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Le label botswanais de design Mabeo à la conquête du monde avec du fait main

Patricia Urquiola pour Mabeo. ©rv

Le 9 décembre, après cinq ans de travaux de rénovation, le nouveau Musée royal d’Afrique centrale à Tervuren ouvre enfin ses portes. Mais que s’est-il passé en Afrique pendant ce temps? Sabato a rassemblé les noms qui montent et qu’il faut absolument retenir. Pendant ce temps en: design.

L’étoile montante du design international? Mabeo, label fondé en 1996 par l’entrepreneur en design Peter Mabeo (47 ans) dans son pays natal, le Botswana.

Il commence par travailler avec des menuisiers locaux qui fabriquent des meubles pour le marché local. Dix ans plus tard, il décide de donner un élan international à son business. "Nous avons l’objectif de faire des objets design avec nos propres créateurs, mais, au Botswana, nous sommes de toute façon inondés d’articles provenant d’autres continents, camelote et qualité.

En raison de la prospérité croissante de notre pays, une classe moyenne se développe, mais, hélas, elle ne s’intéresse pas à nos traditions artisanales - en voie de disparition, comme le travail du métal ou le tressage de paniers. C’est pour cette raison que nous faisons appel à des designers étrangers: leurs créations s’adressent à cette clientèle et peuvent être réalisées par les artisans d’ici que nous souhaitons faire travailler."

Vincent Van Duysen ©rv

Résultat: un design fait main de classe internationale, rafraîchissant et contemporain. Depuis une dizaine d’années, Mabeo a su attirer des noms aussi célèbres que le Belge Vincent Van Duysen, l’Espagnole Patricia Urquiola et l’Italien Luca Nichetto, ce qui est singulier pour un label africain, car ces célébrités n’apparaissent, en tant que créateurs invités, que chez les plus grands labels européens de design de luxe.

Label idéaliste

Luca Nichetto ©rv

Mabeo est synonyme de design durable, produit de manière éthique et qui se veut à la fois ‘global’ et ‘local’. Tout cela “sonne” peut-être un peu Oxfam, mais ce label est loin d’être juste humanitaire. Il est idéaliste et commercial à la fois: les tables proposées dans la boutique en ligne coûtent jusqu’à 3.500 euros et les chaises, entre 300 et 700 euros.

En raison de ces prix, Mabeo apparaît dans des lieux haut de gamme tels que l’hôtel Nobis à Stockholm, l’hôtel Andaz à New York et l’hôtel Giulia à Milan. Et aussi au siège de la compagnie De Beers au Botswana: une entreprise bien implantée dans cette ancienne colonie britannique, réputée pour ses diamants.

Ce label est également présent aux salons les plus prestigieux, comme l’International Contemporary Furniture Fair à New York ou le Salone del Mobile à Milan. Mabeo a déjà obtenu un espace chez Rossana Orlandi, la gourou italienne du design.

Inès Bressand ©rv

Le designer britannique Tim Dixon l’a présenté à côté d’Ikea et de Sonos. Cette année, Mabeo a exposé à Milan des meubles en métal galvanisé, un sous-produit de l’industrie de la construction au Botswana. "Ce n’est pas que nous voulions impérativement utiliser des matériaux recyclés: nous n’avons fait que miser sur ce que font les artisans au Botswana."

 

 

 




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