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Bienvenue dans le nouveau loft du fondateur du label design belge Serax

Dans les pièces à vivre se trouvent des créations de Marie Michielssen, un sofa Bea Mombaers et des pièces Muller Van Severen pour valerie_objects. ©Annick Vernimmen

Ils déterminent notre mode de vie, mais comment vivent-ils eux-mêmes? Sabato se plonge dans l’univers personnel de professionnels de l’intérieur. "Nous étions coincés dans notre maison à Brasschaat", avoue Axel Van den Bossche. Son nouveau loft dans un petit château de Berchem n’offre pas seulement une toile blanche pour les pièces maîtresses de son label Serax, Valerie Objects et le travail personnel de son épouse Marie Michielssen: il marque aussi le début d’une nouvelle vie. "Ici, je vis une seconde jeunesse."

La créatrice Marie Michielssen et son époux, Axel Van den Bossche, CEO de Serax. ©Annick Vernimmen

Même si pour une créatrice comme Marie Michielssen et un CEO d’une entreprise de design comme Axel Van den Bossche, cela doit être le paradis de pouvoir aménager une nouvelle habitation, ils préfèrent ne pas tirer la couverture à eux pour ce qu’il en est de ce magnifique loft.

La couleur sombre du hall d’entrée, la belle cuisine en acier inoxydable et les beaux carrelages de la véranda sont l’œuvre des précédents propriétaires qui avaient clairement quelques notions en matière de rénovation. Cela fait environ un an que le couple a acheté ce très bel endroit. "Nous n’étions pas en train de chercher activement et l’avons acheté plus tôt que prévu", explique Van den Bossche.

"Comme les enfants quittent peu à peu la maison, nous nous étions inscrits dans plusieurs agences immobilières en nous disant, on verra bien, nous avons le temps. Jusqu’à ce qu’en avril dernier, nous recevions un coup de fil d’un agent immobilier qui pensait avoir quelque chose pour nous." Ça a été le coup de cœur, tant pour lui que pour elle. "Un coup de foudre qui se reproduit tous les jours", déclare-t-elle.

La vie de château

Le château de Berchem, près d’Anvers, figure dans les archives du patrimoine sous le nom de ‘château de Bergeyck’. Les comtes De Bergeyck l’ont ensuite fait transformer en appartements. ©Annick Vernimmen

Le château de Berchem, près d’Anvers, figure dans les archives du patrimoine sous le nom de ‘château de Bergeyck’. Il a été largement remanié par le Baron Amédée Pierre Marie de Caters (1839-1899), président du Tribunal de Commerce d’Anvers et administrateur du Canal de Suez, auquel il doit sa forme actuelle.

De Caters a notamment donné au château un caractère plutôt fermé côté rue, avec peu de fenêtres, tandis qu’à l’arrière, il l’a ouvert et relié au jardin -ou plutôt, au parc. Une conception aujourd’hui presque évidente, mais visionnaire à l’époque.

Plus tard, le château devint la propriété des comtes De Bergeyck, qui le transformèrent en appartements en 1996. L’un des plus grands est aujourd’hui occupé par les Van den Bossche.

©Annick Vernimmen

Le parc à l’arrière du château est un espace commun, à l’exception de la parcelle directement reliée à la véranda en bois. "Nous y prenons le petit déjeuner pendant le week-end", précise la créatrice, qui ajoute avec enthousiasme que, contrairement au passé, elle n’a plus besoin de prendre la voiture pour aller chercher des pistolets. "Avec de bons bouchers et boulangers, le maître affineur Van Tricht et de nombreux restaurants à deux pas, le quartier Harmonie est vraiment idéal."

Les premiers jours, j’avais l’impression d’être à New York. À Brasschaat j’étais chez moi ou au bureau; ici, nous sortons beaucoup plus souvent.

L’emplacement, plus proche de la ville, a également redynamisé Van den Bossche. "À Brasschaat, nous étions un peu coincés dans notre maison. J’étais chez moi ou au bureau. Ici, les premiers jours, j’avais l’impression d’être à New York! Nous sortons beaucoup plus et profitons au maximum du quartier. Je prends de nouveau le tram pour aller en ville: je vis une deuxième jeunesse!"

Depuis ses jeunes années, Van den Bossche a beaucoup voyagé à travers le monde. Cependant, il savait pertinemment bien dans quelle ville se trouverait sa nouvelle maison. "J’adore les villes comme New York et Paris, mais je suis vraiment attaché à Anvers. D’abord, parce que c’est ici que se trouve mon entreprise. Ça peut paraître un peu mièvre, mais je me rends tous les jours au siège de Serax, et avec plaisir. Quand je suis en voyage d’affaires, mon entreprise me manque."

Pic de créativité

©Annick Vernimmen

Le CEO est également plongé dans son travail lorsqu’il est chez lui: les canapés conçus par Bea Mombaers dans les vastes salons et les très nombreuses pièces de Muller Van Severen pour valerie_objects (le label de luxe de l’écurie Serax) le lui rappellent tous les jours.

"Nous utilisons régulièrement notre maison comme une sorte de ‘test case’. Nous installons des choses pour voir ce qu’elles donnent, comment nous vivons avec elles, s’il manque quelque chose ou s’il faut remplacer un truc. En plaçant l’objet dans sa maison, on parvient à créer une relation. Ce qui permet de parfois décider de ne pas mettre un objet en production."

