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Orange Hermès, Jaune Clicquot et Vert Ladurée: les couleurs du luxe

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Plus fort qu’un logo, une couleur! De grandes maisons du luxe ont eu le flair de faire d’une couleur spécifique un signe particulier reconnaissable entre mille.

1. Orange Hermès

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Incroyable mais vrai, on peut dénicher des boîtes Hermès vides sur eBay! Elles sont tellement iconiques qu’elles sont devenues un objet de collection, ce que la maison était loin d’imaginer il y a 80 ans! À l’époque, tous les emballages étaient en simili cuir beige -du simili, oui, oui!- fermés par un bolduc marron. Et, avant cela encore, il s’agissait d’un simili cuir crème avec un bord doré. Un choix d’Émile-Maurice Hermès, petit-fils du fondateur Thierry Hermès, qui éleva le rang du sellier à maroquinier de luxe.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, quand Paris était occupée par les nazis, le rationnement était de rigueur. Dans la vitrine de la boutique Hermès de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, se trouvait régulièrement un petit avis sur lequel il était écrit ‘rien à vendre’. En effet, l’atelier parvenait à peine à produire. Alors, les emballages! Mais, du reste, ils étaient tout de même nécessaires: puisque la maison ne trouvait pas de simili cuir, elle se tourne vers le carton. Le fournisseur n’a, hélas, que du carton orange en stock. C’est ainsi que les boîtes ont arboré la couleur orange, par hasard et nécessité.

Une fois la guerre finie, Hermès garde la couleur. Un choix que la nouvelle génération (Bertrand Puech, Jean-Louis Dumas et Patrick Guerrand) décide d’officialiser dans les années 60: l’orange devient définitivement la couleur Hermès. Dans les années 90, l’orange se démode mais Hermès le garde, et ancre ainsi ce ton dans une capsule d’intemporalité. Des mini versions pour les petites écharpes Twilly aux modèles XL pour le célèbre sac à main Birkin, il existe aujourd’hui pas moins de 188 designs et formats différentes. La vitamine C des fashionistas!

2. Jaune Clicquot

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Certains disent qu’elle est jaune, d’autres jurent qu’elle est orange, mais tout le monde connaît l’étiquette du champagne brut Veuve Clicquot.

Pourtant, quand Philippe Clicquot fonde la maison, en 1772, les étiquettes n’existaient pas encore. Pour que les bouteilles soient reconnaissables, son fils François, époux de Madame “veuve” Clicquot, estampille les bouchons dès 1798 avec une ancre, symbole chrétien de l’espoir. Pour la Veuve Clicquot, cela aurait pu en rester là c

ar elle trouvait que les étiquettes, c’était de la supercherie: on pouvait y inscrire n’importe quoi, y compris des mensonges sur le contenu. Cependant, pour conquérir le marché américain, elle se ravise. Contrairement à d’autres étiquettes de l’époque, remplies de textes et de dessins, la sienne était sobre: on y voit que le nom Veuve Clicquot Ponsardin et l’ancre.

En 1876, la maison lance un champagne destiné au marché anglais. Les Anglo-Saxons appréciaient dîner au champagne: la cuvée est alors faiblement dosée et le style qualifié de ‘sec’ ou de ‘brut’. Pour le distinguer des vins plus doux, qui portaient une étiquette blanche, on y appose une étiquette jaune. Veuve Clicquot Yellow Label Dry connaît un tel succès en Grande-Bretagne, au Commonwealth et en Amérique que ce champagne brut est également lancé dans d’autres pays sous le nom de Veuve Clicquot Brut Carte Jaune. Édouard Werlé, successeur de Madame Clicquot, dépose la marque de l’étiquette jaune le 12 février 1877. Aujourd’hui, 142 ans plus tard, aucun autre producteur de boissons alcoolisées n’est autorisé à utiliser cette couleur, sous peine de poursuites. Veuve Clicquot a déjà gagné plusieurs procès, notamment contre le cava Don Jaime et le brasseur belge Malheur.

3. Vert Ladurée

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Dans la palette de couleurs acidulées qui viennent à l’esprit quand on pense à la pâtisserie, ce n’est pas le vert qui sort du lot. Pourtant, c’est la couleur de la pistache, du limon, du kiwi et de la granny smith. Et du roi du macaron, le parisien Ladurée. Pourquoi ce choix? Tout simplement parce que c’était la couleur des murs de la toute première pâtisserie Ladurée, qui a ouvert ses portes en 1862 au 16 de la rue Royale, et ne les a plus refermées depuis.

Le nom de la maison s’étalait en lettres gothiques: le premier choix s’est donc porté sur un vert kaki qui, aujourd’hui, s’est adouci et s’est délavé pour devenir la nuance pastel plus sophistiquée et plus féminine que l’on connaît toujours aujourd’hui. C’est l’artiste Jules Chéret qui, après l’incendie du bâtiment en 1871 lors d’émeutes politiques, réaménagea l’intérieur et opta pour un vert céladon pour les murs et la façade.

À l’époque, Ladurée ne proposait pas de macarons. Cette pâtisserie a été inventée au milieu du XXe siècle: un petit-cousin du fondateur Louis Ernest Ladurée a eu l’idée d’assembler deux macarons et de les sceller par une couche de ganache.

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