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Un éco-lodge signé Marcio Kogan au Brésil

©Jean-François Jaussaud

Dans le paysage architectural brésilien, il y a Oscar Niemeyer, évidemment, mais aussi Marcio Kogan, qui n'a pas son pareil pour concevoir des bâtiments faits d'angles, de cubes et de béton, empreints de lumière et d'espace. Sur les hauteurs de São Paulo, il signe, avec son studio MK27, une première demeure écologique en bois. Un engagement à long terme.

Ce premier projet écologique de Kogan a été récompensé par une certification 'Platinum'.

Au commencement, il y a une histoire d'amour. Celle d'un homme, le Français Emmanuel Rengade, et d'un pays, le Brésil. Celle d'un passionné de la nature et d'une région où la nature est fantastique. Où, à l'image des paysages, elle est riche et variée, fascinante, enveloppante, toujours renouvelée. Nature tropicale, peuplée d'une faune spectaculaire, où se croisent jaguars et perroquets, papillons extraordinaires, chevaux en liberté. Nature vierge sur laquelle veille le parc naturel de la Serra do Mar. Et que révèrent tous les amis du Brésil.

Là, à mi-chemin entre les deux plus grandes villes du pays, à Catuçaba, au milieu de 700 hectares et autour d'une maison coloniale de 1850, Emmanuel Rengade a ranimé une ancienne fazenda qu'il a transformée en hôtel de luxe. Il prouve qu'on peut créer des emplois en renouant avec l'esprit et les traditions du Brésil, dans le respect de la flore, de la faune et des hommes. Chaque jour, il fait ainsi la preuve que l'on peut créer ensemble de la richesse matérielle en harmonie avec la nature. Que l'on peut, en somme, marier esthétisme et écologie, être réceptif à ce qui se fait aujourd'hui et se tourner vers demain. Assez logiquement, cet amour de la nature a conduit Emmanuel Rengade a l'amour de l'art: ses maisons sont pleines des travaux des meilleurs artistes de son temps. Il a même été jusqu'à demander à des artistes d'imaginer des maisons!

C'est donc dans ce cadre qu'il s'est rapproché de Marcio Kogan, un des architectes brésiliens les plus réputés de São Paulo et artiste à part entière. "Dans la magie des collines, en plein milieu de la nature, nous avons travaillé sur un nouveau concept de villas entièrement auto-suffisantes et respectueuses de l'environnement".

La plupart des matériaux de construction viennent de la région. La structure est en bois et les volets, en eucalyptus. ©Jean-François Jaussaud

Promontoire architectural
Les préoccupations écologiques, encore et toujours. Ainsi, à quelques pas de l'éco-lodge, non loin de la Mata Atlântica, une des dernières forêts primaires de notre planète, et à une heure environ de l'une des plus belles côtes du Brésil, se trouve une longue maison en bois, entourée d'un paysage infini, fait de verdure et de calme, donnant sur les collines. "Nous sommes à 1.500 mètres d'altitude. La maison se fond littéralement dans son environnement: elle y est comme enracinée. Ce qui lui permet -cahier des charges oblige- d'être à la fois contemporaine, rustique, confortable et autonome en énergétique", précise l'architecte.

L'impact sur l'environnement est minimal: la structure de la maison est en bois certifié FSC (Forest Stewardship Council), choisi moins pour ses qualités décoratives que pour sa parfaite isolation, ce qui a permis d'obtenir d'appréciables performances énergétiques et, encore mieux, des volumes très contemporains. Marcio Kogan délaisse ainsi son matériau de prédilection, le béton, inhérent à l'architecture moderniste brésilienne. Dressée pour profiter d'une ventilation naturelle, la demeure, qui se compose de deux murs verticaux et de deux lignes horizontales, est organisée autour d'une large baie qui fait "entrer" le paysage dans le séjour. Quatre chambres, deux salles de bain, une cuisine et un séjour occupent les 300 mètres carrés de ce plan de plain-pied tout en longueur. Entre cet espace et l'extérieur, se trouve un autre espace à vivre, en plein air, un des plus spectaculaires de la demeure, la terrasse, comme un balcon sur la jungle du Brésil...

L'idée de départ était de penser un bâtiment auto-suffisant en matière énergétique. Marcio Kogan a réussi au-delà de ce qu'il aurait pu imaginer. ©Jean-François Jaussaud

Emblème écologique
La plupart des matériaux de construction sont naturels et issus de la région. La structure est donc en bois comme les volets (fabriqués avec les eucalyptus de la propriété), les sols et certains des murs sont en terre cuite faite de briques locales, les autres murs sont en pisé et le toit est végétalisé pour assurer son isolation thermique. Un bassin récolte également les eaux pluviales.

L'idée de départ était de rendre le bâtiment autosuffisant en énergie. Des capteurs solaires et photovoltaïques assurent les besoins énergétiques de la maison, également dotée de la climatisation. Et si cela ne devait pas suffire, un supplément est assuré par une turbine éolienne, pour encore un peu plus d'énergie propre.

©Jean-François Jaussaud

Tous ces efforts n'auront pas été vains: le comité d'éco-construction du Brésil a décerné à cette très belle fazenda une certification 'Platinum', la plus haute distinction, pour la qualité de son autonomie énergétique. Une belle récompense pour ce premier projet zéro béton de l'architecte.

Enfin, pour meubler ce bel espace, le Français s'est adressé aux meilleurs artistes et designers de son pays d'adoption, dont Marcio Kogan lui-même. En effet, l'achitecte-designer, dont la réputation et la clientèle s'étendent en Asie et aux États-Unis, vient de lancer une collection de mobilier outdoor éditée par Minotti, suite logique du mobilier recyclé de luxe qu'il avait créé il y a quelques années et dont quelques pièces se trouvent dans la demeure à Cutaçaba.

Désormais, au Brésil, les formes contemporaines les plus audacieuses sont liées à un projet politique et social -procurer du travail aux plus démunis, faire travailler les hommes où ils vivent...- et inséparables des préoccupations écologiques, avec le souci d'avoir l'empreinte la plus légère possible. Cette demeure écologie signée Marcio Kogan est en somme la preuve que la modernité la plus exigeante passe par le respect. Des traditions, de la nature et des hommes.

©Jean-François Jaussaud

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