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Le samedi de Wim Vandekeybus: "Un enfant, c'est le meilleur bouton pause!"

Le chorégraphe Wim Vandekeybus ne souffre pas du confinement. S’il peut courir dans les bois, jouer au foot avec son fils et déguster un bon café, son samedi est parfait.

"Quand nous sommes sur scène, le samedi soir, je me lève tôt le matin pour les derniers préparatifs. Normalement, ce samedi aurait dû être très stressante", explique le chorégraphe Wim Vandekeybus. Après l’Italie, son spectacle "Hands do not touch your precious Me" aurait dû être présenté pour la première fois le 21 novembre en Belgique, au KVS.

Exceptionnellement, il aurait dansé avec son ancienne partenaire, la danseuse Lieve Meeussen. "Nous avons eu de la chance, car nous avons été épargnés par le virus tout au long du processus de création. Cette fois encore, j’espérais que nous allions passer à travers, mais ça n’a, hélas, pas été le cas."

Pour la première fois depuis le début de la pandémie, le chorégraphe se trouve face à un vide. "J’ai été très occupé. Pendant l’été, j’ai matérialisé un projet de danse à Londres, spécialement conçu pour le streaming. Mais je ne peux pas continuer à imaginer des spectacles, car j’en ai déjà trois prêts à partir en tournée. J’ai été suffisamment en studio, il est temps de passer à autre chose!"

"Je vais enfin continuer à travailler sur le film auquel je réfléchis depuis longtemps déjà, et nous voudrions faire une série de vidéos de danse pour les jeunes avec ma compagnie, Ultima Vez."

"Depuis le confinement, je songe à retourner vivre à la campagne."
Wim Vandekeybus

7:00 – "Le samedi, je me lève tôt, car mon fils Iago, 11 ans, est habitué au rythme scolaire. Pour l’empêcher de rester toute la matinée sur l’ordinateur, nous prenons d’abord le petit déjeuner ensemble, après quoi je le conduis à son cours de gym."

"À mon retour, je vais courir. J’ai un itinéraire fixe dans le parc Duden, à la fin duquel je vais toujours toucher ‘ma’ branche. Au fil des ans, cette branche est devenue un grand arbre! Je vais aussi courir dans le bois de Hal, surtout en automne, ma saison préférée. Depuis le confinement, je songe à retourner vivre à la campagne. J’ai grandi dans une ferme et la nature compte beaucoup pour moi."

La nature compte beaucoup pour le chorégraphe Wim Vandekeybus. Le samedi, il va courir dans le parc Duden jusqu’à sa branche préférée ou bien dans le bois de Hal. ©Danny Willems

9:00 – "Quand je monte un spectacle, j’oublie mon corps au point qu’il m’arrive de me surmener. Quand j’ai un jour de congé, je tiens à prendre soin de moi, physiquement. C’est pourquoi, après avoir été courir, je fais une série d’étirements et d’exercices de respiration pour ouvrir mon diaphragme et dilater mes poumons. L’air est pour moi l’un des éléments les plus importants. Ensuite, je prends une douche et la journée peut vraiment commencer."

©Shutterstock

10:00 – "Je n’ai pas bu de café pendant des années. Cela me donnait mal à l’estomac et je suis trop nerveux, mais, depuis que j’ai découvert le torréfacteur Corica, près de la Bourse à Bruxelles, je me prépare une tasse de café chaque matin. Je la déguste en lisant le journal, un moment de détente parfait. Il m’arrive d’en lire quatre: le New York Times, le Guardian, des journaux belges... J’achète toujours la version papier, parce que je trouve que la mise en page, c’est important."

12:00 – "Je vais très souvent au marché du samedi à Saint-Gilles, le quartier où je vis, qui est une sorte de village au sein de Bruxelles. J’ai vu certains de ces commerçants vieillir, comme l’Italien qui est là depuis des années. J’achète des légumes frais pour faire une grande casserole de soupe pour toute la semaine."

14:00 – "Je vais jouer au foot avec Iago sur la place Morichar où règne une super ambiance. C’est l’un des rares moments où mon esprit n’est pas occupé par la création -un enfant, c’est le meilleur bouton pause!"

Quand Wim Vandekeybus joue au foot avec son fils Place Louis Morichar, c’est l’un des rares moments où son esprit n’est pas occupé par la création. ©Clifford Lucas

Wim Vandekeybus joue au guitaire juste pour le plaisir.

16:00 – "Parfois, je m’oblige à consacrer du temps à des choses sans utilité immédiate. Par exemple, je ne suis pas bon guitariste; je joue juste pour le plaisir. Ou bien je me documente sur un sujet à mille lieues du monde de la danse."

"Je viens de me plonger dans l’étude de la Bourse, mais pas pour gagner de l’argent, juste pour en comprendre les mécanismes. Tout comme dans le monde de l’art, beaucoup de choses y sont basées sur l’illusion, ce qui me fascine."

19:00 – "Juste avant le confinement, ma femme de ménage a déménagé. Depuis lors, je suis devenu mon homme de ménage. Faire des choses aussi simples me procure de la satisfaction."

Vandekeybus: "Nous avons eu de la chance, car nous avons été épargnés par le virus tout au long du processus de création." ©Danny Willems

22:00 – "Je vais souvent dormir à la même heure que Iago. C’est nécessaire, parce que, toutes les nuits, j’ai des insomnies pendant trois ou quatre heures. Ces moments de demi-sommeil me donnent beaucoup d’idées et m’inspirent pour mon travail de chorégraphe. Week-end ou pas, j’ai du mal à lâcher prise."

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