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Une édition limitée pour la nouvelle galerie de Thierry Struvay à Bruxelles

Le galeriste Thierry Struvay et le designer Michaël Verheyden ©Martina Bjorn

La première chose que Thierry Struvay a faite en rentrant de New York? Reprendre contact avec son designer préféré, Michaël Verheyden, pour lui proposer de créer des objets en édition limitée pour sa nouvelle galerie.

Lorsque le designer Michaël Verheyden nous accueille dans son atelier à Bokrijk, son étroite collaboration avec le galeriste bruxellois Thierry Struvay saute aux yeux. "Regardez, cette table d'appoint dans laquelle on peut placer un haut-parleur sans fil sera une des pièces maîtresses de la nouvelle galerie de Thierry."

Verheyden a commencé par créer des sacs mais, depuis 2010, il conçoit principalement des objets d'intérieur, du mobilier et de l'éclairage. De l'art de la coupe du bois à celui de la découpe du cuir, il maîtrise les techniques traditionnelles comme nul autre. "Le passage de la mode au design s'est fait tout naturellement", commente le designer. "Je remarque que je me sens bien dans le design. Cela me donne plus de liberté créative, le prix a moins d'importance et je bénéficie d'une plus grande appréciation."

Une appréciation qu'il reçoit notamment de Thierry Struvay, qui a dirigé pendant plus de 20 ans Natan XIII, une boutique dédiée aux objets d'artisanat d'exception de la rue Dansaert à Bruxelles. Au début des années 2000, Verheyden est venu lui présenter ses sacs et le courant est tout de suite passé", se souvient Struvay. "J'en ai directement commandé quelques-uns. Et quand Michaël s'est mis à dessiner des objets d'intérieur, en 2010, j'ai été conquis."

& Other Mysteries

En 2011, Struvay décide de troquer Bruxelles contre New York, où il travaille pendant quatre ans pour la maison de joaillerie française Marie-Hélène de Taillac et le parfumeur français Frédéric Malle. "Quand je suis revenu en Belgique en 2015, j'ai contacté Michaël", poursuit Struvay. "J'avais hâte de retravailler avec lui. Mais je ne voulais plus d'un magasin ouvert tous les jours, c'est trop contraignant." Car cet esthète a une autre passion: il chine des photos dans les brocantes et aux puces.

"Des images où des personnes sont censurées au stylo à bille. Des photos découpées en forme de coeur. Des doubles portraits déchirés en deux. Pour moi, ce sont des mystères et des émotions." En 2015, Struvay présente une sélection de ces photographies anonymes sous le titre 'Me' à la galerie bruxelloise Sorry We're Closed. Un an plus tard, il expose à Paris Photo, 'Love, Hate & Other Mysteries'.

Parallèlement, il met en pratique son goût pointu dans le domaine de la mode, des accessoires et du design dans des pop-up corners au sein de la boutique Natan de la rue de Namur à Bruxelles.

Les objets que Michaël Verheyden a conçus pour la galerie de Thierry Struvay sont tous en édition limitée de 1 à 25 exemplaires maximum. ©Martina Bjorn

C'est ainsi qu'il a eu l'idée d'ouvrir sa propre galerie sur rendez-vous, dans laquelle il souhaite présenter les créations de ses designers préférés. La galerie, qui ouvrira le premier jour du printemps, exposera notamment des pièces de Hanne De Wyngaert, Delphine Randet, Natalia Brilli, Isaac Reina. Et de Michaël Verheyden, bien sûr.

"Ainsi, je n'aurai pas besoin d'attendre que les clients et les collectionneurs viennent me voir et je pourrai présenter le travail de mes designers préférés directement aux personnes intéressées. Les objets de Michaël seront tous réalisés en édition limitée et juste pour moi."

Mais pourquoi les deux hommes aiment-ils donc tant travailler ensemble? "Thierry est un marchand rare. En tant qu'artiste, on se sent tout de suite à l'aise avec lui. Je suis sûr que Thierry comprend parfaitement mon travail."

"Pour moi, la personnalité d'un artiste est presque aussi importante que ce qu'il crée", répond Struvay. "J'aime la rigueur de Michaël. Il pense à tout, au détail près. Il peut expliquer le processus créatif de A à Z, il ne fait pas d'objets qui se démodent après une saison et il travaille avec des artisans locaux. Ça aussi, c'est magnifique! Je veux être le lien entre les artistes qui font quelque chose de précieux et les collectionneurs qui recherchent ce genre d'objets. Je veux rendre les gens heureux, pas pour faire fortune."

La galerie Thierry Struvay ouvrira ses portes le 21 mars, rue des Petits Carmes 47-49 à 1000 Bruxelles. Elle aura également un stand au salon Collectible, du 14 au 17 mars, Bâtiment Vanderborght, rue de l'Écuyer 50 à 1000 Bruxelles.


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