boîte à outils. Avant la création de son studio, en 2011, il a travaillé pendant cinq ans pour Vincent Van Duysen.

En se limitant à cinq collaborateurs, il a volontairement préféré une approche à petite échelle, ce qui ne freine aucunement ses ambitions internationales. Hors de nos frontières, il s'est vu confier des projets à Paris, au Mexique, en Indonésie et aux États-Unis.

À la foire du design

Un stand complètement fermé avec juste un passage étroit: Hullebusch, le spécialiste flamand de la pierre naturelle a donné carte blanche à l'architecte qui lui a répondu avec un projet radical. "Je voulais créer une atmosphère particulière", détaille l'architecte bruxellois. Le visiteur remarquera qu'il s'est inspiré de l'architecture classique: colonnes, socles et frise en travertin recouvert d'un enduit 'kalei' fait de chaux, de sable et d'eau en sont les indices.

Nicolas Schuybroek ©rv

Un deuxième espace en dôme avec oculus fait, lui, référence au Panthéon de Rome. "L'autel installé au centre du cercle est un hommage à 'The Wisdom of Earth' une oeuvre de land art de Brancusi, en Roumanie", confie Nicolas Schuybroek.

Autre fait à souligner: le stand est entièrement surmonté d'un plafond qui diffuse une douce lumière zénithale. Le résultat se veut comme un espace qui vous isole totalement de l'environnement bruyant de la Biennale.

À découvrir chez Hullebusch, Hall 2, stand 203, à la Biennale Interieur, du 18 au 22 octobre. www.ns-architects.com

La Biennale Interieur: https://www.interieur.be/biennale/2018

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