Ce qui a heureusement été mis en production, c’est l’iconique vase cactus créé par Marie Michielssen. "Je comble souvent des lacunes dans l’assortiment de Serax. Il manque des pots de fleurs en béton dans la gamme? J’en crée! (rires) J’adore ça, mais, avec l’âge, je désire affiner ma dextérité et l’utiliser pour des pièces plus conséquentes", précise-t-elle. Une de ces pièces d’envergure est la table à manger ronde en bois massif. "J’y travaille depuis presque cinq mois. Je voulais une pièce qui soit un parti pris."

Dans le hall d’entrée est accroché un grand Bram Bogart. ©Annick Vernimmen

Sur le mur de la salle à manger, on peut en voir d’autres: des placards en bois avec une façade en résine synthétique colorée appliquée en plusieurs couches. "La couleur, c’est mon dada!" Ses œuvres éparses en plâtre et papier mâché s’harmonisent parfaitement avec le grand Bram Bogart blanc du hall d’entrée. Marie Michielssen est clairement dans une période particulièrement créative: elle déborde de nouvelles idées.

"Ne vous méprenez pas: pendant toutes ces années, la vie de famille reposait en grande partie sur mes épaules. Je me sens très bien dans mon rôle de mère et je l’assume avec beaucoup d’enthousiasme. Je suis aux petits soins! Maintenant que les enfants grandissent, je sens que du temps et de l’espace se libèrent."

Du temps qu’elle aime passer à Londres et à Paris, ainsi qu’en compagnie de ses amis et de sa famille. "J’adore recevoir des personnes inspirantes pour des séances de brainstorming. Bea Mombaers et Veerle Wenes, par exemple, étaient là quand nous avons emménagé. Elles nous ont donné de bons conseils pour la décoration. Je tiens à en faire une maison où nos amis et nos collègues se sentiront les bienvenus."

©Annick Vernimmen

L’erreur est humaine

Pour les amis qui restent un peu plus longtemps, il y a aussi une chambre, située juste à côté de celle de Jules (15 ans), le plus jeune fils du couple. "Je suis heureuse qu’un des enfants habite encore ici. Les autres sont en kot ou vivent ailleurs. Cette jeunesse me manquerait", avoue Michielssen.

©Annick Vernimmen

Le fils aîné d’Axel, a créé une agence de labels d’intérieur. "Je préfère qu’ils commencent par chercher leur propre voie et commettent leurs erreurs. J’essaie de leur transmettre une saine dose d’ambition: essayer d’être toujours le meilleur dans ce que l’on fait et ce que l’on aime faire. J’apprends aussi de mes enfants tous les jours. J’adore échanger des idées avec eux", sourit Van den Bossche.

Un échange qui se déroule dans un bureau conçu par le designer bruxellois Jules Wabbes et que Bulo a remis en production il y a une dizaine d’années. Sa bibliothèque affiche une nette prédilection pour la photographie, l’art et le design. Et les stylos, que Van den Bossche collectionne. "Je les utilise vraiment, j’adore écrire avec un beau stylo!"

Serviettes brodées

Avec ses hauts plafonds et ses grands espaces ouverts, le spacieux loft est parfait pour exposer de l’art et du design. "Donner à chaque pièce la place qu’elle mérite a été un processus d’essais et d’erreurs", explique Van den Bossche. "Nous avons emporté beaucoup de choses de notre ancienne maison, mais avons aussi profité de l’occasion pour faire un grand nettoyage. Du moins, Marie… Moi, j’ai du mal à jeter des choses!" (rires)

©Annick Vernimmen

En tout cas, l’impressionnant stock de serviettes empilées dans la pièce de rangement a survécu à la sélection. Des dizaines de serviettes sur lesquelles les prénoms Marie et Axel sont brodés à la main, œuvre de la mère d’Axel. C’est elle qui avait créé un petit commerce de pots de fleurs, repris ensuite par ses fils, Serge et Axel -d’où le nom de Serax.

Serge a quitté l’entreprise et, l’année dernière, le groupe d’investisseurs Buysse & Partners a pris une participation majoritaire dans Serax. "J’ai toujours rêvé de faire évoluer Serax vers les objets d’intérieur et les meubles", confie Van den Bossche. "Bien entendu, il s’agit d’un processus graduel. Peu à peu, nous avons délibérément pris cette orientation."

©Annick Vernimmen

Depuis, Serax est devenu une plateforme internationale de design où l’on peut trouver des tas de choses qui font envie: vaisselle, verrerie, décoration de table, luminaires et mobilier. C’est aussi une référence en matière de pots et de vases.

Du Vietnam à Anvers en passant par le Portugal, les collections sont produites de manière artisanale dans le monde entier. Le label est présent dans des lieux aussi prestigieux que The Conran Shop à Londres ou le nouvel hôtel August à Anvers. Il a aussi initié des collaborations avec des grands noms comme Sergio Herman, Delphine Boël et Paola Navone.

"Je suis très heureux de l’image qu’a Serax, à savoir que nous accordons une grande valeur au design et aux créateurs. Quand Vincent Van Duysen me demande de venir regarder sa vaisselle, je rentre à la maison en sifflotant! (rires)" D’autant plus qu’il peut le faire à vélo…


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